Israël en guerre - Jour 529

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Des fidèles du rabbin condamné Eliezer Berland détenus pour corruption

Ces interrogatoires seraient liés à une enquête sur des conseils donnés par le rabbin à une patiente atteinte d'un cancer lesquels ont entraîné sa mort

Le rabbin Eliezer Berland se couvre de son talit (châle de prière) au tribunal de première instance de Jérusalem, alors qu'il est jugé pour agression sexuelle, le 17 novembre 2016. (Yonatan Sindel/ Flash90)
Le rabbin Eliezer Berland se couvre de son talit (châle de prière) au tribunal de première instance de Jérusalem, alors qu'il est jugé pour agression sexuelle, le 17 novembre 2016. (Yonatan Sindel/ Flash90)

Six fidèles du rabbin hassidique condamné pour abus sexuels Eliezer Berland ont été placés en garde à vue dimanche soir pour des soupçons de fraude et blanchiment d’argent.

La police a mené une série de perquisitions et fouillé les maisons de suspects, saisi des documents et interrogé les hommes, selon les médias.

Aucun détail sur les soupçons pesant sur ces six personnes n’a été communiqué, mais ils seraient liés à une enquête ouverte sur Eliezer Berland à la suite d’un reportage de la Treizième chaîne selon lequel il aurait dit à une patiente cancéreuse de ne pas accepter de traitement médical et de lui verser de l’argent pour qu’elle puisse vivre.

Le rabbin dirige un culte de plusieurs milliers de fidèles, une branche de la mouvance hassidique Breslev, et abuse de la foi de ses adeptes en sa droiture pour leur extorquer de l’argent en échange de rites mythiques et religieux, notamment des bénédictions et des promesses de guérison.

Après la mort de sa fille à la suite d’un conseil de Berland, Nurit Ben Moshe a déposé une plainte auprès de la police le 7 novembre, son avocat soutenant que la conduite de celui-ci constituait un homicide involontaire.

Berland n’a pas été arrêté mais sa maison a été fouillée par la police, selon le site d’information BeHadrei Hadarim.

L’enquête sur la mort était supposée être axée sur l’obtention d’informations privilégiées de la part des partisans de Berland, une tâche difficile car ils forment un cercle fermé et ont tendance à être extrêmement dévoués à leur chef. Beaucoup d’entre eux ont pris des mesures violentes et menacé ceux qui parlent contre le rabbin.

Des sympathisants d’Eliezer Berland affrontent des militants lors d’une manifestation devant une conférence accueillant Berland, accusé d’agression sexuelle, à Bat Yam, en Israël, le 30 janvier 2017. (Tomer Neuberg/Flash90)

Longtemps considéré comme un chef de file sectaire par des milliers de ses partisans, Berland a fui Israël en 2013 alors qu’il était accusé d’avoir agressé sexuellement plusieurs femmes. Après s’être soustrait à son arrestation pendant trois ans et s’être enfui dans divers pays, Berland, 81 ans, a été condamné à 18 mois de prison en novembre 2016 pour deux chefs d’attentat à la pudeur et une affaire d’agression, dans le cadre d’une négociation de peine qui prévoyait sept mois de détention. Il a été libéré cinq mois plus tard, en partie à cause de problèmes de santé.

Depuis, il a repris ses activités en tant que chef de la communauté Shuvu Bonim, une ramification de la communauté hassidique Breslev, qui a été unanimement désavouée par la dynastie Breslev.

Malgré les critiques visant Berland, de nombreux adeptes lui restent fidèles. L’un d’eux l’a décrit à Haaretz comme une « incarnation de Dieu dans un être humain », mais celui-ci reste assez marginalisé dans la société haredi.

A sa libération de prison, il a reçu la visite du vice-ministre de la Santé Yaakov Litzman. Au début de l’année, des enregistrements ont refait surface, laissant entendre le leader de la formation Agoudat Israël, Yaakov Litzman, et Meir Porush, du même parti, s’entretenir avec un conseiller de Berland au sujet de ce qui semble être un accord politique en amont des élections municipales de Jérusalem.

En janvier, la Douzième chaîne a rapporté que Berland avait assuré à ses fidèles qu’il pouvait ressusciter les personnes en état de mort cérébrale, si leur famille récoltait 20 000 shekels.

Également en janvier, dans un enregistrement obtenu par le Times of Israel, ponctué de gloussements moqueurs de ses fidèles, Berland se vantait d’avoir exploité une femme qui avait fait des dons de dizaines de milliers de dollars.

En mars, sa femme, son fils et son petit-fils ont été poursuivis pour détournement de fonds.

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