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Des hommes armés du Hamas dans les rues de Gaza

Des responsables gazaouis remercient Trump pour l'accord et l'invitent à venir à Gaza ; Jérusalem s'apprête à accueillir les otages vivants et morts, que le Hamas pourrait libérer avant la limite fixée à lundi

Des agents appartenant à l'appareil de sécurité interne du Hamas, chargés de maintenir l'ordre dans la bande de Gaza, vus dans les rues de Gaza après l'annonce d'un accord de cessez-le-feu et de libération d'otages, le 10 octobre 2025. (Crédit : Capture d'écran : Telegram, utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur le droit d'auteur)
Des agents appartenant à l'appareil de sécurité interne du Hamas, chargés de maintenir l'ordre dans la bande de Gaza, vus dans les rues de Gaza après l'annonce d'un accord de cessez-le-feu et de libération d'otages, le 10 octobre 2025. (Crédit : Capture d'écran : Telegram, utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur le droit d'auteur)

Des agents de l’appareil de sécurité interne du Hamas, chargés du maintien de l’ordre dans la bande de Gaza, ont fait leur première apparition publique tout juste quelques heures après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu à Gaza, ainsi que le montrent des images diffusées vendredi par les médias affiliés au Hamas.

Seuls quelques hommes armés étaient visibles sur ces images. On ignore si d’autres que ceux qui ont été photographiés se trouvaient également sur place.

Cette publication sur le déploiement des agents semble viser à démontrer que le Hamas est toujours la force dominante dans certaines parties de Gaza, et ce même si, après deux ans de guerre, il est sévèrement affaibli.

Cette apparition en public des agents de la sécurité intérieure est, selon certaines informations, la première depuis la conclusion du précédent accord de cessez-le-feu, au mois de janvier.

Si le Hamas a accepté de relâcher les 48 otages restants au début de la semaine prochaine, il a néanmoins rejeté les éléments suivants du plan américain visant à mettre un terme à la guerre, des points qui ont été reportés à des négociations ultérieures, une fois l’échange d’otages et de prisonniers achevé.

Ces points incluent notamment le désarmement du groupe terroriste, ainsi que son éviction de toute participation à la gestion de Gaza après la guerre. Le Hamas a insisté pour conserver au moins une partie de son arsenal tant que le conflit avec Israël se poursuivra.

Le Hamas a accepté de céder le contrôle de la gouvernance de Gaza à un comité indépendant composé de technocrates palestiniens, mais insiste toutefois pour continuer à prendre part au dialogue politique national palestinien.

Cette mise en scène publique, vendredi, des vestiges des forces armées du Hamas illustre la raison pour laquelle certains partenaires d’extrême droite de la coalition du Premier ministre Benjamin Netanyahu s’opposent à l’accord signé jeudi pour mettre un terme à la guerre à Gaza. Les deux partis d’extrême droite souhaitent en outre réinstaller des Juifs dans la bande de Gaza.

Les éléments du plan  restant à examiner et convenir prévoient le désarmement du Hamas et la démilitarisation de la bande de Gaza. Netanyahu a affirmé qu’Israël reprendrait les combats si ces points n’étaient pas mis en œuvre.

Par ailleurs, après son premier retrait, vendredi dernier, Israël conserve le contrôle de plus de 50 % du territoire de l’enclave. L’armée israélienne conservera ses positions après la libération des otages la semaine prochaine. Les retraits ultérieurs seront conditionnés au désarmement du Hamas et à la mise en place d’une mission internationale de stabilisation, des opérations qui pourraient prendre des mois.

Des responsables gazaouis remercient Trump et l’invitent à visiter Gaza

Cette exposition renouvelée des forces de sécurité du Hamas s’est accompagnée d’une rare manifestation publique de gratitude de la part des dirigeants civils de Gaza.

Un groupe de responsables gazaouis, sous la direction d’Ayed Abu Ramadan, le président de la Chambre de commerce de Gaza, a adressé aujourd’hui une lettre au président américain Donald Trump dans laquelle il le remercie d’avoir mis un terme à la guerre dans l’enclave côtière et l’invite à venir visiter la bande.

« Nous souhaitons vous faire part de notre sincère gratitude pour vos initiatives et votre engagement sans faille à mettre fin à la guerre à Gaza… Grâce à vos efforts, nous avons retrouvé ce qui, pour nous, est le plus essentiel : l’espoir », peut-on lire dans cette lettre obtenue par le Times of Israel.

Ayed Abu Ramadan, président de la Chambre de commerce de Gaza. (crédit : Autorisation)

Parmi les signataires de cette missive figuraient Yahya al-Sarraj, maire de Gaza-City, l’économiste Soufian Odeh, ainsi que d’autres personnalités du monde des affaires et de l’université.

Les responsables ont appelé à la reconstruction de la bande de Gaza ainsi qu’à la création d’un État palestinien indépendant, conformément aux résolutions de l’ONU.

Yahya al-Sarraj, maire de la ville de Gaza et l’un des signataires de la lettre adressée à Trump. (Capture d’écran : Facebook)

Dans ce courrier, les responsables ont en outre invité Trump à se rendre dans la bande de Gaza, précisant : « Nous serions extrêmement honorés de vous accueillir à Gaza, afin que vous puissiez constater par vous-même la résilience de notre peuple, ainsi que le renouveau que votre leadership a contribué à rendre possible. »

Israël se prépare à la libération des otages

Pendant ce temps, en Israël, les autorités se préparent à la libération des 48 otages restants, prévue au début de la semaine prochaine.

Conformément à l’accord de cessez-le-feu, le Hamas libérera tous les otages restants, vivants et morts, d’ici lundi. En échange, 250 prisonniers palestiniens détenus pour des raisons de sécurité et 1 700 détenus gazaouis seront relâchés.

Selon les médias israéliens, le Hamas pourrait libérer les otages plus tôt que prévu. Certains affirment que la libération pourrait avoir lieu dimanche plutôt que lundi.

Le président américain Donald Trump a d’abord annoncé aux familles des otages que tous les captifs seraient libérés lundi, avant de revenir sur ces propos et de faire savoir aux journalistes que cela pourrait ne pas se produire avant mardi.

« Cela peut arriver d’un jour à l’autre, à compter de maintenant », a estimé vendredi un haut responsable israélien, précisant toutefois que rien ne confirmait que le Hamas libérerait les otages avant lundi.

Une chambre de la base de l’armée israélienne à Reïm, préparée pour le retour des otages détenus par le Hamas, sur une photo diffusée le 10 octobre 2025. (Crédit : Armée israélienne)

Si Israël a demandé que tous les otages soient relâchés en une seule fois, il se prépare toutefois à la possibilité que la libération se déroule en plusieurs étapes.

Mais, si le Hamas ne libère pas tous les otages avant lundi midi, alors Israël considérera cela comme une violation de l’accord de cessez-le-feu, et ripostera en conséquence.

Le Hamas a informé les médiateurs du fait qu’il pourrait ne pas être pas en mesure de récupérer tous les corps des otages, certains des hommes armés qui savaient où ils étaient enterrés ayant été tués durant les combats. Israël s’est dit conscient de ce point.

L’accord, signé jeudi, prévoit la mise en place d’une force de travail multinationale qui sera chargée d’aider à localiser les restes de tous les otages. Si le texte semble reconnaître que ce processus pourrait prendre un certain temps, on ignore toutefois comment Israël pourrait réagir si certains corps ne sont pas restitués d’ici lundi, ou si les médiateurs considèreront que Jérusalem devra mettre en œuvre les phases suivantes de l’accord dans ce cas.

Le cabinet du Premier ministre a rapporté que Gal Hirsch, responsable gouvernemental chargé des otages, a rencontré vendredi Julien Lerisson, directeur de la Croix-Rouge en Israël, afin de coordonner l’accueil et la prise en charge des otages à leur retour.

L’armée israélienne a pour sa part agrandi sa base de Reïm afin de pouvoir y procéder aux premiers examens médicaux et psychologiques, et d’y organiser les retrouvailles des otages libérés et de leurs proches. Ceux qui ont besoin de soins médicaux urgents seront transportés par avion directement vers des hôpitaux comme celui de Soroka, à Beer Sheva.

Gal Hirsch, responsable des questions relatives aux otages auprès du Premier ministre Benjamin Netanyahu, assistant à une réunion de la commission de Sécurité nationale de la Knesset, le 28 septembre 2025. (Crédit : Noam Moskowitz, bureau du porte-parole de la Knesset)

Les dépouilles des otages assassinés devraient être réceptionnées par les soldats à Gaza. Une petite cérémonie, présidée par un rabbin militaire, sera alors organisée en leur honneur. Ils seront ensuite transportés afin d’être identifiés par des experts médico-légaux.

Les précédents accords de libération d’otages s’étaient déroulés selon des procédures similaires. Mais l’échange de la semaine prochaine reste le plus important à ce jour, et requiert à ce titre une planification plus approfondie.

Les agences humanitaires mettent en garde contre un possible relâchement après le cessez-le-feu

Après l’annonce du cessez-le-feu, les organisations internationales ont poursuivi leurs campagnes visant à mettre en avant la crise humanitaire à Gaza.

Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) a appelé à l’ouverture de tous les points de passage pour l’aide alimentaire dans l’enclave côtière, soulignant que les enfants sont particulièrement vulnérables après de longues périodes sans une alimentation adéquate.

« Nous risquons d’assister à une augmentation massive de la mortalité infantile. Chez les nouveau-nés et chez les nourrissons, dont le système immunitaire est plus fragilisé que jamais », a alerté Ricardo Pires, porte-parole de l’UNICEF.

Des personnes marchent avec des sacs d’aide humanitaire qu’elles ont reçus dans un centre de distribution géré par la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), soutenue par les États-Unis et Israël, alors qu’elles traversent le corridor de Netzarim dans le centre de la bande de Gaza, le 22 août 2025. (Crédit : Eyad BABA / AFP)

C’est parce que les enfants, « depuis bien trop longtemps, n’ont pas été nourris correctement et, depuis peu, ne mangent plus du tout » que leur immunité est faible, a-t-il ajouté.

Huda Abu Najah, une fillette palestinienne de 12 ans, originaire de Gaza, est morte cette semaine des suites de la famine, a confirmé vendredi son médecin au journal Haaretz.

Son décès est survenu après des mois de lobbying infructueux de la part d’organisations internationales, qui souhaitaient obtenir son évacuation de la bande de Gaza, a déclaré Haaretz.

Abu Najah avait déjà été cité dans un article du journal Haaretz en date du 21 août, qui recensait plusieurs cas de malnutrition infantile constatés dans plusieurs hôpitaux et cliniques de la bande de Gaza.

Le Dr Ahmed Al-Farra, directeur du service pédiatrique de l’hôpital Nasser de Khan Younès, a transmis ce matin la nouvelle de son décès au journal  Haaretz.

Selon l’article, c’est une « simple infection » qui a emporté Abu Najah, une infection que le système immunitaire de la fillette, affaibli par des mois de malnutrition, n’a pas pu combattre.

Par ailleurs, la défense civile de Gaza, administrée par le Hamas, a annoncé avoir retrouvé aujourd’hui au moins 55 corps dans les décombres, et les avoir transportés dans des hôpitaux répartis dans tout le territoire, après qu’Israël a déclaré un cessez-le-feu et commencé à retirer ses soldats.

Mohammed al-Mughayyir, responsable des secours, n’a donné aucune information concernant le moment et les circonstances dans lesquelles ces personnes ont trouvé la mort.

Mohammed Abu Salmiya,  le directeur de l’hôpital Al-Shifa, a indiqué à l’AFP que 33 des corps avaient été transportés dans des hôpitaux de Gaza-City. La ville a par ailleurs été le théâtre d’une offensive israélienne acharnée avant le cessez-le-feu de vendredi.

L’une des victimes, a-t-il ajouté, a été « prise pour cible aujourd’hui par des tirs israéliens, près de la zone de Baraka, à Sheikh Radwan, au nord de Gaza-City ».

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