Des milliers de participants aux obsèques d’un terroriste assassiné à Gaza
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Des milliers de participants aux obsèques d’un terroriste assassiné à Gaza

Le Hamas jure de se venger : des responsables du groupe terroriste affirment que le meurtre de Mazen Foqaha “porte l'empreinte claire du Mossad”

Le corps de Mazen Foqaha, responsable du Hamas, pendant ses funérailles, est porté par les membres des brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du Hamas, à Gaza Ville, le 25 mars 2017. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)
Le corps de Mazen Foqaha, responsable du Hamas, pendant ses funérailles, est porté par les membres des brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du Hamas, à Gaza Ville, le 25 mars 2017. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

Des milliers de membres du Hamas, dont des centaines en armes, ont appelé samedi à la « vengeance » lors des funérailles à Gaza d’un cadre du mouvement terroriste, abattu la veille par des hommes armés non identifiés que le Hamas a accusé d’agir pour le compte d’Israël.

Vendredi soir, Mazen Foqaha, 38 ans, était abattu de quatre balles tirées à bout portant dans la tête près de son domicile. Aussitôt les autorités de la bande de Gaza, dirigée depuis dix ans par le Hamas, annonçaient l’ouverture d’une enquête, déployaient de nombreux hommes à travers l’enclave palestinienne et multipliaient les accusations en direction de l’Etat hébreu.

« Cet assassinat porte l’empreinte claire du Mossad », le renseignement israélien, a ainsi affirmé samedi le procureur général nommé par le Hamas, Ismaïl Jaber.

Présenté par la branche armée du Hamas comme un de ses commandants, Mazen Foqaha était, selon les médias israéliens, responsable pour le nord de la Cisjordanie des cellules des brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du Hamas.

Arrêté par Israël, il avait été condamné à la prison à vie pour sa participation à des attentats suicide au cours desquels des centaines d’Israéliens avaient été tués lors de la Seconde Intifada entre 2000 et 2005, selon la même source.

Mazen Faqha à sa libération après l'accord Shalit, en 2011. (Crédit : capture d'écran Twiter)
Mazen Faqha à sa libération après l’accord Shalit, en 2011. (Crédit : capture d’écran Twiter)

Il avait été relâché dans le cadre de l’échange de prisonniers palestiniens contre le soldat franco-israélien Gilad Shalit en 2011. Il avait ensuite été exilé à Gaza à la demande d’Israël.

Le père de Foqaha, qui vit en Cisjordanie, a déclaré à une chaîne de télévision du Hamas que les officiers du renseignement israélien avaient prévenu trois fois la famille que les activités terroristes de leur fils entraîneraient sa mort. « Ils ont dit que Mazen menait des attaques contre Israël, et qu’Israël avait le bras long », a-t-il déclaré.

Samedi, un cortège funéraire en forme de défilé militaire a été organisé pour lui de la morgue de l’hôpital Chifa à la grande mosquée al-Omari de Gaza, ont constaté des photographes de l’AFP.

Yahya Sinwar, le nouveau chef du Hamas à Gaza, pendant l'inauguration d'une mosquée à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 24 février 2017. (Crédit : Said Khatib/AFP)
Yahya Sinwar, le nouveau chef du Hamas à Gaza, pendant l’inauguration d’une mosquée à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 24 février 2017. (Crédit : Said Khatib/AFP)

Les plus hauts dirigeants du mouvement dans l’enclave palestinienne, comme l’ancien Premier ministre Ismail Haniyeh et le nouveau chef du Hamas dans la bande de Gaza Yahya Sinwar défilaient en tête.

« Si l’ennemi croit que cet assassinat va changer le rapport de force, qu’il sache que les têtes pensantes des Qassam peuvent y répondre à l’identique », a menacé Khalil al-Haya, adjoint de Sinwar.

« L’occupant [israélien] espérait écraser la résistance et asservir le peuple palestinien en assassinant le martyr Foqaha », a dénoncé Mohammed al-Hindi, cadre de l’autre grande force islamiste à Gaza, le Jihad islamique.

Un responsable du Hamas cité par la radio militaire a déclaré qu’Israël tentait « d’imposer un nouveau modèle de guerre clandestine au Hamas, puisqu’il a échoué avec le modèle de guerre ouverte. » Il a indiqué que le Hamas savait comment répondre à de telles tactiques.

Contacté par l’AFP, le porte-parole du Premier ministre Benjamin Netanyahu, dont dépend le Mossad, n’a pas souhaité commenter les accusations sur la responsabilité du service de renseignements israéliens dans l’assassinat.

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