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Des vestiges d’une synagogue de Crimée découverts lors de travaux de rénovation

Les ouvriers ont découvert un cadre en métal avec une étoile de David qui appartenait à ce lieu de culte du 19e siècle construit par et pour les Juifs de la communauté Krymchak

La cadre d'une fenêtre d'une synagogue apparu lors de travaux de rénovation d'un hôpital à Bilohirsk, en Crimée. (Crédit :Crimea24 via JTA)
La cadre d'une fenêtre d'une synagogue apparu lors de travaux de rénovation d'un hôpital à Bilohirsk, en Crimée. (Crédit :Crimea24 via JTA)

JTA — La rénovation d’un hôpital dans un secteur saisi par la Russie en Ukraine, en 2014, a permis de découvrir les vestiges d’une synagogue datant du 19e siècle qui, selon un grand nombre, avait été complètement détruite.

La synagogue de Bilohirsk, ville du centre de la Crimée, avait été construite au milieu du 19e siècle par et pour les Krymchak, une minorité juive liée aux Karaïtes, un autre groupe juif rare qui regrouperait les descendants des Juifs de Géorgie.

En 2007, le congrès juif euro-asiatique avait estimé qu’il ne restait que 300 Krymchak en Ukraine quand la Crimée était encore contrôlée par cette dernière. La Russie avait envahi et annexé ce territoire en 2014.

Au début du 20e siècle, les autorités communistes avaient fermé la synagogue qui avait été transformée en entrepôt. Plus tard, un hôpital avait été construit au même endroit, mais il avait été lourdement bombardé pendant la Seconde Guerre mondiale – avant d’être remis en état. Toutes les traces de l’ancien lieu de culte semblaient avoir disparu.

Et les ouvriers travaillant sur le chantier ont donc été très surpris lorsqu’ils ont découvert un cadre métallique circulaire ayant la forme d’une étoile de David pendant des travaux de rénovation de l’établissement hospitalier, le mois dernier. De presque trois mètres de diamètre, le cadre, qui était fixé à l’une des fenêtres teintées de la synagogue dans le passé, a été rempli de béton. Sophistiqué, conçu avec un matériau onéreux, il reflète la richesse relative des membres de la communauté Krymchak pendant une période où, selon les historiens, elle vivait son apogée.

Les Karaïtes de Crimée assistent à un office religieux à proximité de leur lieu de culte à Simferopol, en Crimée, le 9 juin 2018. (Crédit : Sergei Malgavko/TASS via Getty Images via JTA)

L’arc de la fenêtre a également survécu, ce qui a entraîné une nouvelle évaluation des plans de construction – les ingénieurs estimant qu’ils ont dorénavant la capacité de préserver les vestiges de l’ancien lieu de culte, a fait savoir la chaîne Crimea24.

Comme toutes les autres communautés juives, la communauté Krymchak avait souffert sous le communisme. Mais les nazis l’avaient presque détruite, ainsi que les Karaïtes. Aujourd’hui, seulement quelques centaines de personnes – la majorité d’âge moyen – s’identifient à ces communautés.

L’histoire riche des communautés juives de Crimée a été minutieusement étudiée, a déclaré un historien spécialisé dans la communauté Karaïte, Mikhail Kizilov, à Crimea24, le mois dernier, dans un reportage sur la découverte des vestiges de la synagogue.

« Mais on sait peu de choses sur ceux qui ont construit nos synagogues. Par exemple, il y avait environ 12 synagogues à Simferopol – nous n’avons néanmoins aucune donnée sur leurs architectes », a-t-il expliqué en évoquant la capitale de la Crimée. « Et il n’y a pratiquement pas de photographie », a-t-il ajouté.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky chante l’hymne national lors de sa cérémonie d’intronisation au Parlement de Kiev, le 20 mai 2019. (GENYA SAVILOV/AFP)

Au début de l’année, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dévoilé un projet de loi qui vise à préserver le patrimoine des Krymchak, des Karaïtes et des Tatars, une population musulmane.

Mais en désignant ces groupes comme des « populations indigènes », Zelensky, qui est lui-même Juif, a entraîné la colère de la Russie qui veille avec zèle aux intérêts de la minorité ethnique russe ukrainienne.

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