Des billets du ghetto de Theresienstadt à la Bibliothèque nationale d’Israël
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Des billets du ghetto de Theresienstadt à la Bibliothèque nationale d’Israël

Six billets arborent une étoile de David et une représentation de Moïse tenant les Dix Commandements ; les Juifs échangeaient leur argent contre ces devises à l'entrée des camps

Un billet de 100 kronen, la devise en circulation dans le ghetto de Theresienstadt Ghetto. (Autorisation : Bibliothèque nationale d'Israël via JTA)
Un billet de 100 kronen, la devise en circulation dans le ghetto de Theresienstadt Ghetto. (Autorisation : Bibliothèque nationale d'Israël via JTA)

Des devises du ghetto de Theresienstadt ont été données à la Bibliothèque nationale d’Israël.

Les six billets, qui arborent une étoile de David et une représentation de Moïse tenant les Dix Commandements, ont été reçus par la Bibliothèque nationale d’Israël quelques jours avant Yom HaShoah, journée de commémoration de la Shoah. Ils représentent une somme totale de 263 Kronen – la devise en circulation dans le ghetto, situé dans le nord de l’ex-Tchécoslovaquie.

Tous les résidents du ghetto étaient dans l’obligation d’échanger leur argent et certains biens contre des devises du camp ou du ghetto dans lesquels ils étaient emprisonnés. Si l’un d’eux parvenait à fuir, il n’avait alors aucun moyen d’acheter de quoi se nourrir ou se vêtir.

Les billets ont été donnés par Ruth Brass, une femme du Royaume-Uni, en hommage à son père disparu, Lionel Schalit, fervent sioniste et militant communautaire qui était également un responsable du mouvement européen Maccabi.

« Il semble que la banque, les billets et les ‘salaires’ reçus par de nombreux prisonniers pendant leur détention dans le ghetto remplissait un autre rôle : ils donnaient une impression de ‘normalité’, d’une vie organisée autour d’un quotidien ordonné, routinier – ce que les nazis tentaient de présenter aux représentants officiels de la Croix-Rouge qui visitaient le ghetto de Terezin. Les billets sont une documentation de la réalité effrayante de la période de la Shoah : les symboles imaginaires d’une ‘normalité’ qui n’avait jamais existé dans l’ombre des persécutions et de l’éradication », selon le docteur Stefan Litt, expert de la Bibliothèque nationale israélienne.

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