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Des F-15 israéliens escortent une fois encore des bombardiers US dans la région

Les avions de chasse israéliens ont accompagné ces B-1 américains venant du Golfe pour la deuxième fois en un mois dans un contexte de menaces croissantes face au nucléaire iranien

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des avions de chasse F-15 israéliens escortent des avions américains B-1B, le 11 novembre 2021. (Crédit : Tsahal)
Des avions de chasse F-15 israéliens escortent des avions américains B-1B, le 11 novembre 2021. (Crédit : Tsahal)

L’armée israélienne a annoncé jeudi que, pour la deuxième fois un mois, des avions de chasse israéliens de type F-15 avaient escorté des bombardiers B-1 américains dans la région – ce qui ressemble à une menace tacite en direction de l’Iran.

Selon Tsahal, les appareils israéliens ont accompagné deux bombardiers lourds B-1B et un KC-10 américains – le KC-10 est un avion de réapprovisionnement en carburant – dans l’espace aérien de l’État juif alors qu’ils se dirigeaient vers l’Ouest, depuis le Golfe persique.

« Ce vol conjoint démontre notre coopération continue qui est cruciale pour la sécurité d’Israël et pour celle du Moyen-Orient », a déclaré l’armée dans un communiqué.

Les militaires ont partagé des photographies de ce vol, montrant les bombardiers américains – qui sont capables de transporter des missiles anti-bunker lourds qui seraient nécessaires pour effectuer des frappes sur les structures nucléaires iraniennes, largement souterraines – aux côtés des F-15 israéliens.

Ces missions surviennent alors que les menaces proférées par les responsables israéliens et américains à l’encontre du programme nucléaire iranien sont croissantes avant la reprise de négociations indirectes avec l’Iran. Ces pourparlers ont pour objectif de redonner vie à l’accord sur le nucléaire signé en 2015 entre la République islamique et les grandes puissances mondiales – un accord connu sous le nom de JCPOA (Joint Comprehensive Plan of Action) – aujourd’hui moribond.

Jeudi également, les navires israéliens, américains, émiratis et bahreïnis ont annoncé avoir lancé un exercice conjoint en mer Rouge – une autre menace apparente à l’encontre de l’Iran, leur ennemi commun.

Cet exercice survient un peu plus d’un an après la normalisation des liens entre l’État juif avec, d’une part, les Émirats arabes unis et, de l’autre, le Bahreïn – une initiative qui avait été considérée comme découlant en grande partie des inquiétudes partagées par les pays face à Téhéran et aux ambitions régionales des Ayatollahs. Si Israël a mené des exercices avec les EAU par le passé, celui-ci représente le tout premier exemple public de coopération militaire entre l’État juif et Bahreïn.

Il est une réponse directe à la présence de la marine iranienne dans les eaux du Moyen-Orient et à ses agressions, a indiqué jeudi un responsable de la marine israélienne.

« Nous devons repousser la présence de l’Iran autant que possible, loin de l’État d’Israël, de la mer Rouge, de toutes ces zones où notre liberté de naviguer se trouve entravée… Et pour ce faire, nous devons resserrer nos partenariats », a commenté ce responsable devant des journalistes, s’exprimant sous couvert d’anonymat.

Depuis le mois de février, l’Iran et Israël ont été accusés de se prêter à ce que les analystes ont appelé « une guerre de l’ombre » dans laquelle les vaisseaux liés à chaque nation ont été attaqués dans les eaux du Golfe dans un contexte de représailles incessantes.

Un drone Martin de la marine américaine survole les eaux du Golfe alors que la force navale royale de Bahreïn (RBNF) Abdulrahman Al Fadhel participe à un exercice naval conjoint entre le commandement de la 5e flotte américaine et les forces du Bahreïn, le 26 octobre 2021. (Crédit : Mazen Mahdi/AFP)

Les responsables israéliens ont menacé de manière explicite l’Iran de frappes militaires en raison de son programme nucléaire. Les Américains, de leur côté, ont fait preuve de plus de circonspection, faisant référence à « d’autres options » qui pourraient être envisagées si la diplomatie devait être tenue en échec face aux ambitions atomiques de Téhéran.

Au début de l’année, le chef d’état-major de Tsahal, Aviv Kohavi, avait annoncé qu’il avait donné pour instruction aux soldats d’élaborer de nouveaux plans d’attaque pour une opération de ce type et, la semaine dernière, le gouvernement aurait alloué des milliards de shekels à la potentielle réalisation de ces plans.

Dans son discours prononcé à la tribune de l’assemblée générale des Nations unies, au mois de septembre, le Premier ministre Naftali Bennett avait déclaré que « le programme nucléaire iranien est à un tournant – et c’est aussi le cas de notre tolérance. Les mots n’empêchent pas les centrifugeuses de tourner… Nous ne permettrons pas à l’Iran d’acquérir une arme nucléaire ».

Le Times of Israel a appris que l’armée israélienne prévoyait de lancer des simulations de frappes sur des structures nucléaires iraniennes dans les prochains mois et que certains aspects du plan – qui se trouve encore au stade de projet – pourraient être prêts d’ici peu. Il faudra plus d’un an pour que le plan puisse être activé pleinement, selon certaines informations.

L’État juif a mené des frappes aériennes contre les programmes nucléaires entamés par des nations ennemies à deux reprises, bombardant un réacteur nucléaire irakien en 1981 et un réacteur syrien en 2007.

Toutefois, une attaque contre le programme atomique iranien devrait être beaucoup plus compliquée, Téhéran ayant installé ses structures nucléaires souterraines dans tout le pays, à une importante profondeur, et finançant un certain nombre de groupes mandataires puissants dans toute la région qui lanceraient probablement des attaques de représailles contre Israël si de telles frappes devaient avoir lieu.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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