Complot démocrate derrière les déboires de Netanyahu et Trump, accuse un proche
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Complot démocrate derrière les déboires de Netanyahu et Trump, accuse un proche

John McLaughlin parle d'une "persécution de la gauche" du Premier ministre israélien et du président américain et "parie" que les mêmes personnes sont à l'origine de leurs déboires

Le sondeur américain John McLaughlin (Capture écran/YouTube)
Le sondeur américain John McLaughlin (Capture écran/YouTube)

Un sondeur conservateur américain proche du président Donald Trump et du Premier ministre Benjamin Netanyahu a défendu une théorie conspirationniste selon laquelle le Parti démocrate serait derrière les difficultés que traversent actuellement les deux dirigeants, accusés de corruption et d’abus de pouvoir.

John McLaughlin est connu pour ses sondages sur les candidats républicains et a travaillé avec Benjamin Netanyahu pendant plus d’une dizaine d’années.

Lors d’un entretien accordé dimanche à une émission de radio animée par l’homme d’affaires milliardaire conservateur, John Catsimatidis, il a clamé que son ancien collaborateur fait « l’objet d’une enquête et d’une persécution orchestrées par la gauche ».

Netanyahu a régulièrement avancé le même argument, sans preuve. Le procureur général Avichai Mandelblit, qui a décidé la semaine dernière d’inculper le Premier ministre dans trois affaires, a été nommé par Netanyahu et fut autrefois son secrétaire de cabinet.

Pour McLaughlin, durant les élections israéliennes de 2015 « Les bras droits du président [Barack] Obama étaient là-bas et dirigeaient un super PAC » contre Netanyahu.

Il faisait visiblement référence au groupe israélien V15, qui, avant les élections, avait fait campagne pour détrôner Netanyahu. La droite israélienne a souvent accusé l’administration Obama de soutenir le groupe afin de chasser Netanyahu du pouvoir. Une enquête du Sénat américain avait découvert que des fonds du département d’État versés à l’organisation pro-paix OneVoice avait été utilisés par cette dernière pour financer V15.

Catsimatidis a demandé si « ceux qui en ont après Netanyahu — sont-ils les mêmes ou le même gang qui en ont après le président Trump à Washington ? », ce à quoi McLaughlin a répondu : « Je le parierais », invoquant l’ancien stratège politique d’Obama, Joel Benenson, auquel le parti Kakhol lavan a fait appel.

« Notre principal opposant aujourd’hui en Israël, du nom de Benny Gantz, qui dirige le parti Kakhol lavan — a fait diriger sa campagne par Joel Benenson. et Joel Benenson est l’un des stratèges de centre-gauche le plus malin du pays, car il a été le sondeur d’Obama lors des deux élections et a travaillé pour Hillary Clinton », a ainsi déclaré McLaughlin.

« Vous savez, en 2015, les [démocrates] ne voulaient pas que Bibi détruise l’accord qu’ils s’apprêtaient à passer avec l’Iran alors ils ont tenté de le battre », a-t-il accusé, employant le surnom de Benjamin Netanyahu. « Et aujourd’hui, ils veulent chasser Trump et Bibi. »

« La gauche en veut beaucoup » à Netanyahu, a-t-il ajouté, renvoyant semble-t-il à la gauche israélienne et américaine. Aux États-Unis, « il y a des gens du camp adverse qui n’aiment pas ce que représente Bibi. Il représente la puissance, la sécurité et la croissance économique. »

Catsimatidis a clamé que les accusations de corruption, fraude et abus de confiance dont fait l’objet le dirigeant israélien paraissaient « familières. N’est-ce pas ce dont [la présidente de la Chambre Nancy] Pelosi a accusé le président Trump ? De corruption ? »

McLaughlin a acquiescé, estimant qu’il y avait « beaucoup de choses ici qui sont communes au Premier ministre Netanyahu… et à ce qu’il se passe aux États-Unis où les mêmes personnes, dans le fond, voudraient voir Donald Trump destitué, car ils ne peuvent pas le battre aux élections ».

Trump risque d’être auditionné dans le cadre d’une procédure de destitution dirigée par les démocrates américains à la Chambre des représentants autour de ses tentatives de pression sur l’Ukraine pour qu’elle enquête sur ses rivaux politiques.

Netanyahu doit être mis en examen pour des relations illégales avec des milliardaires qui lui auraient fait des cadeaux dispendieux en échange de mesures législatives favorables, ainsi que pour des tentatives présumées de demande de couverture favorable dans les médias en échange d’avantages pour des magnats de la presse.

Par ailleurs, la Treizième chaîne a rapporté dimanche qu’Aaron Klein, qui dirige le bureau israélien de Breitbart, un média d’extrême droite, avait servi de conseiller à Netanyahu avant l’annonce de sa mise en examen.

Mandelblit n’a pas officiellement inculpé le Premier ministre, la Knesset devant d’abord décider si elle souhaite accorder à Netanyahu une immunité procédurale, un processus qui — du fait de l’actuelle impasse politique et l’absence d’un véritable gouvernement — pourrait durer des mois.

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