Demande de visa US : tout « anti-américanisme » ou « terrorisme antisémite » sera détecté
La nouvelle politique de l'USCIS invoque une loi interdisant la naturalisation des personnes "opposées au gouvernement ou à la loi, ou favorables à des formes de gouvernement totalitaires"

L’administration du président américain Donald Trump a déclaré qu’elle évaluerait les candidats à un visa de travail, d’études ou d’immigration aux États-Unis afin de détecter tout « anti-américanisme », et que ces résultats seraient pris en compte dans leur dossier, ce qui suscite des inquiétudes quant aux implications pour la liberté d’expression.
Dans une « alerte politique » datée de mardi, les services américains de citoyenneté et d’immigration (USCIS) ont déclaré avoir donné de nouvelles directives aux agents d’immigration pour qu’ils exercent leur pouvoir discrétionnaire dans les cas où des candidats étrangers « soutiennent ou promeuvent des idéologies ou des activités anti-Amérique » ainsi que « le terrorisme antisémite ».
Trump qualifie « d’anti-Amérique » toute une série de voix, notamment celles d’historiens et de musées qui documentent l’esclavage aux États-Unis, ainsi que celles des manifestants anti-Israël, allié des États-Unis, dans le cadre de la guerre en cours à Gaza déclenchée par le pogrom perpétré par le groupe terroriste du Hamas le 7 octobre 2023 dans le sud d’Israël.
« Les activités anti-Amérique constitueront un facteur extrêmement négatif dans toute analyse discrétionnaire », a déclaré l’USCIS.
« Les avantages accordés par les États-Unis ne doivent pas être octroyés à ceux qui méprisent le pays et promeuvent des idéologies anti-Amérique. »
L’annonce ne définit pas ce qu’est l’anti-américanisme. Cependant, le manuel de politique fait référence à une section de la loi fédérale interdisant la naturalisation des personnes « opposées au gouvernement ou à la loi, ou qui favorisent des formes totalitaires de gouvernement ».
Le texte complet mentionne notamment les partisans du communisme ou de régimes totalitaires, ainsi que les personnes qui prônent le renversement du gouvernement américain ou la violence contre ses agents.
L’USCIS a déclaré qu’il élargissait les types de demandes faisant l’objet d’une vérification sur les réseaux sociaux, et qu’il ajouterait à cette vérification des contrôles visant à détecter toute « activité anti-Amérique ».
Aaron Reichlin-Melnick, chercheur senior à l’American Immigration Council, a déclaré que cette mesure rappelait les années 1950, lorsque le sénateur Joseph McCarthy traquait les communistes présumés dans le cadre d’une campagne qui est devenue synonyme de persécution politique.
« Le maccarthysme revient dans la loi sur l’immigration », a-t-il déclaré.
« L’anti-américanisme n’a aucun précédent dans la loi sur l’immigration et sa définition dépend entièrement de l’administration Trump. »
En avril, le gouvernement américain avait annoncé qu’il allait commencer à surveiller les réseaux sociaux des immigrants et des demandeurs de visa à la recherche d’activités antisémites. Des défenseurs des droits de l’homme avaient alors soulevé des questions relatives à la liberté d’expression et à la surveillance.
L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.







