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Deux réservistes exclus de l’armée après être entrés dans une école palestinienne

Dans un contexte de tensions accrues en Cisjordanie, les soldats ont été renvoyés après des images les montrant dans la cour d'une école, dans le sud des collines de Hébron

Des résidents d'implantations juifs lors de la démolition de six structures construites illégalement à l'avant-poste de Kumi Ori, dans les environs de l'implantation d'Yitzhar, en Cisjordanie, le 22 avril 2020. (Crédit : Sraya Diamant/Flash90)
Des résidents d'implantations juifs lors de la démolition de six structures construites illégalement à l'avant-poste de Kumi Ori, dans les environs de l'implantation d'Yitzhar, en Cisjordanie, le 22 avril 2020. (Crédit : Sraya Diamant/Flash90)

Deux réservistes de l’armée israélienne sont entrés, dimanche, dans une école du village d’A-Tuwani, dans le sud des collines de Hébron, et ils auraient tenté d’enlever un drapeau palestinien qui était accroché dans la cour.

Sur des images qui ont largement circulé sur les réseaux sociaux, deux hommes, portant partiellement l’uniforme, apparaissent entrant dans la cour avant de se faire interpeller par un homme palestinien qui leur crie de quitter les lieux. Le ton monte rapidement.

Les deux individus portent le pantalon de l’armée, une cagoule sur le visage et l’un d’entre eux a passé sa veste militaire. Toutefois, ils portent des bottes Blundstone, contrevenant en cela à la politique de l’armée.

Cet habillement et ces équipements militaires inhabituels ont, dans un premier temps, entraîné des rumeurs laissant entendre qu’il pouvait s’agit de civils qui s’étaient déguisés en soldats. Mais un porte-parole de Tsahal, que le Times of Israel a contacté, a confirmé que les deux hommes étaient des réservistes au sein de la Brigade régionale de Judée, ajoutant qu’ils avaient été renvoyés suite à l’incident pour violation des ordres et des procédures militaires.

Plusieurs bataillons de volontaires réservistes ont été mobilisés par l’armée pour protéger les implantations de Cisjordanie dans le sillage du massacre commis par le Hamas sur le sol israélien, le 7 octobre.

Parmi ces forces, des volontaires venant des implantations elles-mêmes ou vivant sur le territoire souverain d’Israël qui ont été formés antérieurement par Tsahal. Ils sont soumis aux ordres donnés par les commandants des Brigades de réserve habituelles opérant en Cisjordanie.

Les deux individus impliqués dans cet incident, dimanche, étaient arrivés jusqu’à l’école palestinienne à bord d’une jeep sans plaque d’immatriculation – contrairement à un véhicule militaire – et leur inspection ne semblait pas avoir eu un objectif sécuritaire autorisé au préalable. L’organisation de défense des droits de l’Homme Yesh Din a affirmé que les réservistes – qu’elle a qualifié à tort dans un premier temps de « civils israéliens masqués » dans la vidéo ci-dessus – avaient fait un mauvais usage des équipements militaires destinés à l’auto-défense pour, à l’inverse, harceler des Palestiniens.

Dans une réponse à l’homme palestinien qui les filme et qui leur dit de quitter la cour d’école, l’un des deux hommes déclare devant la caméra : « Mais je suis chez moi, Habibi » (« chéri » en Arabe), ajoutant : « On reviendra tous les jours ».

Yesh Din a diffusé une vidéo montrant une patrouille arrivée sur les lieux et tentant d’apaiser les résidents après le départ des deux hommes.

Un représentant du Centre pour la non-violence juive a confié au Times of Israel que depuis que les unités de l’armée ont été envoyées à Gaza, un grand nombre des militaires qui sont déployés en Cisjordanie sont des réservistes et que le rôle que Tsahal tient habituellement est assumé par les résidents d’implantations locaux.

Un grand nombre de résidents d’implantation ont aussi été nommés dans les équipes de sécurité civiles qui travaillent aux côtés des soldats, a ajouté le groupe, « et il est donc très difficile, en réalité, de faire la différence entre les intervenants divers qui agissent sur le terrain et sous quelle autorité ».

Des témoignages de violences commises contre des Palestiniens de Cisjordanie par des résidents d’implantation et par des soldats ont fait leur apparition depuis le 7 octobre. Des vidéos partagées sur les réseaux sociaux ont ainsi révélé des actes de harcèlement et d’abus perpétrés à l’encontre des civils par les forces israéliennes, en Cisjordanie.

Les soldats israéliens et les partisans du mouvement pro-implantation auraient ainsi violemment agressé trois Palestiniens dans le centre de la Cisjordanie, le 12 octobre, les battant, leur enlevant leurs sous-vêtements et les photographiant menottés, les yeux bandés.

Arik Ascherman, activiste au sein du groupe Rabbis for Human Rights, a déploré le fait que « l’Israélien moyen n’est ni prêt ni désireux de faire la distinction entre les Palestiniens terroristes et les Palestiniens terrorisés », ajoutant que « personne ne souhaite actuellement venir en aide aux Palestiniens, notre douleur et notre colère sont trop fortes ».

Le rabbin du mouvement réformé Arik Ascherman, né aux États-Unis, membre de l’ONG « Rabbis for Human Rights », aide les Palestiniens lors de la récolte des olives aux abords de Ramallah, en Cisjordanie, le 9 novembre 2023. (Crédit : Aris MESSINIS / AFP)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a minimisé, la semaine dernière, cette tendance, avertissant les maires des implantations « qu’une minuscule poignée d’extrémistes » commettant des violences contre les Palestiniens pouvait entraîner une escalade en Cisjordanie, alors que Washington s’inquiète de cette problématique.

Les tensions en Cisjordanie sont grimpées en flèche depuis le 7 octobre, quand environ 3 000 terroristes s’étaient infiltrés en Israël depuis Gaza, tuant 1 200 personnes. Ils avaient enlevé plus de 240 personnes qui sont depuis détenues en otage dans la bande de Gaza. Cela avait été la journée la plus meurtrière de toute l’Histoire d’Israël.

En réponse, le pays a juré d’éliminer le Hamas à Gaza, que le groupe gouverne depuis 2007, et il a lancé une opération terrestre et aérienne contre le groupe terroriste au sein de l’enclave côtière.

Alors que l’armée mène son incursion au cœur de Gaza, la situation en Cisjordanie a continué à frémir. Depuis le 7 octobre, environ plus de 1 570 Palestiniens qui étaient recherchés en Cisjordanie ont été arrêtés, notamment 950 qui étaient affiliés au Hamas.

Selon les données du ministère de la Santé, placé sous le contrôle de l’Autorité palestinienne, au moins 176 Palestiniens de Cisjordanie ont été tués par les forces israéliennes – et quelques-uns par des partisans du mouvement pro-implantation – depuis le 7 octobre. Yesh Din a fait savoir dans un communiqué qu’en date du 3 novembre, le groupe avait enregistré 172 incidents de violences anti-palestiniennes commises par les partisans du mouvement pro-implantation dans au moins 84 villes et communautés palestiniennes.

En même temps, il y a eu une recrudescence notable des attentats terroristes – et des tentatives d’attentats terroristes – palestiniens dans toute la Cisjordanie et à Jérusalem-Est.

Emmanuel Fabian, Jeremy Sharon et Jacob Magid ont contribué à cet article.

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