Des élus bavarois boycottent la commémoration de la libération d’Auschwitz
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Des élus bavarois boycottent la commémoration de la libération d’Auschwitz

Des députés d'extrême droite de l'AfD ont quitté le Parlement bavarois le 23 janvier dernier lorsqu'une survivante de la Shoah les a accusés de racisme

Les partisans de l'AfD allemande brandissent des drapeaux devant la porte de Brandenburg à Berlin, en Allemagne, le 27 mai 2018 (Crédit : AP Photo/Michael Sohn)
Les partisans de l'AfD allemande brandissent des drapeaux devant la porte de Brandenburg à Berlin, en Allemagne, le 27 mai 2018 (Crédit : AP Photo/Michael Sohn)

Le 23 janvier dernier, au Parlement régional de Bavière, les députés du parti AfD (extrême-droite) ont quitté l’hémicycle lors de la commémoration de la libération du camp d’Auschwitz, rapporte inquiet le quotidien Sueddeutsche, cité par Courrier international.

« Les députés de l’AfD, qui viennent de faire leur entrée au Parlement de Bavière [au terme des législatives d’octobre 2018], ont quitté l’hémicycle lorsque Charlotte Knobloch, la présidente de la communauté juive [de Munich], a dénoncé le racisme du parti, rapporte le Sueddeutsche. Qui peut, sinon cette femme, qui doit, si ce n’est elle, le dénoncer ? Qui d’autre, plus que cette survivante de la Shoah, se doit de faire entendre ces critiques aux députés de l’AfD, qui se réclament de la démocratie et de ses fondements ? » se demande le journaliste Heribert Prantl.

Avec environ 6 millions de votes, le parti populiste d’extrême-droite de l’Alternative pour l’Allemagne, ou AfD, avait terminé à la troisième place des élections nationales allemandes en octobre 2017, s’assurant 84 sièges au Parlement national, le Bundestag, aujourd’hui constitué de 709 sièges au total.

Surfant sur la vague de ressentiment populaire à l’égard du renflouement par l’Allemagne d’états-membres de l’Union européenne en faillite, le parti vit le jour au mois d’avril 2013. L’AfD s’est depuis développé sur des rhétoriques anti-immigration, anti-musulmane et euro-sceptique.

Alexander Gauland, co-dirigeant du parti d’extrême droite « Alternative for Germany » (AfD), pose avant un entretien avec des journalistes de l’AFP, le 23 novembre 2017 à Potsdam. (Crédit : AFP / John MACDOUGALL)

Le parti dispose d’une faction modérée et d’une autre d’extrême-droite. A la tête de cette dernière, Alexander Gauland, avocat de 76 ans et journaliste qui a quitté le parti des Démocrates chrétiens conservateurs après 40 années d’adhésion pour co-fonder l’AfD. Son homologue « modéré » est Alice Weidel, une économiste de 38 ans.

Gauland a récemment déclaré que les Allemands « ne doivent plus continuer à endosser la responsabilité de ces 12 années [de régime nazi]. Elles n’affectent plus dorénavant notre identité. Et nous n’avons pas peur de le dire ».

Les Allemands, a-t-il ajouté, « ont le droit d’être fiers des résultats accomplis par les soldats allemands lors des deux guerres mondiales ».

Selon le journaliste Prantl, « la vague néonazie est sortie des réseaux sociaux, elle se répand jusque dans les commissariats. Elle fait pression dans les écoles, les théâtres, les associations, notamment dans les nouveaux Länder [l’ex-RDA] ».

« Les institutions qui luttent contre l’extrême droite doivent désormais se justifier face à l’extrême droite », décrit le journaliste. « C’est ce qui arrive au grand Institut Goethe comme aux petites associations qui œuvrent pour la démocratie. Les gens qui veillent sur les victimes de la violence d’extrême droite sont menacés. Les gouvernements chrétiens-démocrates (CDU) de l’Est commencent à supprimer les subventions attribuées à ces projets. Serait-ce en prévision de futures coalitions avec l’AfD ? »

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