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Des PDG avertissent que la réforme judiciaire entraînera la « fin » de la démocratie

Tom Nides, a rencontré des dirigeants d'entreprises israéliennes qui l'ont averti que la refonte du système judiciaire serait susceptible de nuire à l'économie israélienne

L'ambassadeur américain en Israël Thomas Nides visitant le mémorial et musée de la Shoah, Yad Vashem, à Jérusalem, le 2 décembre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
L'ambassadeur américain en Israël Thomas Nides visitant le mémorial et musée de la Shoah, Yad Vashem, à Jérusalem, le 2 décembre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

L’ambassadeur américain en Israël, Tom Nides, a rencontré jeudi plus d’une douzaine de dirigeants israéliens d’entreprise et de responsables de la high-tech, dont la plupart l’ont averti que la refonte du système judiciaire prévue par le gouvernement Netanyahu serait susceptible de nuire à l’économie israélienne, selon un reportage de la télévision israélienne.

La réunion a rassemblé 15 PDG et hauts représentants de l’industrie israélienne tels que El Al, la Banque Hapoalim, IsraCard et la société de communication Partner, ainsi que l’ancien PDG de la Banque Leumi et les fondateurs du géant de la cyber-sécurité Checkpoint et de MobilEye, la filiale de conduite autonome d’Intel basée à Jérusalem.

Selon la Douzième chaîne, certains des dirigeants ont averti que si des changements radicaux du système judiciaire menés par le ministre de la Justice, Yariv Levin, devaient être mis en œuvre, avec le soutien total du Premier ministre Benjamin Netanyahu, cela pourrait signifier « la fin » de la démocratie israélienne et nuire à sa croissance économique. Le reportage n’a pas attribué la citation à qui que ce soit.

D’autres ont exprimé leur crainte qu’une telle décision conduise les agences de crédit à dégrader la notation économique d’Israël et à faire fuir les investisseurs étrangers, comme le gouverneur de la Banque d’Israël, Amir Yaron, l’aurait souligné à Netanyahu cette semaine, alors que les critiques sur le remaniement judiciaire se multiplient de la part de personnalités du monde des affaires et d’économistes.

Deux des 15 personnalités du monde des affaires ont déclaré qu’elles ne pensaient pas que les changements radicaux du système judiciaire auraient un impact négatif sur l’économie, selon le reportage.

Le célèbre secteur israélien de la high-tech, l’un des moteurs les plus solides de la croissance économique, dépend fortement du capital-risque et d’autres investissements de sociétés et de fonds étrangers.

Israël, qui se présente comme une « start-up nation », est un centre d’innovation majeur dans les techniques de pointe et dispose d’un terreau d’entreprises très actives dans les secteurs de la cyberdéfense, de l’informatique et des systèmes de surveillance.

Le secteur des techniques de pointe est ce qu’il est en Israël « parce que notre pays est un Etat démocratique », avait déclaré à l’AFP un des 500 manifestants du rassemblement de mardi, Itzhak Manheimer, programmeur de 49 ans pour qui ce pan de l’activité « est menacé » par la réforme judiciaire.

« Pas de démocratie, pas de high-tech » pouvait-on lire sur des pancartes brandies sur l’esplanade de Sarona, près d’un des quartiers d’affaires de la ville, où une centaine d’entreprises ont appelé leurs employés à une grève d’une heure entre onze heures et midi.

Le secteur de la high-tech, qui emploie plus de 10 % de la main-d’oeuvre nationale, est au coeur de la croissance économique de ce pays, où le plein emploi est la norme depuis plusieurs années.

Les hautes technologies ont représenté 54 % des exportations du pays en 2021, selon l’Autorité israélienne de l’innovation (IIA).

Le reportage de la Douzième chaîne a indiqué que la plupart des chefs d’entreprise présents à la réunion avec Nides étaient opposés et préoccupés par la réforme prévue.

Telles qu’elles ont été présentées par Levin, les propositions de la coalition limiteraient considérablement la capacité de la Haute Cour à invalider des lois et des décisions du gouvernement, avec une clause dite « dérogatoire » permettant à la Knesset de légiférer à nouveau sur des lois annulées avec une majorité simple de 61 voix ; elles donneraient au gouvernement un contrôle total sur la sélection des juges ; elles empêcheraient la Cour d’utiliser la règle du « caractère raisonnable » pour juger les lois et les décisions du gouvernement ; et elles permettraient aux ministres de nommer leurs propres conseillers juridiques, au lieu d’obtenir des conseils de conseillers opérant sous l’égide du ministère de la Justice.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, et le ministre de la Justice, Yariv Levin, assistant à la réunion hebdomadaire du cabinet au Bureau du Premier ministre, à Jérusalem, le 15 janvier 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Selon le reportage, la réunion entre Nides et les chefs d’entreprise était prévue bien avant que les controverses sur la réforme judiciaire n’apparaissent. Mais la séance s’est concentrée sur cette question en raison des inquiétudes des participants selon lesquelles Nides n’avait, jusqu’à présent, pas pleinement saisi toute la signification de la reforme proposée ni les conséquences négatives potentielles pour l’économie israélienne. À la fin de la réunion, ces préoccupations avaient été apaisées, selon le reportage.

Le reportage n’a cité aucune source.

Mercredi, des centaines d’économistes israéliens ont publié une « lettre d’urgence » avertissant que le vaste remaniement judiciaire proposé par le gouvernement de droite radicale de Netanyahu pourrait avoir de graves répercussions sur l’économie.

« La concentration d’un vaste pouvoir politique entre les mains du groupe au pouvoir, sans freins et contrepoids solides, pourrait paralyser l’économie du pays », ont averti les signataires.

Ils ont également invoqué le risque d’une « fuite des cerveaux » et de la délocalisation hors d’Israël des centres de recherche et de développement, ainsi que le danger d’une réduction de la cote de crédit du pays.

Parmi les signataires figurent des universitaires de haut niveau de droite et de gauche, dont le professeur Daniel Kahneman, lauréat du prix Nobel, le professeur Eugene Kandel, ancien conseiller économique de Netanyahu et chef du Conseil économique national, le professeur Omer Moav, ancien conseiller du ministre des Finances, le professeur Avi Ben Bassat, ancien directeur du ministère des Finances, et le professeur Manuel Trajtenberg, qui a occupé plusieurs postes clés au sein du gouvernement.

La lettre a été envoyée un jour après que Yaron a rencontré Netanyahu pour insister sur les conséquences potentielles et relayer les avertissements formulés par des personnalités économiques de premier plan et des responsables de sociétés de notation de crédit lors de ses récentes réunions au Forum économique mondial de Davos au début du mois.

Cette rencontre a eu lieu quelques heures après que des centaines d’employés du secteur de la high-tech ont organisé une manifestation d’une heure pour protester contre les changements prévus.

Des employés d’une entreprise high-tech israélienne organisant une manifestation d’une heure à Tel Aviv pour protester contre la refonte du système judiciaire, le 24 janvier 2023. (Autorisation)

Le projet de refonte du système judiciaire a suscité chaque semaine des manifestations de masse et des pétitions publiques de la part de divers fonctionnaires, professionnels, entreprises privées et autres organismes.

Plus de 100 000 personnes ont manifesté contre le projet de remaniement à Tel Aviv samedi soir dernier, et des milliers d’autres ont participé à d’autres manifestations, notamment à Jérusalem, Haïfa et Beer Sheva.

Une autre grande manifestation est prévue à Tel Aviv samedi soir.

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