COVID : des rabbins refusent de soutenir la campagne de vaccination en Israël
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COVID : des rabbins refusent de soutenir la campagne de vaccination en Israël

Chezy Levy et Nachman Ash ont rencontré des chefs de communauté à Bnei Brak mais ceux-ci doutent de l'efficacité du vaccin

Une réunion entre des responsables de la santé et les principaux rabbins ultra-orthodoxes dans la ville de Bnei Brak visant à encourager la vaccination contre le coronavirus dans la communauté locale. (Capture d'écran :YouTube)
Une réunion entre des responsables de la santé et les principaux rabbins ultra-orthodoxes dans la ville de Bnei Brak visant à encourager la vaccination contre le coronavirus dans la communauté locale. (Capture d'écran :YouTube)

Des haut-responsables de la santé ont rencontré d’éminents rabbins dans la ville ultra-orthodoxe de Bnei Brak afin de les convaincre de soutenir publiquement la campagne nationale de vaccination contre le coronavirus, mais n’ont pas obtenu le soutien qu’ils souhaitaient.

Israël va lancer sa campagne de vaccination le 23 décembre mais les autorités sanitaires craignent que le public hésite à se faire inoculer. Les sondages ont montré que 50 à 70 % sont méfiants et craignent que la vitesse avec laquelle le vaccin a été produit ait compromis sa fiabilité.

Cette question est particulièrement sensible dans la communauté ultra-orthodoxe, où les rabbins dirigent l’attitude du public. Des affiches non signées ont récemment été placardées dans les secteurs ultra-orthodoxes, appelant à s’opposer aux vaccins.

Au début de l’année, la communauté – en particulier celle de Bnei Brak – a été durement touchée par l’apparition du virus, après que d’influents rabbins eurent déconseillé d’adopter des décisions du ministère de la Santé visant à freiner la propagation du virus, mais qui auraient perturbé la vie de la communauté ultra-orthodoxe. Le retour en arrière contre certaines directives du ministère de la Santé se poursuit dans certaines parties de la communauté.

Le directeur-général du ministère de la Santé Chezy Levy pendant une conférence de presse au ministère de la Santé de Jérusalem, le 13 juillet 2020 (Capture d’écran/YouTube)

Le directeur-général du ministère de la Santé, Chezy Levy, et l’homme chargé de la lutte contre le coronavirus, Nachman Ash, ont rencontré le grand rabbin de la ville, Shevach Tzvi Rosenblatt, et le chef d’un tribunal rabbinique de renom, le rabbin Yehudah Silman, entre autres.

La vidéo de l’entretien de dimanche, diffusée par le site d’information Walla et le diffuseur public Kan, montre Lévy et Ash assis à une table mais séparés des rabbins par des cloisons en plastique transparent par mesure de précaution contre la propagation du virus.

Levy a expliqué que le coronavirus est plus nocif que la grippe, et que le processus de guérison, même pour les jeunes patients, est beaucoup plus long.

Le vaccin contre le coronavirus qu’Israël va commencer à utiliser fonctionne sur le même principe que celui de l’inoculation de la grippe, leur a-t-il dit.

Si les rabbins ont soutenu l’idée générale de la vaccination, ils ont également exprimé certaines préoccupations, notamment le fait que la période d’essai des vaccins disponibles était trop courte pour exclure les effets à long-terme et les problèmes qui pourraient survenir par la suite.

« Vous savez bien qu’une étude de quatre mois n’exclut pas la possibilité qu’il y ait des problèmes à long terme », a déclaré Silman.

Il a également affirmé que jusqu’à 50 % des médecins ont déclaré qu’ils n’avaient pas l’intention de se faire vacciner, un chiffre que Levy a rejeté car il était basé sur les réponses initiales du personnel médical avant qu’ils n’aient vu les données complètes des essais.

Silman a déclaré aux responsables de la santé que les dirigeants rabbiniques préféraient attendre quelques semaines et ne pas participer à la première série de vaccinations.

Nachman Ash, responsable du coronavirus en Israël, parle à la presse, le 26 novembre 2020. (Crédit : Ministère de la Santé)

Ash a fait remarquer que ce report de quelques semaines ne changera pas grand-chose au programme de vaccination, mais qu’en attendant, certains seront infectés et peut-être même décéderont.

« Vous devez en tenir compte », a prévenu Ash.

Israël réceptionne des millions de vaccins, à commencer par celui de Pfizer, dont l’utilisation a été approuvée aux États-Unis par la FDA.

Le ministère de la Santé a annoncé lundi aux caisses de santé que la campagne de vaccination contre la Covid-19 débutera la semaine prochaine et le grand public pourra commencer à être inoculé dès le 23 décembre.

Le déploiement prévu du vaccin intervient alors qu’Israël est aux prises avec un taux d’infection croissant et a franchi lundi le triste cap des 3 000 décès dus au coronavirus.

Selon les derniers chiffres du ministère de la Santé, on dénombre 18 651 cas actifs. Le nombre d’infections diagnostiquées depuis le début de la pandémie est passé à 360 297 et le bilan est passé à 3 004.

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