Des Israéliens collectent des fonds pour un Palestinien paralysé par l’armée
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Des Israéliens collectent des fonds pour un Palestinien paralysé par l’armée

Les activistes souhaitent couvrir les 90 000 shekels mensuels que coûte le traitement de Haroun Abu Aram, après qu'il a été blessé en janvier par un tir de troupes israéliennes

Des Palestiniens opposés à des soldats israéliens à l'extérieur d'al-Tuwani en Cisjordanie, le 1er janvier 2021. (Capture d'écran)
Des Palestiniens opposés à des soldats israéliens à l'extérieur d'al-Tuwani en Cisjordanie, le 1er janvier 2021. (Capture d'écran)

Des militants israéliens s’efforcent de collecter des fonds pour payer le traitement d’un Palestinien de Cisjordanie qui est resté paralysé après avoir reçu une balle dans le cou au début de l’année par un soldat lors d’affrontements.

Depuis qu’il a été touché en janvier, Haroun Abu Aram, 24 ans, est paralysé à partir du cou et a du mal à respirer.

Après qu’Abu Aram a été hospitalisé pendant des mois à Hébron, un groupe d’Israéliens a collecté des dizaines de milliers de shekels pour le faire transférer dans un centre de réhabilitation à Tel Aviv où il suit une thérapie pour améliorer sa respiration, selon une publication Facebook d’Eran Tzidkiyahu, l’un des organisateurs de la collecte de fonds.

Le coût du traitement à l’hôpital s’élève à quelque 90 000 shekels par mois, a écrit Tzidkiyahu la semaine dernière.

« Cette injustice a été causée par mon pays, les impôts que je paie ont financé la balle qui a tranché le cou d’Haroun. Il ne bougera pas un doigt pour le reste de sa vie, mais peut-être pouvons-nous l’aider à respirer de manière indépendante et acheter un fauteuil roulant adapté », a écrit Tzidkiyahu.

« Peut-être que notre contribution permettra de le maintenir en vie un mois de plus jusqu’à ce que l’État se réveille et prenne la responsabilité du traitement. »

Tzidkiyahu a déclaré que ni Israël ni l’Autorité palestinienne ne financeront le traitement dont bénéficie Abu Aram.

« La famille appauvrie ne peut certainement pas financer les traitements nécessaires », a déclaré Tzidkiyahu.

Il a joint une photo d’Abu Aram à l’hôpital israélien lors d’une visite de sa mère, ainsi que les coordonnées bancaires pour la collecte de fonds.

בואו נעזור לבנאדם לנשוםבטח כבר שכחתם מהארון אבו עראם, הבחור הצעיר שחייל ירה לו בצוואר מטווח קצר בזמן שבאו לקחת לו את…

Posted by Eran Tzidkiyahu on Thursday, June 24, 2021

Une enquête initiale sur la fusillade du 1er janvier a révélé que la balle ne visait pas le cou d’Abu Aram, mais qu’elle avait été tirée involontairement après qu’un autre Palestinien a saisi l’arme du soldat, selon un rapport de l’armée établi quelques jours après l’incident.

Le récit de l’incident fait par l’armée contredit celui des témoins palestiniens, qui ont affirmé que le soldat avait tiré délibérément sur Abu Aram. Des témoins oculaires palestiniens ont confirmé au Times of Israël, au début de l’année, qu’ils n’avaient pas été contactés dans le cadre de l’enquête initiale de l’armée.

Des témoins palestiniens ont également attesté que des soldats israéliens avaient tiré sur une voiture venue emmener le Palestinien paralysé dans une clinique locale, crevant ses pneus.

L’incident a eu lieu dans les collines du sud de Hébron alors que les troupes arrivaient pour confisquer un générateur électrique et d’autres équipements du village non reconnu d’al-Rakeez en Cisjordanie, qui auraient été utilisés pour des constructions illégales.

L’armée a déclaré que la vie des soldats impliqués était en danger lorsque la fusillade a eu lieu. Une vidéo de la scène circulant sur les réseaux sociaux montre les évènements parallèles à la fusillade fatidique, mais pas la fusillade elle-même.

L’armée a déclaré qu’une enquête initiale sur l’incident, menée par le commandement central, avait déterminé qu’une émeute avait éclaté lorsque les soldats avaient tenté de saisir les matériaux. Abu Aram, qui selon les témoins n’était pas armé, était engagé dans une lutte acharnée pour le générateur électrique avec les troupes qui cherchaient à le confisquer.

Des témoins oculaires palestiniens ont démenti cette description des événements, affirmant que le coup de feu n’avait pas été tiré au hasard, mais intentionnellement. Ils ont également contesté la description de l’événement par l’armée comme étant une « émeute ». Une vidéo de la scène montre un affrontement entre quatre Palestiniens non armés et les soldats.

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