Des officiels furieux contre les mesures « démentes » du ministère de la Santé
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Des officiels furieux contre les mesures « démentes » du ministère de la Santé

Les nouvelles réglementations visant à endiguer la propagation du coronavirus "frisent l'hystérie", s'est emporté un officiel resté anonyme selon un reportage de la Douzième chaîne

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le directeur général du ministère de la Santé, Moshe Bar Siman Tov, lors d'une conférence de presse sur le coronavirus au ministère de la Santé à Jérusalem, le 4 mars 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le directeur général du ministère de la Santé, Moshe Bar Siman Tov, lors d'une conférence de presse sur le coronavirus au ministère de la Santé à Jérusalem, le 4 mars 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Des officiels du gouvernement ont fustigé les nouvelles mesures très strictes imposées par le ministère de la Santé pour contenir le coronavirus, qui « frisent l’hystérie » et pourraient placer l’économie du pays en danger, selon un reportage télévisé diffusé mercredi soir.

Plus de 70 000 Israéliens seraient maintenant en auto-quarantaine, des étrangers de plusieurs pays européens et asiatiques ont été, ou seront, interdis d’entrée sur le territoire, et d’importants événements, comme des concerts ou des rencontres sportives ont été annulés, après la publication de nouvelles directives par le ministère de la Santé, qui ont été très largement étendues mercredi.

« De la perspective du ministère de la Santé, on pourrait tout simplement fermer les frontières d’Israël. C’est dément et inapplicable », a dénoncé une source anonyme à la Douzième chaîne, quelques heures après que le ministère a annoncé une série de nouvelles mesures, qui incluaient l’élargissement des mesures de mise en quarantaine à domicile pour les Israéliens de retour d’une bonne partie de l’Europe occidentale.

Selon le reportage télévisé, les officiels ont déclaré que le ministère de la Santé se focalisait sur les mesures à prendre pour éviter de surcharger le système de santé d’Israël, mais qu’il ne prenait pas suffisamment en compte les répercussions économiques. Les sources ont prévenu que l’État n’était pas préparé à un scénario qui verrait des dizaines de milliers d’employés absents à cause d’une mise en quarantaine à domicile.

Les nouvelles réglementations « frisent l’hystérie », a lancé, furieux, un officiel anonyme.

Tous les Israéliens revenant de France, d’Allemagne, d’Espagne, d’Autriche et de Suisse ont reçu l’instruction de se mettre en auto-quarantaine pendant une période de 14 jours après leur dernier jour dans ces pays.

La décision s’applique rétroactivement à tous ceux arrivés de ces destinations au cours des deux dernières semaines. Les citoyens étrangers en provenance de ces pays ne seront pas autorisés à entrer en Israël, à moins qu’ils ne puissent prouver qu’ils sont en mesure de se mettre en quarantaine dans un foyer pendant leur séjour.

Une autre restriction s’applique aux personnes revenues de l’étranger au cours des 14 derniers jours : interdiction de participer à des rassemblements de plus de 100 personnes.

Israël a pris des mesures de grande envergure pour prévenir une éventuelle épidémie, en interdisant dans un premier temps l’entrée aux étrangers qui se trouvaient en Chine, à Hong Kong, à Macao, en Thaïlande, à Singapour, en Corée du Sud, au Japon et en Italie dans les 14 jours précédant leur arrivée, et en obligeant tous les Israéliens ayant séjourné récemment dans ces régions à rester en quarantaine pendant deux semaines.

Dans une déclaration le mois dernier, le ministère de la Santé a exhorté les Israéliens à envisager sérieusement de s’abstenir de voyager à l’étranger. Israël a été le premier pays à exhorter ses citoyens à s’abstenir de tout voyage international en raison de l’épidémie, qui a débuté en Chine en décembre et a depuis lors infecté plus de 93 000 personnes dans le monde entier et fait plus de 3 200 victimes, presque toutes en Chine.

Le ministère de la Santé a fait l’objet de critiques pour ses mesures extrêmes, certains affirmant qu’il panique inutilement la population et nuit économiquement et diplomatiquement au pays. Les responsables du ministère ont déclaré qu’ils préféraient adopter une ligne stricte plutôt que d’avoir à le regretter plus tard.

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