Des dirigeants iraniens snobent le vice-chancelier allemand après son appel à reconnaître Israël
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Des dirigeants iraniens snobent le vice-chancelier allemand après son appel à reconnaître Israël

Le ministre des Affaires étrangères et le président du Parlement annulent une rencontre à Téhéran avec Sigmar Gabriel après qu’il a dit que la normalisation complète dépendrait de la reconnaissance de l’Etat juif

Le ministre iranien de l'Economie Ali Tayebnia (à gauche) et le vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel, qui est également ministre de l'Economie et de l'Energie, après la signature d'accords pendant une commission économique irano-allemande commune à Téhéran, en Iran, le 3 octobre 2016. (Crédit : AFP/Atta Kenare)
Le ministre iranien de l'Economie Ali Tayebnia (à gauche) et le vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel, qui est également ministre de l'Economie et de l'Energie, après la signature d'accords pendant une commission économique irano-allemande commune à Téhéran, en Iran, le 3 octobre 2016. (Crédit : AFP/Atta Kenare)

Le ministre iranien des Affaires étrangères et le président du Parlement iranien ont annulé des réunions avec le vice-chancelier allemand après sa demande que la République islamique reconnaisse Israël comme condition préliminaire à la normalisation complète des relations entre Berlin et Téhéran, a annoncé mardi l’agence de presse semi-officielle Fars.

Sigmar Gabriel, qui est également ministre de l’Economie, est arrivé à Téhéran dimanche dans le cadre des efforts allemands pour renouer les relations économiques avec l’Iran suite à l’accord nucléaire de 2015 entre l’Iran et six puissances mondiales visant à adoucir les sanctions internationales en échange de ralentissements dans le programme nucléaire iranien.

Avant la visite, Gabriel avait déclaré au Spiegel que l’Allemagne ne pourrait pas aller vers une normalisation complète tant que le régime iranien ne reconnaîtrait pas le droit d’Israël à exister.

Selon Fars, le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif et le président du Parlement Ali Larijani ont par conséquent ignoré Gabriel, qui était en Iran pour deux jours avec quelque 120 représentants commerciaux et des dizaines de journalistes. Les rencontres entre les politiques iraniens et Gabriel ont été annulées, selon l’article.

Gabriel a rencontré d’autres responsables iraniens pendant son voyage de deux jours, dont le ministre de l’Economie.

Le vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel, qui est également ministre de l'Economie et de l'Energie, pendant une commission économique irano-allemande commune à Téhéran, en Iran, le 3 octobre 2016. (Crédit : AFP/Atta Kenare)
Le vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel, qui est également ministre de l’Economie et de l’Energie, pendant une commission économique irano-allemande commune à Téhéran, en Iran, le 3 octobre 2016. (Crédit : AFP/Atta Kenare)

Un porte-parole du gouvernement iranien a été cité par Fars déclarant que Gabriel lui avait dit que ses remarques concernant Israël avaient été mal interprétées.

« Quand Gabriel est venu en Iran, je lui ai demandé pourquoi il avait dit une telle chose alors qu’il est l’un des premiers responsables à être venus en Iran après l’accord nucléaire. Il a clairement dit qu’ils [les médias] avaient déformé ses remarques. Il a déclaré qu’il était venu maintenant en Iran sans condition préliminaire et qu’il respectait les opinions iraniennes », a déclaré Mohammad Baqer Nobakht.

Le porte-parole a répété que Téhéran ne reconnaîtrait jamais Israël, et qu’ « aucun pays ne peut nous imposer de conditions préliminaires. Nous vivons avec nos croyances. »

Parallèlement, le responsable judiciaire iranien a déclaré mardi que s’il en avait le pouvoir, il aurait interdit à Gabriel de visiter le pays en raison de ses déclarations.

« Le ministre allemand de l’Economie a fait des remarques incorrectes et illogiques et a déclaré que si l’Iran voulait ouvrir la voie à des interactions commerciales, il devait reconnaitre Israël. Apparemment, il s’est endormi et ne sais pas que l’Iran a toléré d’importantes pressions pour le bien de ses croyances pendant plus de 30 ans pour résister à de telles demandes », a déclaré Sadeq Amoli Larijani, selon Fars.

« Si j’étais au gouvernement et étais ministre des Affaires étrangères, je n’aurais pas autorisé ce ministre à se rendre en Iran », a-t-il ajouté.

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif (à droite) et son homologue allemand, Frank-Walter Steinmeier, lors d'une réunion le 2 février 2016, à Téhéran. (Crédit : AFP/Atta Kenare)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif (à droite) et son homologue allemand, Frank-Walter Steinmeier, lors d’une réunion le 2 février 2016, à Téhéran. (Crédit : AFP/Atta Kenare)

L’Iran a rejeté catégoriquement la semaine dernière la demande de reconnaitre Israël comme condition préliminaire pour des relations diplomatiques complètes.

« Les relations entre la République islamique d’Iran et l’Allemagne sont fondées sur un respect et des intérêts mutuels, et aucune condition préliminaire ne serait acceptable à cet égard », a déclaré samedi Bahram Qasemi, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, selon la chaîne de télévision publique iranienne Press TV.

« La République islamique considère que defendre les droits du peuple de Palestine est un point fixe de sa politique étrangère, et n’abandonnera jamais, en aucune circonstance, la cause palestinienne », a déclaré Qasemi.

Gabriel était l’un des premiers dirigeants occidentaux à mener une délégation à Téhéran après la levée des sanctions nucléaires cruciales en janvier. L’Allemagne cherche à retrouver son ancienne position de l’un des plus importants partenaires commerciaux de l’Iran, mais a critiqué depuis longtemps le régime pour ses positions anti-Israël virulentes, ses conférences négationnistes soutenues par le régime, et ses appels fréquents à la destruction d’Israël.

Gabriel a reconnu lundi qu’il existait « des différences entre nos pays ».

« Il y a beaucoup de sujets qui nous relient, et certains sujets nous séparent. En politique étrangère, nous avons différentes opinions, en particulier en ce qui concerne le difficile conflit en Syrie. Nous devrons parler de cela en nous respectant les uns les autres », a-t-il déclaré.

Il a ajouté que l’Allemagne soutenait le désir de l’Iran de rejoindre l’Organisation mondiale du commerce.

Les échanges entre les deux pays, qui étaient de 2,4 milliards d’euros l’année dernière, se sont accrus de 15 % pendant le premier semestre 2016.

Des agences ont contribué à cet article.

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