Des employés d’Ability, soupçonnés de fraude et blanchiment d’argent, arrêtés
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Des employés d’Ability, soupçonnés de fraude et blanchiment d’argent, arrêtés

En mars, le ministère de la Défense a suspendu les licences de deux sous-traitants d'une firme israélienne de sécurité

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Photo d'une antenne satellite (Nati Shohat/Flash90)
Photo d'une antenne satellite (Nati Shohat/Flash90)

Dimanche, la police a arrêté un certain nombre d’officiels de deux sous-traitants en lien avec la défense sur des soupçons de fraude, contrebande et blanchiment d’argent, après une longue enquête menée sur les deux entreprises, a déclaré la police.

En mars, le ministère de la Défense a suspendu les licences de deux sous-traitants d’une entreprise israélienne dans la technologie de sécurité – Ability Computer and Software Industries et Ability Security Systems – après des suspicions selon lesquelles ils auraient illégalement mis sur le marché et exporté des systèmes d’écoute et de localisation.

Après une longue enquête menée par le ministre de la Défense et son Département de surveillance des exportations, en lien avec la police israélienne, le fisc, la douane et des procureurs israéliens, une série d’arrestations ont été menées. On a également procédé à des fouilles, a déclaré la police dans un communiqué.

Les entreprises en question sont suspectées de « fraude, contrebande et blanchiment d’importantes sommes d’argent » par le biais de leurs activités, selon un communiqué.

Les autres éléments et détails de l’enquête ont été mis sous embargo sur décision du tribunal.

Ability Security Systems and Ability Computer et Software Industries produisent une variété de systèmes de collecte de renseignements sur mesure pour des agences gouvernementales, la police et l’armée, a déclaré l’entreprise.

Ability, qui a été fondée en 1994, se spécialise dans l’interception de transmissions cellulaires et satellites.

Les exportations israéliennes de matériel de Défense sont encadrées par une loi de 2007 qui impose aux sous-traitants de la Défense de contrôler où et dans quel but les armes israéliennes seront utilisées. La loi vise à empêcher les entreprises à vendre sciemment des armes à des pays qui ont l’intention de les utiliser pour commettre des atrocités.

Alors que les sous-traitants sont légalement tenus de prendre en compte d’éventuelles violations de droits de l’homme, ces règles peuvent être contournées pour des motifs sécuritaires ou diplomatiques.

Actuellement, la loi israélienne interdit seulement la vente d’armes aux pays qui sont officiellement sous embargo du Conseil de sécurité des Nations unies. Pourtant, de tels embargos sont rarement imposés, généralement à cause des vétos de la Chine et de la Russie.

Israël a été accusé de vendre des armes et des services militaires à des pays bafouant les droits de l’Homme dans le monde entier pendant des décennies, y compris l’Afrique du sud sous apartheid, le Rwanda lors du génocide de 1994 et ces dernières années au Soudan, malgré un embargo presque universel.

Le logo de l’entreprise israélienne NSO Group sur un bâtiment où se trouvaient les bureaux de l’entreprise jusqu’à 2016 à Herzliya. (Crédit : AP Photo/Daniella Cheslow)

L’entreprise israélienne NSO est actuellement visée par des poursuites judiciaires pour avoir vendu des logiciels espions à des gouvernements aux comportements suspects en ce qui concerne le respect de droits de l’Homme. La Douzième chaîne d’information a annoncé le mois dernier que NSO avait fait appel à l’entreprise privée d’enquête Black Cube pour mener une enquête sur les personnes impliquées dans l’affaire. Le Groupe NSO a démenti ses allégations.

La semaine dernière, NSO a affirmé vouloir adopter une « nouvelle politique en matière de droits de l’Homme » pour s’assurer que son logiciel n’est pas utilisé à mauvais escient.

Israël a récemment été accusé d’avoir fourni à Myanmar des « armes avancées » lors de la campagne de nettoyage ethnique qui a eu lieu dans le pays contre les Musulmans Rohingya. L’année dernière, le ministère des Affaires étrangères a reconnu qu’Israël avait vendu des armes à Myanmar dans le passé, précisant que tous les contrats avaient été gelés début 2017.

En 2018, le président controversé des Philippines Rodrigo Duterte a déclaré au président Reuven Rivlin que son pays achèterait uniquement des armes à Israël du fait de l’absence de législation très stricte. Dans le passé, il a dit qu’il voyait Israël comme un fournisseur alternatif d’armes après que les Etats-Unis et d’autres pays ont refusé de lui vendre des armes à cause de ses multiples violations des droits de l’Homme.

Les réchauffements récents des liens entre Israël et le Chad auraient été possibles en échange de la vente d’armes par Jérusalem au pays africain, que des critiques accusent de bafouer les droits de l’Homme.

Le nouveau drone kamikaze Mini-Harpy d’Israel Aerospace Industries, dévoilé lors du salon Aero India à Bangalore, en Inde, au mois de février 2019 (Crédit : Israel Aerospace Industries)

Israël a également été critiqué pour sa coopération avec l’Azerbaïdjan, un autre pays accusé de bafouer les droits de l’Homme, même s’il s’agit d’un des seuls pays à majorité musulman avec lequel l’Etat juif entretient ouvertement de bonnes relations.

L’Azerbaïdjan est perçu comme un allié important puisqu’il partage une frontière avec l’ennemi d’Israël, l’Iran. L’année dernière, le président du pays, Ilham Aliyev, a révélé que l’Azerbaïdjan avait acheté pour 5 milliards de dollars d’armes et de systèmes de défense à Israël.

En février, de hauts responsables du fabricant israélien de drones Aeronautics Defense Systems Ltd. ont été suspendus sur des suspicions que l’entreprise a testé l’un de ses « drones suicides » contre l’armée arménienne au nom de l’Azerbaïdjan en 2017

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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