Des milliers de Gazaouis manifestent contre la dégradation des conditions de vie
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Des milliers de Gazaouis manifestent contre la dégradation des conditions de vie

Avec des dizaines de milliers de personnes sans travail, ne recevant pas de salaire ou étant moins payées, les conditions économiques à Gaza se détériorent rapidement

Des enfants palestiniens transportent des bidons d'eau dans le camp de réfugiés d'al-Shati dans la ville de Gaza le 4 janvier 2018 (Crédit : AFP PHOTO / MOHAMMED ABED)
Des enfants palestiniens transportent des bidons d'eau dans le camp de réfugiés d'al-Shati dans la ville de Gaza le 4 janvier 2018 (Crédit : AFP PHOTO / MOHAMMED ABED)

Des milliers de Palestiniens ont manifesté jeudi soir contre la détérioration des conditions humanitaires et économiques dans la bande de Gaza, ont annoncé les médias locaux, exigeant que les dirigeants palestiniens leur fournissent des solutions.

Les manifestants qui se sont rassemblés dans le camp de réfugiés de Jabaliya ont exprimé leur colère contre l’Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas et contre le groupe terroriste islamiste, le Hamas, qui dirige Gaza, selon le journaliste local Hazem Balousha.

Ils ont dénoncé les coupures quotidiennes de courant et la montée du chômage qui affectent cette enclave déjà miséreuse.

Une vidéo de la manifestation publiée par Quds New Network révélait que les manifestants criaient : « Nous voulons l’unité », une référence au processus de réconciliation, qui selon le Hamas et le Fatah pourraient être un échec.

« Où est l’avenir », « Nous voulons de l’électricité », proclamaient deux pancartes brandies par deux des manifestants, selon des photos de l’événement publié sur les réseaux sociaux.

« Nos demandes sont la justice, la vie libre et la justice sociale », peut-on lire sur une autre pancarte tenue par d’autres manifestants.

D’autres ont brandi des banderoles avec le slogan « ouvrez les passages ». Le passage frontalier de Rafah vers l’Égypte a rarement été ouvert durant ces dernières années et les sorties du territoire en passant par Israël pour des raisons autres que des raisons médicales donnent lieu à une procédure complexe, de sorte que de nombreux habitants de Gaza sont obligés de rester dans l’enclave.

Les revendications reflètent celles qui ont été exprimées lors des récentes manifestations contre les conditions économiques qui ont balayé l’Iran ces derniers jours. Ils arrivent également à un moment où les Etats-Unis menacent de ne plus verser leur aide aux Palestiniens et à l’agence de l’ONU qui s’occupe des réfugiés palestiniens, dont beaucoup sont à Gaza.

Les résidents de Gaza ont connu des conditions économiques et des conditions de vie plus dures ces derniers mois en raison d’une série de sanctions imposées sur l’enclave côtière par Abbas.

Ces sanctions, qui visaient à contraindre le groupe terroriste du Hamas à céder le contrôle du territoire, comprenaient la coupure d’électricité de deux à six heures par jour, la réduction de dizaines de milliers de salaires de fonctionnaires et des milliers d’autres employés ont été contraints de prendre une retraite anticipée.

Les coupures d’électricité sont le résultat direct d’un conflit entre l’Autorité palestinienne et le Hamas.

L’Autorité palestinienne a toutefois annoncé mercredi qu’elle acceptait à nouveau de payer l’électricité pour Gaza, six mois après avoir stoppé ces versements pour pousser le Hamas à s’engager sur la voie de la réconciliation.

Mais cette décision n’est pas encore appliquée sur le terrain.

Les paiements d’électricité est une question clé dans les tentatives actuelles de réconciliation entre le Hamas et le Fatah d’Abbas, mais ils n’ont pas encore pris effet.

De plus, deux mois se sont écoulés depuis que 45 000 employés du Hamas ont reçu leurs derniers salaires, lorsque le Hamas a cédé le contrôle de la bande de Gaza à l’Autorité palestinienne dans le cadre de la réconciliation.

Au début du mois d’octobre, un accord négocié par l’Egypte a initialement fixé au 1er décembre la date limite pour que le groupe terroriste transfère entièrement le pouvoir dans la bande de Gaza à l’Autorité palestinienne, mais cette date a été repoussée au 10 décembre.

À Gaza, la situation est restée essentiellement inchangée malgré la date limite, la police du Hamas patrouille toujours dans les rues, alors que les pénuries d’électricité paralysantes perdurent.

Mercredi, l’Autorité palestinienne a annoncé qu’elle était prête à payer Israël pour qu’il fournisse de l’électricité à Gaza, à la même hauteur qu’avant le début des sanctions, mais la mesure n’a pas encore été mise en oeuvre.

Israël, qui fournit l’électricité à Gaza, avait réduit ses livraisons au territoire palestinien en juin 2017 en affirmant que l’Autorité palestinienne refusait de régler la facture.

Le Hamas a déclaré en décembre dernier qu’il avait cédé le contrôle de tous les ministères du gouvernement, mais le principal négociateur du Fatah a déclaré plus tard que des « obstacles » subsistaient. Un point important est l’insistance du groupe terroriste à garder son arsenal et son matériel militaire.

Depuis le début du processus de réconciliation entre les factions palestiniennes rivales — plusieurs autres ont échoué par le passé — la question du sort des Brigades Ezzedine al-Qassam, l’aile militaire du Hamas, forte de 25 000 hommes, est une question épineuse entre les parties.

Abbas veut que l’AP contrôle totalement toutes les armes et la sécurité dans la bande de Gaza, mais le Hamas refuse d’abandonner son arsenal. Le Hamas, qui cherche la destruction d’Israël, a combattu à trois reprises Israël depuis la prise du pouvoir du Fatah dans l’enclave côtière en 2007.

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