COVID-19: Le gouvernement annonce une nouvelle enveloppe d’aide économique
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COVID-19: Le gouvernement annonce une nouvelle enveloppe d’aide économique

Notant que le salaire des députés sera réduit, Netanyahu dit qu'il faut partager le "fardeau" alors que les entrepreneurs et employés, furieux, sont frappés par le confinement

Les boutiques fermées du marché  Mahane Yehuda Market à Jérusalem pendant le deuxième confinement national, le 21 septembre 2020 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Les boutiques fermées du marché Mahane Yehuda Market à Jérusalem pendant le deuxième confinement national, le 21 septembre 2020 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le cabinet a approuvé une enveloppe d’aide économique d’un montant de 10,5 milliards de shekels, dans la soirée de lundi, pour tenter d’aider les personnes frappées de plein fouet par le deuxième confinement national qui a été imposé à l’Etat juif. Il prévoit également des baisses de salaire pour les députés et pour les responsables du gouvernement.

« L’élargissement de ce programme permettra de fournir une assistance économique immédiate aux entreprises et aux auto-entrepreneurs qui sont les plus susceptibles d’être touchés par la fermeture actuelle du pays », a fait savoir un communiqué conjoint émanant du bureau du Premier ministre et du ministère de la Défense.

Cette enveloppe survient alors que le gouvernement a été âprement mis en cause par de nombreuses petites entreprises, et notamment par les restaurateurs, qui ont par ailleurs menacé de se rebeller contre le confinement en ouvrant leurs portes aux clients, affirmant qu’ils ne pourront pas survivre aux dégâts économiques engendrés par une nouvelle fermeture prolongée et qu’ils n’ont que peu confiance dans les promesses gouvernementales portant sur d’éventuelles indemnisations.

« Nous avons annoncé de nouvelles subventions pour conserver les employés, la mise en place de prêts élargis qui seront garantis par l’Etat ; nous avons fait avancer le versement de subventions et autres pour assurer les dépenses permanentes et notamment en direction des entreprises ayant subi plus de 25 % de pertes – et nous avons élargi l’éligibilité aux aides », a dit Netanyahu.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, (à droite), écoute le ministre des Affaires étrangères Israel Katz lors de la réunion hebdomadaire du cabinet au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 27 octobre 2019. (Gali Tibbon/Pool Photo via AP)

Le cabinet a également approuvé à l’unanimité une baisse de 10 % des salaires de Netanyahu, des ministres et des députés ainsi que des fonctionnaires gagnant 10 % de plus que les membres de la Knesset (45 201 shekels).

« Nous devons tous porter le fardeau et nous, en tant que ministres, nous devons nous soumettre nous-mêmes aux initiatives que nous prenons en affrontant une réalité qui sera difficile », a noté Netanyahu.

Netanyahu avait provoqué un tollé, au mois de juin, après l’adoption par ses députés du Likud d’une loi qui lui accordait un allègement fiscal rétroactif d’une valeur d’un million de shekels alors que le pays était aux prises avec la grave crise économique entraînée par le coronavirus.

Le ministre des Finances, Israel Katz, a aussi promis que le gouvernement continuerait à « être conscient des difficultés et qu’il présentera des solutions qui offriront des réponses aux entreprises et aux employés touchés par la crise ».

Plusieurs ministres Likud – la ministre des Transports Miri Regev, le ministre de la Sécurité intérieure Amir Ohana et le ministre de la Coopération régionale Ofir Akunis — ont également suggéré que les salaires des hauts-responsables de la Justice soient revus à la baisse, a fait savoir la Douzième chaîne dans un reportage.

Le ministre de la Défense, Benny Gantz, s’y serait opposé.

Après avoir présenté les derniers chiffres du coronavirus, Netanyahu aurait soudainement quitté la réunion du cabinet, arguant que son départ était motivé par « un appel d’importance nationale ». Une scène similaire s’était produite au mois d’août, peu avant l’annonce de la normalisation des liens entre Israël et les Emirats arabes unis. Il s’était ultérieurement avéré que le Premier ministre s’était entretenu par téléphone avec le chef de facto des EAU, Mohammed Bin Zayed.

Israël a mis en vigueur vendredi son deuxième confinement national de l’année dans le cadre de la lutte contre la recrudescence de l’épidémie de coronavirus. C’est la première fois, dans le monde développé, qu’un pays impose un deuxième bouclage pour réduire la circulation de la COVID-19.

Ce confinement de trois semaines – qui prévoit la fermeture de nombreuses entreprises et commerces et qui régit strictement les déplacements et les rassemblements publics – a commencé quelques heures seulement avant le début de Rosh HaShana, le Nouvel an juif, et il couvrira d’autres fêtes religieuses importantes, telles que Yom Kippour et Souccot.

Des embouteillages à Tel Aviv alors que la police a mis en place des barrages routiers temporaires dans le cadre du nouveau confinement national, le 21 septembre 2020 (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Selon les règles du nouveau confinement, presque toutes les entreprises ouvertes au public seront fermées. Les Israéliens seront tenus de ne pas s’éloigner à plus d’un kilomètre de leur habitation – mais il y a de nombreuses exceptions, comme acheter de la nourriture ou des médicaments, aller au travail, se rendre à des manifestations et aller chez le vétérinaire. Le public est également autorisé à assister à des circoncisions ou des funérailles, à faire de l’exercice et autres – toutes ces activités restent néanmoins soumises à des limitations strictes.

Même si les activités économiques ralentissent habituellement pendant les fêtes juives, nombreux sont ceux qui, en Israël, redoutent les retombées financières de ce nouveau bouclage du pays.

Le gouvernement de Netanyahu a tenté de mettre en place des mesures variées, ces derniers mois, pour éviter un confinement total – comme la fermeture du pays pendant le week-end – mais il a dû reculer de manière répétée face aux oppositions diverses et variées à ces directives.

Au début du mois, la coalition a tenté d’imposer des confinements localisés dans les secteurs se distinguant par des taux d’infection élevés. Suite à des protestations massives, elle s’est contentée de mettre en place des couvre-feux et de fermer les écoles.

Cela fait des semaines que des manifestations anti-Netanyahu sont organisées. Les participants dénoncent son autorité et sa gestion de la crise sanitaire induite par l’épidémie de coronavirus.

Lundi, le ministère de la Santé a enregistré 36 décès supplémentaires des suites du coronavirus en 24 heures, faisant grimper le bilan des morts.

Il a fait savoir que 2 641 nouveaux cas avaient été confirmés depuis dimanche soir et que 24 487 tests de dépistage avaient été effectués dimanche. Ce chiffre est inférieur à ceux qui ont été enregistrés ces derniers jours et il résulte probablement d’un nombre moindre de tests réalisés au cours de ce week-end de fête.

Un employé de l’hôpital Shaare Zedek, en habit de protection, prélève un échantillon sur une femme pour un test de dépistage au coronavirus (COVID-19) à Jérusalem, le 14 septembre 2020 (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

Lundi, des hôpitaux de Jérusalem et d’Ashdod ont indiqué qu’ils n’accueilleraient plus de malades atteints par la COVID-19, leurs services étant arrivés à saturation.

Ces annonces faites par l’hôpital Shaare Zedek et par le centre médical Assuta, à Ashdod, ont eu lieu alors que le directeur-général du ministère de la Santé, Chezy Levy, a ordonné à tous les hôpitaux de suspendre toutes les interventions chirurgicales non-urgentes et de consacrer davantage de ressources à la réponse à apporter à la pandémie.

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