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Ehud Olmert : Israël doit rapidement proposer un scénario post-Hamas pour Gaza

L'ex-Premier ministre craint que le monde n’arrête bientôt la guerre si le gouvernement se refuse plus longuement à dire ce qu'il envisage ensuite pour les Gazaouis

L'ancien Premier ministre Ehud Olmert lors d'une interview de la Douzième chaîne diffusée le 17 mars 2018. (Crédit : Capture d'écran de la Douzième chaîne )
L'ancien Premier ministre Ehud Olmert lors d'une interview de la Douzième chaîne diffusée le 17 mars 2018. (Crédit : Capture d'écran de la Douzième chaîne )

L’ancien Premier ministre Ehud Olmert a prévenu samedi que si le gouvernement israélien continue de refuser de dire au monde ce qu’il envisage pour Gaza dans « la prochaine étape », après le Hamas, les États-Unis et la communauté internationale ne lui laisseront pas le temps d’achever « cette étape », consistant à éliminer le groupe terroriste palestinien.

Les fanfaronnades et les vantardises des dirigeants politiques actuels, « affirmant que nous avons autant de temps que nécessaire – des mois, jusqu’en mars, l’année prochaine – sont sans fondement », a affirmé Olmert à la Douzième chaîne.

« Le temps dont nous disposons est très limité. »

« La communauté internationale pourrait donner un peu de temps et de patience à Israël si l’on commence d’abord par dire clairement qu’à la fin de l’opération militaire, lorsque le Hamas sera vaincu, Israël se retirera de Gaza : ‘Nous n’avons pas la possibilité de rester et nous n’avons aucun intérêt à le faire.’ Et deuxièmement, présenter la ‘vision’ israélienne de Gaza post-guerre, comme les États-Unis et la communauté internationale ne cessent de le demander à Israël. »

Selon Olmert, « il n’y a aucune chance qu’un soldat arabe ou un Palestinien entre à Gaza sur ordre d’Israël. On ne peut pas éviter l’entrée de forces étrangères – d’Europe, de pays de l’OTAN, même si ce n’est pas une force de l’OTAN », a-t-il souligné.

« Voulons-nous négocier avec les Palestiniens ou non ? », a demandé Olmert, qui a été Premier ministre de 2006 à 2009 et qui a ensuite été incarcéré pour avoir accepté des pots-de-vin et entravé le travail de la justice. « Si nous ne disons pas que nous sommes prêts à négocier – sur une solution à deux États – Israël perdra le soutien et la patience de la communauté internationale », a-t-il prévenu.

Illustration : Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et l’ancien Premier ministre Ehud Olmert assistant aux funérailles du député Likud Zeev Boim, à Binyamina, le 21 mars 2011. (Crédit : Moti Milrod/AP Photo/Pool)

Mais le gouvernement de Benjamin Netanyahu « se le refuse, parce qu’il n’est pas prêt à aller dans cette direction ».

« L’Autorité palestinienne n’est pas un groupe sioniste ; ce ne sont pas nos amis ; ils sont dans l’autre camp », a affirmé Olmert. « Mais les forces de sécurité de Mahmoud Abbas [AP] travaillent aujourd’hui avec nos forces de sécurité pour essayer de prévenir le terrorisme en Judée et en Samarie à un moment où nous nous battons à Gaza (…). Nous n’avons pas d’autre partenaire. »

Selon Olmert, « exclure l’idée de négociations [avec l’AP], c’est dire à la communauté internationale que nous nous désintéressons d’une future solution politique ».

« Nous nous sommes bercés d’illusions en pensant que le problème palestinien n’existait pas jusqu’à ce qu’il nous explose à la figure le 7 octobre d’une manière intolérable », a-t-il affirmé.

« Nous devons faire la paix avec nos ennemis. C’est soit l’AP, soit le Hamas (…). Pour ce gouvernement, l’AP était un ‘fardeau’, comme le dit [le ministre d’extrême-droite des Finances] Smotrich, et le Hamas était un ‘atout' », a déclaré Olmert, faisant référence à une interview de Smotrich datant de 2015. « Je pense que le Hamas est un ennemi. Je pense que l’AP n’est pas un atout, mais c’est le groupe auquel nous devons nous adresser, dans un cadre incluant la communauté internationale et les États arabes concernés. »

« Si nous ne présentons pas une vision de la prochaine étape, nous n’aurons pas le temps de mener à bien l’opération militaire visant à briser la puissance armée du Hamas », a-t-il affirmé. « Nous sommes beaucoup plus proches de la fin de l’opération militaire que ne le prétendent les dirigeants politiques qui se vantent. »

Olmert a également appelé Netanyahu à démissionner. « Chaque minute où Netanyahu reste est un dégât causé à Israël. »

Il a précisé qu’il n’appelle pas à la formation d’un tout nouveau gouvernement, mais qu’Israël a besoin en ce moment d’un « leadership avec du courage, de l’intégrité [et un sens de] l’obligation morale ».

Olmert a conclu l’interview en rappelant que l’un des commandos de l’unité générale de reconnaissance (Sayeret Matkal) qui avait sauvé le sergent Netanyahu de la noyade – dans le canal de Suez – en 1969, Eitan Ziv, a été assassiné par des terroristes du Hamas (lien en hébreu) avec son épouse le 7 octobre au kibboutz Kfar Aza. Netanyahu avait évoqué cet événement dans ses mémoires Bibi: my story.

D’après l’ancien Premier ministre, « Netanyahu n’a même pas appelé la famille pour lui présenter ses condoléances ».

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