Edelstein réclame la prison pour les contrevenants haredim au confinement
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Edelstein réclame la prison pour les contrevenants haredim au confinement

Deux personnes ont été arrêtées et deux policiers blessés lors d'affrontements dans une yeshiva de Bnei Brak ; le ministre demande un renforcement de l'application de la loi

Des policiers arrêtent un homme ultra-orthodoxe lors d'un raid effectué dans le cadre d'un événement illégal en violation des règles de confinement COVID-19, dans la ville de Beit Shemesh, le 20 janvier 2021. (Yaakov Lederman/Flash90)
Des policiers arrêtent un homme ultra-orthodoxe lors d'un raid effectué dans le cadre d'un événement illégal en violation des règles de confinement COVID-19, dans la ville de Beit Shemesh, le 20 janvier 2021. (Yaakov Lederman/Flash90)

Alors que certains éléments de la communauté ultra-orthodoxe continuent de violer de manière flagrante le confinement national ordonné pour enrayer l’épidémie de coronavirus, le ministre de la Santé, Yuli Edelstein, a appelé jeudi à incarcérer les contrevenants.

Deux personnes ont été arrêtées jeudi et deux officiers de police ont été blessés lors d’affrontements au cours desquels la police a fermé une yeshiva dans la ville majoritairement ultra-orthodoxe de Bnei Brak – ce qui a marqué une nouvelle journée de violente répression contre les forces de l’ordre.

Le confinement, entré dans sa troisième semaine et prolongé jusqu’au 31 janvier, a entraîné la fermeture de toutes les entreprises non essentielles et de tout le système éducatif, à l’exception des établissements d’enseignement spécialisé.

Cependant, les médias ont montré que de nombreux membres de la communauté ultra-orthodoxe, connue sous le nom de haredi, bafouaient les règles, en maintenant ouvertes les écoles de Talmud Torah, qui couvrent principalement les classes du CP à la 4e, et les yeshivot talmudiques. En outre, des mariages avec des centaines d’invités et des offices de prière auxquels des dizaines de personnes ont assisté ont eu lieu, malgré le confinement limitant les rassemblements en intérieur à cinq personnes seulement et les rassemblements en extérieur à dix.

« Dans le monde haredi, il y a trop de violations, mais les mentalités ont un peu changé », a déclaré Edelstein dans une interview avec le site web Srugim, qui s’adresse à la communauté sioniste orthodoxe.

Il s’est dit « certainement » favorable à des peines de prison pour les contrevenants.

Le ministre de la Santé Yuli Edelstein s’exprime lors d’une conférence de presse sur le coronavirus, à Airport City, le 17 septembre 2020. (Flash90)

M. Edelstein a déclaré que les propositions de durcissement des amendes pour les contrevenants n’avaient pas été approuvées par la Knesset parce que trop de députés s’opposaient à cette idée en raison de l’impact qu’elle aurait sur leurs électeurs.

Il a fait ces remarques après que le parti Kakhol lavan a accusé les partenaires de la coalition du Likud (parti auquel Edelstein appartient) d’entraver les efforts visant à étendre l’application du confinement national comme convenu par les partis. Kakhol lavan a accusé le Likud de retarder le vote de la Knesset sur l’augmentation des amendes pour des raisons politiques, les partis haredim étant des alliés clés du Premier ministre Benjamin Netanyahu et du Likud.

Edelstein a également défendu les appels que lui et Netanyahu ont lancé à un grand rabbin ultra-orthodoxe, lui demandant d’influencer la communauté pour qu’elle respecte le confinement. Le ministre a rejeté l’idée que de telles actions indiquaient que le rabbin Chaim Kanievsky menait la barque, affirmant que les ouvertures étaient justifiées comme moyen de faire passer le message à la communauté haredi.

« Si pour le faire, il faut aller voir un rabbin, alors j’irai le voir dix fois », a déclaré M. Edelstein. « Il en va de même pour les maires des villes arabes », un autre segment de la société qui a connu des violations généralisées du confinement.

Outre les affrontements à Bnei Brak, le site d’information Ynet a rapporté qu’à Beit Shemesh, une ville à forte population haredi, des écoles ultra-orthodoxes étaient ouvertes, les élèves s’entassant dans les bus pour se rendre à l’école.

La municipalité de Beit Shemesh a répondu dans un communiqué qu’elle avait « mené un certain nombre de campagnes d’information, de discussions avec les dirigeants de la communauté et fait d’autres efforts pour clarifier le fait que les directives du gouvernement israélien et du ministère de la Santé sauvaient des vies ».

Notant que l’application du confinement était de la responsabilité de la police, la municipalité a déclaré que la « majorité écrasante » du système éducatif de la ville était fermée.

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