Israël en guerre - Jour 289

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Devant la Knesset, les proches des otages exigent la reprise des négociations

Les familles disent comprendre que le prix à payer pour la libération des 135 otages sera élevé, mais que le gouvernement doit "être courageux dans ses décisions"

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Les familles des otages détenus à Gaza, exigeant la reprise des négociations, marchent vers le bureau du Premier ministre à Jérusalem le 12 décembre 2023. (Crédit : Jessica Steinberg/Times of Israel)
Les familles des otages détenus à Gaza, exigeant la reprise des négociations, marchent vers le bureau du Premier ministre à Jérusalem le 12 décembre 2023. (Crédit : Jessica Steinberg/Times of Israel)

Les membres des familles des otages encore détenus à Gaza ont marché jusqu’à la Knesset mardi soir et mercredi matin, dans l’espoir de pousser le gouvernement à reprendre les négociations avec le groupe terroriste du Hamas pour ramener leurs proches à la maison.

« Nous n’avons plus beaucoup d’espoir et nous attendons du gouvernement qu’il fasse montre de courage en prenant les décisions qui s’imposent », a affirmé Nadav Rudeif, qui tenait une pancarte sur laquelle figurait la photo de son père, Lior Rudeif, et quatre autres hommes enlevés au kibboutz Nir Yitzhak, le 7 octobre dernier. Son père a été blessé en combattant les terroristes ce jour-là ; il prend des médicaments à la suite d’une crise cardiaque massive survenue il y a deux ans.

« Nous comprenons que le prix à payer pour libérer les 137 personnes détenues depuis 67 jours sera élevé », a poursuivi Rudeif. « Nous sommes venus leur apporter notre soutien et les encourager à prendre des décisions courageuses, à faire montre de courage dans leurs décisions, parce que ce ne sera pas facile. Il y aura beaucoup de réactions négatives en Israël ».

Alors que Rudeif et les autres marchaient vers la Knesset mardi soir, l’armée israélienne a annoncé avoir récupéré les dépouilles d’Eden Zacharia, une civile, et de l’adjudant de Tsahal Ziv Dado, qui avaient été pris en otage par le Hamas le 7 octobre.

Ce jour-là, près de 1 200 personnes – principalement des civils – ont été assassinées par des terroristes du Hamas. Il resterait aujourd’hui 135 otages à Gaza, pas tous vivants. 105 civils ont été libérés des mains du Hamas lors d’une trêve d’une semaine conclue à la fin du mois de novembre. Tsahal a confirmé la mort de 18 des otages encore détenus par le Hamas, grâce à de nouveaux renseignements et indications obtenus par les troupes opérant à Gaza.

Les membres des familles et les personnes venues soutenir les otages restants se sont rendus à Jérusalem mardi après-midi dans un convoi en provenance de Latroun, un point central situé sur l’autoroute reliant Jérusalem à Tel Aviv.

L’un des tracteurs venant des communautés frontalières de Gaza et faisant partie du convoi exigeant la reprise des négociations afin de ramener les otages détenus par le Hamas chez eux à la Knesset le 12 décembre 2023 (Crédit : Jessica Steinberg/Times of Israel)

Le convoi comprenait quatre tracteurs provenant des communautés frontalières de Gaza qui ont été les plus durement touchées lors de l’attaque meurtrière du Hamas le 7 octobre.

Ils se sont rassemblés sur la place située devant le bâtiment de la Cour suprême, qui se trouve à l’une des extrémités de la rue Kaplan alors que la Knesset et le bureau du Premier ministre se trouvent à l’autre extrémité.

Vêtus de tee- et de sweat-shirts noirs et portant des parapluies sur lesquels était imprimé le slogan « Bring Them Home Now » [Ramenez-les à la maison maintenant], des bénévoles du Forum des familles d’otages et de disparus ont distribué des sandwiches, des bâtons fluorescents et des grandes bougies blanches, implorant les marcheurs de ne pas laisser les enfants de moins de dix ans tenir les bougies allumées.

Dans la bruine froide et sombre, ils sont passés devant le complexe Cinema City et ont tourné à gauche dans la rue Kaplan, les bougies tremblotant dans le vent tandis qu’ils chantaient pour le retour immédiat de leurs proches de Gaza.

Meirav Gonen, deuxième à partir de la droite, dont la fille, Romi Gonen, est retenue captive à Gaza depuis le 7 octobre, faisait partie de la marche vers la Knesset le 12 décembre 2023 (Crédit : Jessica Steinberg/Times of Israel)

« Le temps presse, un accord est impératif », ont-ils scandé. « Tous et tout de suite ! »

Alors que les participants se rassemblaient autour de la tribune installée en face de la tente dressée devant le bureau du Premier ministre, Yarden Gonen, la sœur de Romi, qui a été prise en otage à la rave Nova, a prononcé un discours. Elle a dit que sa famille était incapable d’allumer les bougies de Hanoukka cette année, pas « tant que leur lumière, Romi, est encore à Gaza », a affirmé Yarden Gonen.

Elle a appelé le gouvernement à poursuivre les négociations pour libérer les otages restants.

« Nous vous avons élus, vous savez ce que vous devez faire », a ajouté Yarden Gonen. « Nous ne vous avons pas choisis par hasard. »

La grand-mère de Yarden Gonen, Dvora Leshem, 87 ans, née en Iran, s’est rendue au domicile de membres de la Knesset et de ministres, dont le président de la Knesset, Amir Ohana, et le ministre de la Défense, Yoav Gallant.

« Il n’y aura [bientôt] plus personne à ramener à la maison », a dit Leshem à Gallant.

Elle a également enregistré un appel émouvant dans sa langue maternelle, le persan, à l’ayatollah Khomeini et au président iranien Ebrahim Raissi, leur demandant « une faveur », en tant que grands-parents du même âge qu’elle, pour qu’ils l’aident à libérer sa petite-fille.

Mercredi matin, à 8h30, les membres des familles d’otages étaient de retour dans la rue Kaplan, entourés de sympathisants portant les affiches désormais familières sur lesquelles figurent les visages des otages et des panneaux indiquant au gouvernement que le temps presse et qu’il est impératif de négocier un nouvel accord pour la libération des otages.

Les membres des familles et les sympathisants ont formé une chaîne humaine le long de la rue Kaplan, depuis une tente installée devant le bureau du Premier ministre jusqu’à la Knesset.

Tomer Aloni, dont le cousin, Tsahi Idan, est retenu captif à Gaza depuis le 7 octobre, faisait partie de la chaîne humaine devant la Knesset le 13 décembre 2023 (Crédit : Jessica Steinberg/Times of Israel)

« Ça aide, c’est une source de soutien », a indiqué Tomer Aloni, en montrant la chaîne humaine.

Le cousin d’Aloni, Tsahi Idan, a été enlevé par des terroristes du Hamas dans sa maison du kibboutz Nahal Oz, après que la fille aînée d’Idan, Maayan, 18 ans, a été tuée par balles à travers la porte de la chambre sécurisée du domicile familial.

Les mains d’Idan étaient couvertes du sang de sa fille quand les terroristes du Hamas l’ont sorti de chez lui, en état de choc, pour l’emmener à Gaza, a raconté Aloni.

« Tout aide, toutes les affiches, toutes les photos que l’on voit en Israël et à l’étranger, ainsi que les contacts avec tous ceux qui pourraient être utiles », a ajouté Aloni.

Il a indiqué que la famille avait eu des nouvelles des Tsahi il y a deux semaines, par le biais d’otages libérés affirmant avoir vu la famille à Gaza.

« Mais depuis, que savons-nous de son état de santé ? » a ajouté Aloni. « Je mange pour lui, je bois pour lui, je pense à lui tout le temps. »

La chaîne humaine de mercredi matin était organisée par le Forum des familles d’otages et de disparus, qui prévoyait de rester devant la Knesset pendant plusieurs heures malgré la pluie, selon l’un des organisateurs.

Hadar Horesh et Barak Ben Ezra, dont l’oncle, Avraham Munder, est retenu captif à Gaza depuis le 7 octobre, faisaient partie de la chaîne humaine devant la Knesset le 13 décembre 2023 (Crédit : Jessica Steinberg/Times of Israel)

Hadar Horesh et Barak Ben Ezra, la nièce et le neveu d’Avraham Munder, otage à Gaza, faisaient partie de la chaîne humaine, tenant des pancartes montrant l’image de leur oncle âgé de 78 ans.

Leur tante Ruti Munder et leurs cousins Keren Munder et son fils Ohad, âgé de neuf ans, ont été libérés il y a quinze jours. Ils ont alors appris que d’autres captifs avaient vu Avraham et « qu’il allait bien, mais c’était il y a presque 20 jours », a confié Horesh.

La présence de personnes qui nous soutiennent et la pression constante exercée sur le gouvernement sont utiles, a souligné Ben Ezra.

Mais sa tante et ses cousins « ne vont pas bien, ils sont fatigués », ajoute-t-il, « et ils n’ont aucune nouvelles d’Avraham ».

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