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Décès du parolier israélien Yoram Taharlev

Né dans le kibboutz Yagur, il a commencé à écrire des poèmes à l'âge de 7 ans, publiant des dizaines de livres et des centaines de chansons

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Le poète israélien Yoram Taharlev, le 10 mai 2021. (Crédit : Moshe Shai/FLASH90)
Le poète israélien Yoram Taharlev, le 10 mai 2021. (Crédit : Moshe Shai/FLASH90)

Le prolifique auteur-compositeur et poète israélien Yoram Taharlev, qui a écrit certaines des chansons les plus remarquables du pays, est décédé jeudi à son domicile à l’âge de 83 ans.

Taharlev a écrit plus de 1 000 chansons, dont 100 œuvres pour les troupes de divertissement musical de l’armée, telles que « Yeshnan Banot » (Il y avait des filles) et « Givat Hatahmoshet » (Colline des munitions).

« Ses chansons ont accompagné le pays pendant des années – dans la tristesse et dans la joie, en temps de guerre et de paix », a commenté le Premier ministre Naftali Bennett, en apprenant le décès de Taharlev. « Il est décédé, mais son œuvre restera avec nous pour toujours. Que sa mémoire soit une bénédiction ».

Il est né au kibboutz Yagur en 1938, où ses parents vivaient dans une petite pièce sans plomberie intérieure, sans eau courante ni « le moindre vestige d’intimité », a écrit Taharlev sur son site internet.
Ses parents, Haim Taharlev (anciennement Tarlovsky) et Yaffa Yitzikovitz, sont venus de Lituanie pour construire un nouveau pays et se sont rencontrés à Yagur.

Taharlev est resté dans le kibboutz jusqu’à l’âge de 26 ans et y a travaillé – « sans grand succès », dit-il – à différents postes, dont l’apiculture, la cueillette de fruits et le jardinage.

Son travail de parolier a commencé à décoller lorsqu’il a déménagé à Tel Aviv. Ses chansons, enregistrées par les meilleurs groupes et chanteurs d’Israël, étaient diffusées sans cesse à la radio, alors le sommet de la culture pop locale.

« Bien sûr, toutes les chansons que j’ai écrites ne sont pas devenues un succès instantané », avait écrit Taharlev sur son site web. « Certaines de mes chansons ont été rangées dans un tiroir, sans jamais voir la lumière du jour jusqu’à la création de ce site. D’autres ont été enregistrées, mais pour une raison ou une autre, elles n’ont pas abouti. »

Taharlev a fini par publier les chansons jamais produites sur son site, estimant qu’il fallait leur donner une seconde chance. Il a invité les jeunes chanteurs et compositeurs à y jeter un coup d’œil et à « voir si quelque chose leur plaît ».

Sa carrière de parolier a commencé vers l’âge de sept ans, écrit-il, lorsque ses parents lui ont acheté un cahier spécial pour écrire et le garder chez eux – bien qu’il dormît dans la maison des enfants, comme c’était la coutume à l’époque des premiers kibboutzim – dans le tiroir du bas d’une armoire.

Le samedi 29 juin 1946, connu sous le nom de Shabbat noir, Yagur fut encerclé par les troupes britanniques à la recherche d’armes illégales et de paramilitaires. Les adultes du kibboutz, y compris les parents de Taharlev, sont expédiés en prison pour quatre mois. Les troupes britanniques ont creusé les sols et les sous-sols et ont trouvé des caches d’armes, notamment sous la maison des enfants. Elles ont jeté des objets personnels, dont le cahier de Taharlev, qui avait été caché dans la maison de ses parents.

« Pendant des jours, j’ai poursuivi chaque bout de papier que je voyais souffler dans le vent dans l’espoir de récupérer ne serait-ce qu’une page du carnet, mais je ne l’ai jamais trouvé et, à ce jour, je n’ai pas été en mesure de recréer mon premier poème », a-t-il écrit.

Il s’est juré à partir de ce moment-là de copier tout ce qu’il écrivait et de l’apprendre par cœur, « afin que personne ne puisse plus jamais me l’enlever. »

Taharlev a rempli de nombreux carnets avec des centaines de chansons et de poèmes au cours de ses décennies de parolier, publiant des recueils de ses chansons, des volumes de poésie, des livres avec des thèmes juifs et israéliens, et des livres pour enfants, plus de 70 livres au total.

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