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Conflit ukrainien: un diplomate européen critique le numéro d’équilibriste d’Israël

L'envoyé israélien aux USA Mike Herzog insiste sur le fait que l'État juif soutient "indéniablement" Kiev, tout en préservant ses intérêts en Syrie

Des manifestants brandissent des panneaux et des drapeaux pendant une manifestation contre l'invasion russe de l'Ukraine devant la mairie de Jérusalem, le 28 février 2022. (Crédit :  Olivier Fitoussi/Flash90)
Des manifestants brandissent des panneaux et des drapeaux pendant une manifestation contre l'invasion russe de l'Ukraine devant la mairie de Jérusalem, le 28 février 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Un diplomate européen a semblé exaspéré par la politique de prudence pour laquelle Israël a opté face à l’invasion russe de l’Ukraine, mardi, alors que l’ambassadeur israélien aux États-Unis a insisté sur le fait que Jérusalem « soutient indéniablement l’Ukraine ».

« Israël ne peut pas prendre la décision de ne pas s’aligner sur les pays européens et sur les États-Unis », a commenté un diplomate de l’UE qui a souhaité préserver l’anonymat lors d’un entretien téléphonique avec le Times of Israël.

Le Premier ministre Naftali Bennett avait dit, dans la matinée de mardi, que l’État juif cherchait à « discrètement apporter son aide » tout en préservant ses intérêts stratégiques, se référant à la nécessité de conserver des relations avec la Russie qui contrôle l’espace aérien de la Syrie, un territoire où Israël est amené à frapper des cibles liées à l’Iran.

Si l’État juif a exprimé son soutien aux Ukrainiens et que a fait livrer cent tonnes d’aide humanitaire, Bennett a évité d’interpeller directement Poutine, refusé une demande ukrainienne d’équipements militaires et le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid s’est abstenu de condamner nommément la Russie pour le bombardement du site du mémorial de Babi Yar à Kiev, où les nazis avaient massacré des dizaines de milliers de Juifs pendant la Seconde guerre mondiale, en 1941.

Israël a également refusé une demande des États-Unis de coparrainer une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies qui condamnait la Russie, la semaine dernière, même si Lapid a annoncé qu’il apporterait son soutien à une résolution similaire qui sera présentée à l’Assemblée générale, à la fin de la semaine.

L’Etat hébreu a effectivement été ajouté à la liste des 94 pays qui coparrainent une résolution de l’ONU condamnant la Russie, selon un reportage de Kan.

Le diplomate européen, qui s’est entretenu avec le Times of Israël à la veille d’une visite du chancelier allemand Olaf Sholz, a expliqué que les pays européens « sont conscients des intérêts sécuritaires d’Israël ».

Les membres du parlement européen applaudissent le président ukrainien Volodymyr Zelensky qui apparaît à l’écran lors d’une visioconférence pendant une séance plénière spéciale du parlement européen consacrée à l’invasion russe de l’Ukraine, au siège de l’UE à Bruxelles, le 1er mars 2022. (Crédit : JOHN THYS / AFP)

Mais le responsable a affirmé qu’Israël accordait trop d’importance à la préservation de bonnes relations avec le président Vladimir Poutine.

« Comment se fait-il que l’État d’Israël soit prêt à faire confiance à un président qui viole toutes ses relations avec le monde et que cela prenne le pas sur tout le reste pour Israël ? »

Rejetant l’idée que l’État juif se refuse à se positionner dans le conflit entre la Russie et l’Ukraine, l’ambassadeur israélien aux États-Unis, Mike Herzog, a indiqué que le pays coparrainerait la résolution qui serait présentée contre la Russie devant l’Assemblée générale et qu’elle voterait en sa faveur.

« Israël croit en la nécessité de défendre l’ordre international et le pays soutient indéniablement l’Ukraine, sa souveraineté et son intégrité territoriale », a écrit Herzog mardi sur Twitter.

L’ambassadeur israélien aux États-Unis Mike Herzog. (Autorisation)

« Si notre positionnement moral est clair, nous nous efforçons de le suivre d’une manière qui nous permettra de conserver notre liberté d’opération contre les activités de l’Iran dans la région, ce qui est dans l’intérêt de tout le monde », a-t-il continué, donnant plus de détails que ceux qui sont habituellement révélés par les responsables israéliens concernant les intérêts sécuritaires de Jérusalem en Syrie.

Herzog a répété l’offre israélienne d’intervenir comme médiateur entre la Russie et l’Ukraine, une proposition encouragée par l’Ukraine mais qui n’a pas été acceptée pour le moment par Moscou.

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