Des preuves révèleraient des travaux iraniens sur les missiles balistiques
Rechercher

Des preuves révèleraient des travaux iraniens sur les missiles balistiques

Selon le New York Times, des chercheurs ont découvert une activité et de puissants essais de moteurs de fusée dans une installation près de Shahrud

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

L'Iran a annoncé, le samedi 23 septembre 2017, avoir testé avec succès un nouveau missile, ayant une portée de 2 000 km, capable d'atteindre les bases israéliennes et américaines dans le Golfe. (Crédit : capture d'écran PressTV)
L'Iran a annoncé, le samedi 23 septembre 2017, avoir testé avec succès un nouveau missile, ayant une portée de 2 000 km, capable d'atteindre les bases israéliennes et américaines dans le Golfe. (Crédit : capture d'écran PressTV)

Des chercheurs ont identifié une activité dans une installation secrète reculée dans le désert iranien, qui indique la mise au point secrète de missiles à longue portée susceptibles d’être utilisés pour attaquer les États-Unis, a rapporté mercredi le New York Times.

Les images satellitaires semblent montrer, entre autres choses, une activité autour d’un tunnel menant sous terre et des preuves de puissants essais de moteurs de fusée qui ont laissé des traces de brûlure dans le sable du désert près de la ville de Shahrud, selon le rapport.

Bien qu’il n’y ait pas de restrictions sur la portée des missiles iraniens, le président américain Donald Trump avait insisté pour que des limitations soient imposées au programme de missiles de Téhéran comme condition préalable pour que Washington reste dans l’accord nucléaire historique de 2015 avec l’Iran. Il s’en est finalement retiré le 12 mai.

Selon le rapport, les chercheurs du Middlebury Institute of International Studies de Monterey ont visionné un documentaire iranien récent sur le général Hassan Tehrani Moghaddam, une figure de proue du programme de développement de missiles du pays, qui a été tué dans une explosion dévastatrice en 2011 dans la principale installation de recherche de l’Iran près de la ville de Bidganeh. En se basant sur les détails du film, les chercheurs sont arrivés à la conclusion qu’avant sa mort, Moghaddam avait aidé à mettre en place une autre installation, qui est toujours opérationnelle.

Capture d’écran de la vidéo du Général Hasan Tehrani Moghaddam, un ingénieur en missiles balistiques pour le Corps des gardiens de la révolution islamique en Iran, qui a été tué dans une explosion en 2011. (YouTube)

Un autre indice clé est apparu lorsqu’un chercheur, examinant des documents d’une association de journalistes iraniens, a vu une photo non datée de Moghaddam, qui était commandant du Corps des gardiens de la révolution islamique en Iran, qui comportait en arrière-plan une boîte sur laquelle était inscrit « Shahrud ».

Le site de Shahrud, situé à environ 350 kilomètres à l’est de Téhéran, a été utilisé pour un tir d’essai de missile en 2013 et on pense qu’il est resté largement inutilisé depuis. Cependant, les images satellites du site ont montré une augmentation constante du nombre de bâtiments sur le site au cours des dernières années, selon le rapport. Curieusement, les bâtiments étaient peints d’une couleur aigue-marine, la même teinte que Moghaddam avait ordonné d’utiliser sur le site détruit de Bidganeh, ont remarqué les chercheurs.

Les grandes marques sur le sol du désert semblaient être le résultat d’essais de tir de moteurs de fusée, et les marques étaient apparues en 2016 et 2017, selon le rapport. Les moteurs de fusée peuvent laisser une grosse flamme en forme de bougie sur le sol.

L’analyse des supports en béton qui auraient maintenu les moteurs pendant les tirs suggère que les moteurs avaient entre 62 et 93 tonnes de poussée – ce qui correspond au type de puissance nécessaire pour un missile à longue portée. D’autres structures d’essai, apparemment également utilisées pour les essais de moteurs, auraient été encore plus grandes.

D’autres images provenant de capteurs sophistiqués ont également révélé des mouvements de circulation à l’ouverture d’un tunnel souterrain, ce qui indique une grande structure enfouie dans le sable, selon le rapport.

Les chercheurs sont arrivés à la conclusion que le site travaillait sur des moteurs de fusée avancés et du carburant de fusée.

Le président américain Donald Trump signe un document rétablissant les sanctions contre l’Iran après avoir annoncé le retrait américain de l’accord nucléaire iranien, dans la salle d’accueil diplomatique de la Maison Blanche à Washington le 8 mai 2018. (AFP / Saul Loeb)

Selon le rapport, cinq experts qui ont examiné le matériel de recherche étaient d’accord pour dire qu’il indiquait clairement des travaux sur les missiles à longue portée. Cependant, le rapport note également qu’“il est possible que l’installation ne développe que des missiles à moyenne portée, que l’Iran possède déjà, ou peut-être un programme spatial exceptionnellement sophistiqué”.

Les Etats-Unis et leurs alliés ont exigé que l’Iran réduise sa production de missiles balistiques, qui peuvent atteindre certaines parties de l’Europe et pourraient bientôt atteindre les Etats-Unis également. Les responsables occidentaux ont soutenu que la seule raison pour laquelle Téhéran pourrait fabriquer de tels missiles serait de les équiper d’ogives non conventionnelles, notamment atomiques.

Téhéran insiste sur le fait qu’il considère le programme de missiles comme un élément crucial de sa position défensive et affirme que son existence n’est pas négociable.

Les dirigeants iraniens ont également déclaré qu’ils ne travaillent pas sur des missiles d’une portée supérieure à celle du Moyen-Orient. Jusqu’à présent, elle a produit un missile d’une portée de 2 000 kilomètres, mettant ainsi tout Israël à sa portée ainsi qu’une grande partie de l’Europe de l’Est.

L’accord nucléaire de 2015 a permis la levée de lourdes sanctions contre l’Iran en échange du gel par Téhéran d’une grande partie de son programme nucléaire. Après s’être retirés de l’accord en mai, les États-Unis se sont engagés à appliquer à l’Iran les « sanctions les plus sévères de l’histoire ».

La résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui a confirmé l’accord nucléaire iranien, a demandé à l’Iran de s’abstenir de mettre au point des missiles capables de transporter des armes nucléaires. L’Iran a soutenu qu’il n’a jamais eu l’intention de mettre au point des armes nucléaires et que, par conséquent, la mise au point de missiles ne viole pas l’accord.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu fait un discours sur les dossiers obtenus par Israël qui, selon lui, prouvent les mensonges iraniens sur son programme nucléaire au ministère de la Défense de Tel Aviv, le 30 avril 2018 (Crédit : AFP Photo/Jack Guez)

Cependant, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a présenté le mois dernier une importante quantité de documents iraniens, obtenus par l’agence d’espionnage du Mossad, qui, selon lui, décrit en détail les efforts et les programmes de recherche iraniens visant spécifiquement à produire une arme atomique.

Netanyahu a déclaré à l’époque que les informations prouvaient que l’Iran avait « menti » au sujet de ses ambitions nucléaires. En annonçant son retrait de l’accord nucléaire, M. Trump a cité le service de renseignement israélien parmi les raisons de sa décision.

 

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...