Deux ans de crise politique en Israël
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Deux ans de crise politique en Israël

Tout a commencé avec la démission d'Avigdor Liberman à la Défense en décembre 2018...

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et son partenaire de coalition, le ministre de la Défense Benny Gantz, tous deux masqués en raison de la pandémie de coronavirus COVID-19, arrivent pour assister à une cérémonie de remise de diplômes aux nouveaux pilotes sur la base aérienne d'Hatzerim près de Beer Sheva, le 25 juin 2020. (Ariel Schalit / POOL / AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et son partenaire de coalition, le ministre de la Défense Benny Gantz, tous deux masqués en raison de la pandémie de coronavirus COVID-19, arrivent pour assister à une cérémonie de remise de diplômes aux nouveaux pilotes sur la base aérienne d'Hatzerim près de Beer Sheva, le 25 juin 2020. (Ariel Schalit / POOL / AFP)

Le Parlement israélien s’est dissous sur les coups de minuit mercredi, plongeant l’Etat hébreu dans sa quatrième campagne électorale en moins de deux ans, sur fond de tensions entre Benjamin Netanyahu et Benny Gantz.

Rappel des principaux développements de cette crise politique.

Elections anticipées

Le 24 décembre 2018, le Likud (droite) du Premier ministre Benjamin Netanyahu annonce de nouvelles élections législatives en avril 2019.

Une anticipation du scrutin prévu fin 2019 flottait dans l’air depuis la démission en novembre du ministre de la Défense, Avigdor Liberman, chef du parti nationaliste laïc Yisraël Beytenou.

Photo composée (gauche à droite): le chef de Kakhol lavan Benny Gantz, le président d’Yisrael Beytenu Avigdor Liberman et le Premier ministre Benjamin Netanyahu (Yonatan Sindel, Noam Revkin Fenton/Flash90)

Avec le départ de ses cinq députés, la coalition gouvernementale ne détenait plus qu’une seule voix de majorité (sur 120) à la Knesset (Parlement), qui vote le 26 décembre sa dissolution.

Impasse

Le 9 avril 2019, les Israéliens votent et M. Netanyahu, au pouvoir depuis 2009 et sous la menace d’une inculpation pour corruption, espère se maintenir face à Benny Gantz, chef du parti centriste Kakhol lavan.

Likud et Kakhol lavan obtiennent chacun 35 sièges.

Le 17, le président Reuven Rivlin charge M. Netanyahu de former le gouvernement.

Mais le 29 mai, devant l’incapacité de ce dernier à former une coalition, le Parlement vote pour sa propre dissolution et de nouvelles élections en septembre.

Nouvel échec

Le 17 septembre, Likud et Kakhol lavan sont à nouveau au coude-à-coude.

M. Gantz plaide pour « un large gouvernement d’union ». Pour M. Netanyahu, le pays a deux options: « soit un gouvernement que je dirige, soit un gouvernement dangereux qui repose sur les partis arabes. »

La Liste arabe unie, troisième force politique, recommande M. Gantz comme Premier ministre.

Le 25, M. Netanyahu est désigné pour former le gouvernement. M. Gantz refuse de « siéger dans un gouvernement dont le chef est sous le coup d’un grave acte d’accusation », en référence aux ennuis judiciaires de son rival.

Le 21 octobre, M. Netanyahu renonce et laisse la voie libre à M. Gantz, que le président charge de former le gouvernement.

Mais le 21 novembre, le président mandate le Parlement pour trouver un Premier ministre, ni M. Netanyahu ni M. Gantz n’ayant réussi à former de gouvernement.

Le même jour, le procureur général, Avichaï Mandelblit, inculpe M. Netanyahu pour corruption, fraude et abus de confiance dans trois affaires. C’est la première fois qu’un Premier ministre en exercice est inculpé.

Le 11 décembre, les députés votent la dissolution du Parlement, avec un nouveau scrutin en mars 2020.

Et de trois

Le 2 mars, en pleine épidémie du nouveau coronavirus, le Likud obtient 36 sièges, Kakhol lavan 33.

Des Israéliens comptent les bulletins de vote restants des Israéliens en quarantaine à domicile après leur retour des zones infectées par le coronavirus, sous une tente dans l’entrepôt de la commission centrale électorale à Shoham, le 4 mars 2020. (Flash90)

Le 16, M. Rivlin charge M. Gantz de former le gouvernement.

Fin mars, ce dernier n’étant pas parvenu à rallier une majorité décide, à la surprise générale, de se rallier à son grand rival pour former un « gouvernement d’urgence » en pleine pandémie.

Gouvernement d’urgence

Le 20 avril, après bien des vicissitudes, les deux hommes s’entendent sur un gouvernement d’union et d’urgence. Leur pacte, d’une durée de trois ans, prévoit un gouvernement avec comme Premier ministre M. Netanyahu les 18 premiers mois et M. Gantz les 18 suivants.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) et le chef du parti Kakhol lavan, Benny Gantz, à la Knesset, le 17 mai 2020, après la prestation de serment du nouveau gouvernement. (Alex Kolomoisky/POOL)

Le 25, des milliers d’Israéliens manifestent contre l’accord. Saisie, la Cour suprême le valide le 6 mai.

Le lendemain, Reuven Rivlin charge M. Netanyahu de former le gouvernement d’union, auquel le Parlement accorde la confiance le 17.

Et de quatre

Pour concrétiser la rotation Netanyahu-Gantz et permettre au second d’accéder au poste de chef de gouvernement en 2021, les parlementaires doivent s’entendre sur le budget.

Or, pendant des mois, ce sujet constitue la principale pierre d’achoppement entre Likud et Kakhol lavan et mine la fragile coalition gouvernementale. Le parti de Gantz s’est scindé en deux depuis l’union avec Netanyahu et recule fortement dans les sondages.

Le 21 décembre, la Knesset rejette, par 49 voix contre 47, une proposition de compromis visant à adopter le budget en deux temps. Or la loi prévoit que, faute d’accord, le Parlement se dissout « sur les coups de minuit ».

De nouvelles élections législatives auront lieu en mars 2021 alors que le procès de M. Netanyahu pour corruption doit se dérouler en début d’année.

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