Des croix gammées et un message pro-Trump retrouvés dans un parc de New York
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Des croix gammées et un message pro-Trump retrouvés dans un parc de New York

La police enquête sur l’incident, qui a eu lieu au mémorial de Brooklyn pour Adam Yauch, Beastie Boys juif décédé

Noel et Frances Yauch, et l'ancien membre des Beastie Boys Adam Horovitz et son épouse Rachael, avec des responsables de la ville de New York et de Brooklyn au moment de l'inauguration du parc Adam Yauch, le 3 mai 2013. (Crédit : Daniel Zuchnik/Getty/via JTA)
Noel et Frances Yauch, et l'ancien membre des Beastie Boys Adam Horovitz et son épouse Rachael, avec des responsables de la ville de New York et de Brooklyn au moment de l'inauguration du parc Adam Yauch, le 3 mai 2013. (Crédit : Daniel Zuchnik/Getty/via JTA)

Un parc de New York dédié à la mémoire d’Adam Yauch, membre décédé des Beastie Boys, a été vandalisé par des croix gammées et un message de soutien au président américain élu Donald Trump.

Les deux symboles nazis et les mots « Allez Trump » ont été tagués sur un jeu pour enfants, et découverts vendredi.

Jeremy Larson, journaliste new-yorkais, a déclaré sur Twitter que la police enquêtait sur l’incident et que le parc serait fermé jusqu’au nettoyage des graffitis.

Le parc a été rebaptisé en 2013 du nom du rappeur décédé, mort d’un cancer l’année précédente à 47 ans. Il est situé à quelques pâtés de maison de l’endroit où il a grandi. Comme Adam Horovitz et Michael Diamond, autres membres des Beastie Boys, Yauch était juif. L’aire de jeu comprend des terrains de basket, un jardin communautaire, une serre, une petite zone de gymnastique, un espace de jeu ouvert, des fontaines et un parc pour chiens.

Brad Lander, conseiller municipal de New York, a également déclaré que la police enquêtait et que le département des parcs prévoyait de supprimer les messages. Les graffitis auraient été recouverts peu de temps après, selon des messages publiés sur Twitter.

Pendant l’année dernière, les images antisémites ont proliféré sur les réseaux sociaux, les journalistes juifs ont été ciblés et de vieilles théories du complot antisémites ont refait surface. La plupart de ces attaques provenaient de la droite alternative, un groupe aux contours flous qui adopte un conservatisme provocateur et réactionnaire. Elle est souvent associée aux tentatives de l’extrême-droite de préservation de l’ « identité blanche », d’opposition au multiculturalisme et de défense des « valeurs occidentales ».

En plus de ces intimidations sur internet, les vandalismes et autres attaques antisémites sont en hausse. La semaine dernière, au lendemain de l’élection, une vitrine de Philadelphie a été taguée avec une croix gammées et les mots « Sieg Heil 2016 », qui signifient « victoire », un chant nazi classique, et le mot « Trump », où la croix gammée remplaçait le T.

Un graffiti dans le sud de Philadelphie, dont le 'T' de « Trump » a été remplacé par la croix gammée nazie, le 9 novembre 2016. (Crédit : Facebook via JTA)
Un graffiti dans le sud de Philadelphie, dont le ‘T’ de « Trump » a été remplacé par la croix gammée nazie, le 9 novembre 2016. (Crédit : Facebook via JTA)

Ces évènements ont stupéfait les dirigeants juifs américains, qui se sont concentrés ces dernières années sur l’antisémitisme en Europe et sur les plaintes de préjugés antisémites sur les campus universitaires pendant les débats sur le mouvement de boycott, désinvestissements et sanctions (BDS) contre Israël.

Mais, alors que la campagne s’intensifiait, les juifs ont commencé à voir leurs noms entourés d’une série de parenthèses dans des tweets insultants, signalant que la personne ciblée avait été identifiée comme juive. L’image a pris le nom de « cloche juive » et sa source remonte à des néonazis et des nationalistes blancs.

La campagne de Donald Trump a été mise sur la sellette puisque la plupart des attaques provenaient de partisans autoproclamés du candidat républicain.

Une image tweetée, puis supprimée, par Donald Trump le 2 juin 2016, qui utilise une étoile de David pour qualifier Hillary Clinton de "candidate la plus corrompue". (Crédit : capture d'écran YouTube)
Une image tweetée, puis supprimée, par Donald Trump le 2 juin 2016, qui utilise une étoile de David pour qualifier Hillary Clinton de « candidate la plus corrompue ». (Crédit : capture d’écran YouTube)

Trump a été directement critiqué quand il a publié sur Twitter une image du visage d’Hillary Clinton, sa rivale démocrate, accompagné d’une étoile à six branches, d’une pile de billets de cent dollars et des mots « candidate la plus corrompue de l’histoire ». L’étoile était en forme d’étoile de David, l’étoile juive, et a été largement condamnée car jugée antisémite. La campagne de Trump a affirmé qu’il s’agissait d’une étoile de shérif.

Le mois dernier, le président élu, alors candidat, a prononcé un discours en Floride, à West Palm Beach, dans lequel il accusait Clinton d’organiser des rencontres secrètes avec des banquiers pour conspirer à la compromission de la souveraineté américaine. La ligue anti-diffamation (ADL) a déclaré que, intentionnellement ou pas, Trump avait reflété un thème antisémite classique, celui du contrôle des juifs sur les banques et la finance mondiales.

La fille du président élu, Ivanka, et son époux, Jared Kushner, l’un des conseillers principaux du futur 45e président des Etats-Unis, sont tous deux juifs orthodoxes. Kushner a défendu Trump contre les accusations d’antisémitisme.

Le sujet a à nouveau été discuté quand Trump a annoncé la nomination de Stephen Bannon au poste de stratège en chef de la Maison Blanche. Bannon dirigeait le site internet Breitbart News, considéré par beaucoup comme la plate-forme de la droite alternative et très critiqué pour ses articles jugés racistes, sexistes et antisémites. La directrice de campagne de Trump, Kellyanne Conway, a déclaré que les accusations contre Bannon étaient « très injustes ».

Soixante-et-onze pourcents des électeurs juifs ont voté pour Hillary Clinton en 2016, selon les sondages de sortie d’urne. Greenblatt, directeur exécutif de l’ADL, a travaillé pour l’administration du président sortant, Barack Obama.

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