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Israël a refusé de coparrainer la résolution du Conseil de sécurité contre la Russie

La mission israélienne auprès de l'ONU refuse de commenter sa décision; de son côté Anatoly Viktorov, espère qu'Israël « continuera d'adopter une approche diplomatique sage »

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Des représentants assistent à une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU sur l'invasion russe de l'Ukraine, le vendredi 25 février 2022 au siège de l'ONU. La Russie a opposé son veto à une résolution du Conseil de sécurité exigeant que Moscou cesse son attaque contre l'Ukraine et retire toutes ses troupes. Le vote de vendredi était de 11 contre 1, la Chine, l'Inde et les Émirats arabes unis s'étant abstenus. Il a montré une opposition significative mais pas totale à l'invasion par la Russie de son voisin plus petit et militairement plus faible. (AP Photo/John Minchillo)
Des représentants assistent à une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU sur l'invasion russe de l'Ukraine, le vendredi 25 février 2022 au siège de l'ONU. La Russie a opposé son veto à une résolution du Conseil de sécurité exigeant que Moscou cesse son attaque contre l'Ukraine et retire toutes ses troupes. Le vote de vendredi était de 11 contre 1, la Chine, l'Inde et les Émirats arabes unis s'étant abstenus. Il a montré une opposition significative mais pas totale à l'invasion par la Russie de son voisin plus petit et militairement plus faible. (AP Photo/John Minchillo)

Malgré une demande de l’administration Biden de coparrainer une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU condamnant l’invasion de l’Ukraine par la Russie, Israël s’est abstenu de le faire, ont déclaré vendredi deux diplomates proches du dossier au Times of Israël.

La mission américaine a contacté des dizaines de pays, leur demandant de soutenir la résolution, a déclaré un diplomate occidental. Les membres non-permanents du Conseil de sécurité pouvaient coparrainer la résolution, même s’ils ne pouvaient pas participer au vote.

Quatre-vingt-un pays ont répondu à l’appel des États-Unis et ont signé en tant que co-auteurs selon une liste officielle obtenue par le Times of Israël.

La mission israélienne a renvoyé l’affaire à Jérusalem pour obtenir des conseils, où une décision a été prise plus tôt vendredi d’éviter de se joindre à un geste aussi fort contre la Russie, a déclaré un autre responsable au Times of Israël.

En fin de compte, la Russie a opposé son veto à la résolution, tandis que l’Inde, les Émirats Arabes Unis et la Chine se sont abstenus. Onze des 15 membres du conseil ont voté pour.

La mission israélienne auprès de l’ONU a refusé de commenter l’affaire.

Vasily Nebenzya, ambassadeur de Russie auprès des Nations Unies, participe à un vote lors d’une réunion du Conseil de sécurité au siège des Nations Unies, le vendredi 25 février 2022. (Crédit : AP Photo/Seth Wenig)

La résolution déplore « dans les termes les plus forts » « l’agression » de la Russie contre l’Ukraine et exige le retrait immédiat de ses troupes.

Après le vote, les États-Unis ont publié une déclaration conjointe avec la grande majorité des co-auteurs de la résolution, déclarant que « la Russie a abusé de son pouvoir aujourd’hui pour opposer son veto à notre résolution ferme. Mais la Russie ne peut pas opposer son veto à nos voix. La Russie ne peut pas opposer son veto au peuple ukrainien. La Russie ne peut pas opposer son veto à son propre peuple qui proteste contre cette guerre dans les rues. La Russie ne peut pas opposer son veto à la Charte des Nations Unies. La Russie ne peut pas et ne pourra pas opposer son veto à la responsabilité de leurs actions. »

Un responsable américain a déclaré plus tôt vendredi que Washington était conscient que la Russie opposerait son veto à la résolution, mais que la mesure était toujours importante pour souligner l’isolement international de Moscou.

Israël est l’un des rares pays à entretenir des relations relativement chaleureuses avec l’Ukraine, une autre démocratie occidentale, ainsi qu’avec la Russie, qui contrôle l’espace aérien au-dessus de la Syrie.

Jérusalem s’est appuyée sur l’approbation tacite de Moscou pour l’utilisation de cet espace aérien pour mener des frappes aériennes contre des mandataires iraniens juste au-delà de sa frontière nord.

Sergiy Kyslytsya, ambassadeur d’Ukraine auprès des Nations Unies, au centre, tient un drapeau flanqué de représentants et de ministres de l’Union européenne devant la salle du Conseil de sécurité, le vendredi 25 février 2022, au siège des Nations Unies. (Crédit : AP Photo/John Minchillo)

Alors qu’Israël a exprimé sa préoccupation concernant l’invasion et a offert une aide humanitaire au peuple ukrainien, le Premier ministre Naftali Bennett a évité de condamner la Russie ou même de mentionner nommément le pays dans ses déclarations depuis le lancement de l’opération militaire généralisée au-delà de la frontière russe.

Mais les efforts d’Israël pour éviter de s’aligner trop étroitement sur l’une ou l’autre des parties depuis le début de l’invasion ont forcé Kiev à exprimer sa déception, tandis que la Russie a convoqué l’envoyé de Jérusalem à Moscou pour exiger une clarification de la prise de position du pays.

L’ambassadeur de Russie en Israël, Anatoly Viktorov, a déclaré vendredi au Times of Israël qu’il espérait qu’Israël « continuerait d’adopter une approche diplomatique sage » dans sa réponse à l’invasion de l’Ukraine par Moscou.

« Nous avons pris note de la position d’Israël. Nos collègues israéliens ont fait part à plusieurs reprises de leur préoccupation pour la sécurité de leurs citoyens et de la communauté juive en Ukraine », a déclaré Viktorov au Times of Israël.

« Dans le même temps, nous espérons qu’ils resteront sages et diplomates et qu’ils poursuivront notre travail commun dans l’intérêt de nos pays et de nos peuples », a-t-il ajouté, mettant en garde Israël contre l’adhésion à « un nouveau type de sport » de dénigrement de la Russie.

Israël suit généralement l’exemple des États-Unis à l’ONU, tout en s’abstenant parfois afin d’éviter de s’aliéner d’autres alliés.

En octobre dernier, un responsable diplomatique israélien a déclaré au Times of Israël, que dans un effort visant à apaiser la Chine, l’État d’Israël s’est abstenu de signer une déclaration conjointe des Nations unies, qui exprimait l’inquiétude de l’instance concernant le traitement réservé par Pékin à sa communauté musulmane Ouïghour exprimant sa préoccupation quant au traitement réservé par Pékin à sa minorité musulmane ouïghoure.

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