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Des enfants émaciés dans les hôpitaux de Gaza, alors que la faim s’étend – média

Les pénuries alimentaires contribuent à aggraver la catastrophe humanitaire ; le New York Times présente un garçon de 10 ans émacié comme le "visage de la famine à Gaza"

Des fillettes palestiniennes transportant des bidons d'eau dans une rue de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 3 mars 2024. (Crédit : AFP)
Des fillettes palestiniennes transportant des bidons d'eau dans une rue de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 3 mars 2024. (Crédit : AFP)

Deux bambins palestiniens aux yeux enfoncés et aux visages émaciés, l’un vêtu d’un gilet jaune et l’autre d’un tee-shirt rayé, étaient allongés côte à côte sur un lit dans un dispensaire de Gaza, leurs jambes maigres et osseuses dépassant de couches qui semblaient trop grandes pour eux.

Telle était la scène lundi au centre de santé al-Awda à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, où l’infirmière Diaa Al-Shaer a déclaré que les enfants souffrant de malnutrition et de différentes maladies arrivaient en nombre sans précédent.

« Nous allons devoir faire face à un grand nombre de patients souffrant de malnutrition », a-t-elle déclaré.

L’enfant en gilet jaune, Ahmed Qannan, pesait 6 kg, soit la moitié de son poids d’avant-guerre, selon sa tante, Israa Kalakh, qui était à ses côtés.

« Sa situation s’aggrave de jour en jour. Que Dieu nous protège de ce qui va arriver », a-t-elle déploré à Reuters.

Près de cinq mois après le début de l’opération israélienne dans la bande de Gaza, qui vise à anéantir le groupe terroriste palestinien du Hamas après son assaut barbare du 7 octobre, de graves pénuries alimentaires ont entraîné ce que les Nations unies qualifient de crise nutritionnelle, qui s’inscrit dans le cadre d’une catastrophe humanitaire plus vaste.

Des enfants posant pour une photo à un stand de pain plat, à Deir al-Balah, dans le centre de Gaza, le 3 mars 2024. (Crédit : AFP)

Le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, a déclaré le 3 mars que 15 enfants seraient morts de malnutrition ou de déshydratation à l’hôpital Kamal Adwan de Beit Lahiya, dans le nord de la bande de Gaza, la partie de l’enclave où le manque de nourriture est le plus criant. Ce chiffre n’a pas pu être vérifié de manière indépendante.

« On peut malheureusement s’attendre à ce que les chiffres non officiels soient plus élevés », a déclaré Christian Lindmeier, porte-parole de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

L’aggravation de la crise alimentaire a intensifié les critiques à l’égard d’Israël sur la scène internationale, notamment de la part de la vice-présidente des États-Unis, Kamala Harris. Elle a déclaré dimanche que les habitants de Gaza mouraient de faim, appelant Israël à faire davantage pour augmenter de manière significative le flux d’aide.

Reuters a obtenu une vidéo filmée samedi à Kamal Adwan, montrant une femme, Anwar Abdulnabi, pleurant sur le corps de sa fille Mila, une enfant en bas âge, qui venait de mourir dans son lit.

« Ma fille, ma belle fille, ma douce fille est décédée », s’est écriée Anwar Abdulnabi. Elle a ensuite ajouté, tout en pleurant, que Mila souffrait de carences en calcium et en potassium, mais n’a pas précisé les causes de la mort de l’enfant.

Le docteur Ahmad Salem, qui travaille dans l’unité de soins intensifs de l’hôpital, a déclaré que l’un des facteurs expliquant le nombre élevé de décès d’enfants était que les nouvelles mères souffraient elles-mêmes de malnutrition.

« Les mères ne peuvent pas allaiter leurs enfants. Nous n’avons pas de lait maternel. Cela a entraîné la mort d’enfants dans l’unité de soins intensifs. Il y a également de nombreux décès à la pouponnière », a-t-il déclaré.

Impuissance et désespoir

Les livraisons d’aide alimentaire à l’ensemble de la bande de Gaza sont loin de répondre aux besoins, et le problème est encore plus grave dans le nord, car les seuls points de passage qu’Israël autorise aux camions se trouvent dans le sud. Certains camions d’aide ont été saisis par des foules désespérées avant qu’ils n’atteignent le nord.

« Le sentiment d’impuissance et de désespoir des parents et des médecins lorsqu’ils réalisent qu’une aide vitale, à quelques kilomètres de là, est maintenue hors de portée, doit être insupportable », a déclaré Adele Khodr, directrice régionale de l’UNICEF pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.

Dans son dernier rapport de situation, daté du 1er mars, l’Office controversé de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) a déclaré qu’une moyenne d’environ 97 camions par jour étaient entrés dans Gaza en février, contre environ 150 en janvier et bien en deçà de l’objectif de 500 camions par jour.

Les agences de l’ONU et les groupes humanitaires ont attribué ce déficit aux actions d’Israël, notamment la fermeture des points de passage terrestres vers le nord de la bande de Gaza, les opérations militaires en cours et un système complexe de contrôles israéliens des denrées destinées à la bande de Gaza aux points de passage de Kerem Shalom et de Rafah.

Des personnes se rassemblant autour d’un camion transportant de l’aide humanitaire qui a été touché par une frappe aérienne israélienne sur la principale route côtière à Deir al-Balah, dans le centre de Gaza, le 3 mars 2024. (Crédit : AFP)

Israël affirme ne pas restreindre l’aide humanitaire et médicale et a imputé le manque de livraisons à la capacité des agences humanitaires, affirmant à maintes reprises qu’il autorise le passage de plus de camions d’aide que les agences ne sont en mesure d’en livrer.

Les camions transportant de l’aide à Gaza ont été bloqués par intermittence par des manifestants israéliens qui s’opposaient à l’envoi d’aide humanitaire dans la bande de Gaza, alors que des otages étaient toujours détenus par le groupe terroriste palestinien du Hamas.

Dimanche, Israël a déclaré qu’il allait essayer de nouvelles méthodes d’acheminement de l’aide dans la partie nord de la bande de Gaza, y compris la possibilité d’entrer par les points de passage du nord ou de faire sécuriser les convois d’aide par les troupes de l’armée israélienne. Israël accuse depuis longtemps le Hamas de réquisitionner et de voler l’aide à une population civile de plus en plus désespérée.

Plus généralement, Israël accuse le Hamas d’avoir déclenché la guerre en lançant un assaut sur le sud d’Israël le 7 octobre, au cours duquel quelque 3 000 terroristes ont assassiné 1 200 personnes, pour la plupart des civils, et pris 253 autres en otage. Israël accuse également le groupe terroriste palestinien d’utiliser la population civile de Gaza comme bouclier humain.

Des enfants palestiniens transportant des bidons d’eau dans une rue de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 3 mars 2024. (Crédit : AFP)

Plus de 30 000 personnes seraient mortes à Gaza depuis le début de la guerre, selon le ministère de la Santé du Hamas. Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ils incluraient ses propres terroristes et hommes armés, tués en Israël et à Gaza, et les civils tués par les centaines de roquettes tirées par les groupes terroristes qui retombent à l’intérieur de la bande de Gaza.

Tsahal dit avoir éliminé 13 000 terroristes palestiniens dans la bande de Gaza, en plus d’un millier de terroristes qui ont pris d’assaut Israël le 7 octobre.

Au centre de santé al-Awda de Rafah, un garçon de 12 ans, Yazan Al-Kafarna, est décédé 4 mars. Filmé pour Reuters samedi, il était pâle et émacié, avec des membres squelettiques.

Le docteur Jabir Al-Shaar, chef du service pédiatrique de l’hôpital Abu Yousef al-Najar de Rafah, où le garçon a été traité jusqu’à son transfert à al-Awda, a déclaré que Yazan souffrait d’une infirmité motrice cérébrale et qu’il était tributaire d’un régime alimentaire spécial composé de fruits mixés et de lait, des produits désormais indisponibles à Gaza.

Illustration : Des Palestiniens luttant pour acheter du pain dans une boulangerie, à Rafah, dans la bande de Gaza, le 18 février 2024. (Crédit : Fatima Shbair/AP Photo)

Le médecin a attribué la mort du garçon à la malnutrition. Ce cas était déjà devenu une cause célèbre lundi, ayant été cité lors d’une réunion de l’Assemblée générale des Nations unies par l’envoyé de l’Autorité palestinienne (AP), Riyad Mansour.

Sa mère, Um Yazan al-Kafarna, a passé les derniers jours de sa vie à ses côtés.

« Il mangeait, buvait, bougeait, jouait, riait. Je jouais avec lui », a-t-elle déclaré.

Le New York Times a publié le 9 mars un article sur Yazan al-Kafarneh, 10 ans, décédé le 4 mars dans un hôpital de Rafah, le qualifiant de « visage de la famine à Gaza ».

Des photos de Yazan, qui souffrait d’une infirmité motrice cérébrale et devait suivre un régime spécial pour survivre, ont circulé sur les réseaux sociaux ces dernières semaines, alors que les Nations unies estiment que des centaines de milliers d’habitants de Gaza sont au bord de la famine.

« Les parents de Yazan avaient lutté pendant des mois pour s’occuper de leur fils, dont l’état, selon les experts, aurait signifié qu’il avait des difficultés à avaler et qu’il avait besoin d’un régime alimentaire doux et riche en nutriments », a indiqué le New York Times, qui précisait que la famille avait fui sa maison dans le nord de la bande de Gaza et s’était déplacée à plusieurs reprises pour trouver un abri depuis le début de la guerre.

« Jour après jour, je voyais mon fils s’affaiblir », a raconté Shareef Kafarneh, le père de Yazan, chauffeur de taxi, au journal.

« Ils se sont finalement retrouvés à l’hôpital al-Awda, dans la ville méridionale de Rafah, où Yazan est décédé lundi matin », selon le New York Times.

Un garçon palestinien de 10 ans, Yazan al-Kafarna, né avec une paralysie cérébrale, allongé dans un hôpital de Rafah, le 3 mars 2024. (Crédit : Hatem Ali/AP Photo)

Le docteur Jabr al-Shaer, un pédiatre qui l’a soigné, a évoqué la malnutrition et une infection respiratoire, et expliqué que le manque de nourriture avait affaibli son fragile système immunitaire.

« Il arrive souvent qu’un enfant soit extrêmement mal nourri, qu’il tombe malade et que le virus soit finalement à l’origine du décès », aurait déclaré un expert en malnutrition selon l’article. « Mais ils ne seraient pas morts s’ils n’avaient pas souffert de malnutrition. »

L’article en date du 9 mars cite également des responsables de la Santé dans la bande de Gaza dirigée par le Hamas, qui affirment que vingt enfants palestiniens seraient morts de malnutrition et de déshydratation depuis le début de la guerre, le 7 octobre, déclenchée par l’assaut du Hamas sur le sud d’Israël.

En janvier, le colonel Moshe Tetro, chef de l’administration du COGAT (Coordinateur des activités gouvernementales dans les Territoires palestiniens) à Gaza, a déclaré que, contrairement aux rapports de l’ONU qui font état d’une famine généralisée, « il n’y a pas de pénurie alimentaire à Gaza ».

Israël, qui contrôle tous les camions d’aide humanitaire entrant à Gaza par les points de passage de Kerem Shalom et de Rafah, a reproché à l’ONU de ne pas livrer les fournitures assez rapidement après leur dédouanement, ce qui a entraîné une baisse générale des livraisons au cours du mois dernier.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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