Des abreuvoirs installés pour éloigner le bétail du lac de Tibériade
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Des abreuvoirs installés pour éloigner le bétail du lac de Tibériade

Cette initiative, prise par les groupes de protection de la nature, vise à éloigner du lac les têtes de bétail ; une campagne de vaccination contre la leptospirose est lancée

Des Israéliens aiment faire du bateau sur la rivière Hatzbani dans le nord d'Israël, le 2 juin 2010. (Crédit : Edi Israel/ Flash90)
Des Israéliens aiment faire du bateau sur la rivière Hatzbani dans le nord d'Israël, le 2 juin 2010. (Crédit : Edi Israel/ Flash90)

Plus de 50 abreuvoirs à bétail ont été placés autour des cours d’eau dans le bassin versant du lac de Tibériade, dans le nord d’Israël, dans le cadre d’un programme visant à éloigner le bétail des cours d’eau et à réduire la pollution.

Sous la houlette du ministère de la Protection de l’environnement, l’Autorité israélienne de la nature et des parcs a été chargée de mener à bien ce projet. Elle peut en contrôler la réussite en suivant les parcours des têtes de bétail qui ont été équipées de colliers GPS.

Jusqu’à présent, selon l’INPA, les résultats sont encourageants et 50 autres abreuvoirs seront mis en place l’année prochaine.

Chaque été – période où le secteur du lac de Tibériade est pris d’assaut par les touristes –, les ministères de la Protection de l’environnement et de la Santé émettent des mises en garde concernant la présence excessive de bactéries coliformes dans certains cours d’eau. Ces bactéries proviennent généralement de la flore intestinale des animaux homéothermes – oiseaux et mammifères.

Le ministère de la Santé fixe les paramètres d’analyse et est à l’origine du financement des prélèvements d’eau qui sont ensuite effectués par les inspecteurs de l’INPA. Si une pollution est constatée, le ministère de la Protection environnementale prend le relais pour traiter le problème.

Mais dans la plupart des cas, selon un porte-parole du ministère de la Protection environnementale, la cause exacte de la présence forte de coliformes fécaux est difficile à identifier. Ils peuvent provenir des eaux usées, des animaux ou des oiseaux sauvages – ou même de l’être humain.

L’autorité israélienne chargée de la nature et des parcs installe des abreuvoirs à bétail autour des cours d’eau du bassin versant de la mer de Galilée afin d’éloigner le bétail des eaux naturelles et de réduire la pollution. (Crédit : Yonatan Harari, INPA)

Le projet prévoyant l’installation d’abreuvoirs pour les têtes de bétail – un projet auquel 14 millions de shekels ont été alloués – résulte de la décision 4528 prise par le gouvernement au mois de mars 2019 qui est consacrée au nettoyage des cours d’eau du nord du lac de Tibériade.

En parallèle, le Service vétérinaire a lancé une campagne de vaccination des têtes de bétail contre la leptospirose, une maladie potentiellement mortelle transmise par l’urine des animaux. La maladie a refait une forte apparition l’année dernière.

Une porte-parole du Fonds national juif KKL-JNF a déclaré que son organisation contribuait à réduire la pollution des cours d’eau en construisant des réservoirs pour recueillir les eaux résiduelles et en mettant en place des bassins « verts » chargés de filtrer ces eaux avant qu’elles n’atteignent d’autres cours d’eau. L’organisation s’occupe aussi de l’entretien du lac Hula, qui contribue à filtrer et à nettoyer l’eau avant qu’elle ne se jette dans le Jourdain et le lac de Tibériade.

La Société pour la protection de la nature en Israël a déclaré que si, en principe, les autorités avaient limité la présence des bactéries coliformes à un taux de 400 UFC (unités formant colonie) pour 100 millilitres d’eau, elles avaient en pratique autorisé jusqu’à 1 000 UFC ces dernières années, avant l’épidémie de leptospirose. L’apparition de la maladie a amené les autorités à revenir à la limite plus stricte de 400 UFC.

La présence de bactéries coliformes ne provoque pas nécessairement de maladies dangereuses, mais elle peut indiquer la présence d’autres agents pathogènes plus dangereux.

Le SPNI (Société pour la protection de la nature en Israël) a déclaré que des tests de pollution plus précis faisaient actuellement l’objet de recherches et de projets pilotes, et que des recherches supplémentaires devraient être menées sur la relation entre les résultats des tests de pollution et le risque réel de maladie, dans le but de trouver des indicateurs qui permettront d’établir une nouvelle norme susceptible de surveiller au mieux la pollution des cours d’eau.

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