Élections : le Parti travailliste-Gesher et le Meretz feront liste commune
Rechercher

Élections : le Parti travailliste-Gesher et le Meretz feront liste commune

Amir Peretz dirigera la nouvelle alliance de gauche suivi par Orly Levy-Abekasis (Gesher) et Nitzan Horowitz (Meretz) ; Stav Shaffir, des Verts, reste hors de l'union

Le chef Travailliste Amir Peretz et le numéro un du Meretz Nitzan Horowitz discutent, le 13 janvier 2020 (Autorisation)
Le chef Travailliste Amir Peretz et le numéro un du Meretz Nitzan Horowitz discutent, le 13 janvier 2020 (Autorisation)

Le Parti travailliste-Gesher et le Meretz s’associeront lors du prochain scrutin pour présenter une liste unique lors des élections du 2 mars à la Knesset, ont fait savoir les deux formations, lundi matin.

La décision est survenue après des négociations marathon entre le chef travailliste Amir Peretz et le numéro un du Meretz, Nitzan Horowitz, les partis de gauche craignant que l’un d’entre eux n’échoue à atteindre le seuil d’éligibilité nécessaire pour entrer à la Knesset en cas de présentation indépendante au Parlement.

« C’est une initiative significative pour les élections de 2020 qui garantit aujourd’hui la capacité à former un gouvernement incarnant le changement et l’espoir », ont déclaré les deux dirigeants dans un communiqué.

Cette nouvelle alliance, qui ne porte pas encore de nom, tiendra le rôle de « cœur social et boussole diplomatique du prochain gouvernement, après la fin de l’ère Netanyahu », ont-ils ajouté.

Les formations ont jusqu’au 15 janvier pour présenter leurs listes finales pour le prochain vote.

La fusion survient après des pourparlers à l’occasion des deux dernières élections, l’année passée, entre le Meretz et le Parti travailliste sur une possible alliance entre formations de centre-gauche.

Avant le scrutin de septembre, les travaillistes avaient préféré s’allier à Gesher et sa dirigeante Orly Levy-Abekasis, ex-députée du parti Yisrael Beytenu, tandis que le Meretz avait établi un partenariat avec un groupe de responsables politiques travaillistes et d’autres, formant le Camp démocratique.

L’union de Levy-Abekasis avec le Meretz de gauche marque un glissement drastique pour l’ancienne parlementaire de droite, dont le père fut autrefois ministre des Affaires étrangères sous l’étiquette du Likud.

Elle a expliqué que la décision n’avait pas été facile à prendre, mais a qualifié cette initiative de « technique », disant qu’elle avait été « rendue nécessaire » par les circonstances.

La députée Orly Levy-Abekasis prend la parole lors d’une conférence de la Israeli Television News Company au Jerusalem International Convention Center (ICC), le 3 septembre 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)

« L’alliance Travailliste-Gesher va continuer avec la même idéologie que dans le passé », a-t-elle déclaré devant les caméras de la Douzième chaîne, évoquant la plateforme socio-économique du parti.

L’union entre le Gesher et le Parti travailliste avait été considérée comme un obstacle à l’alliance qui vient par ailleurs de se former en raison des positions modérées de droite de Levy-Abekasis sur les dossiers diplomatiques, des positionnements qui entrent en collision avec ceux du Meretz – même si les deux formations partagent des points de vue communs dans le domaine social.

Levy-Abekasis a toutefois donné, lundi, sa bénédiction à la fusion.

Elle a confié à la Douzième chaîne qu’elle ne pensait pas s’écarter de la voie empruntée par son père dans la mesure où elle restait plus que jamais attachée à un « changement réel » dans le secteur socio-économique.

La députée du Camp démocratique Tamar Zandberg, à Jérusalem, le 22 août 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le parti Travailliste-Gesher occupera six des 11 premières places dans la nouvelle liste unie, tandis que le Meretz en comptera cinq. C’est Peretz qui sera tête de liste, avec Levy-Abekasis en numéro deux, suivie de Horowitz à la troisième place.

Viennent ensuite Tamar Zandberg, du Meretz, et les travaillistes Itzik Shmuli et Merav Michaeli. L’ex-chef d’Etat-major adjoint Yair Golan, qui avait fusionné avec le Meretz lors des dernières élections, occupera la septième place de la liste.

Les députés Omer Barlev et Revital Swid complètent ces 10 premières places. Issawi Frej, du Meretz, occupera la onzième.

La liste d’union sera représentée par le bulletin de vote traditionnel du Parti travailliste avec les lettres Alef, Mem, Tav (ou « Emet »).

Stav Shaffir, à la tête du parti des Verts, transfuge de la formation travailliste qui avait pris la deuxième place de la Liste du Camp démocratique (alliance entre le Meretz, le parti Vert et le parti démocratique israélien de Golan), n’a pas été intégrée dans cette nouvelle union.

Même si les responsables de l’alliance n’ont pas exclu qu’elle les rejoigne plus tard, les probabilités restent faibles.

Les sondages ont montré que le Parti travailliste-Gesher et le Meretz flirtaient individuellement avec un résultat leur permettant d’obtenir quatre et six sièges chacun, risquant de tomber sous le seuil d’éligibilité de 3,25 % des votes totaux (représentant quatre sièges) autorisant l’entrée au Parlement.

Stav Shaffir, députée du parti travailliste. (Crédit : Flash90)

Michaeli, du Parti travailliste, a salué cette alliance, disant qu’une « union de la gauche sioniste… sauvera le pays et maintiendra son caractère sioniste et démocratique ».

Le numéro un du Parti travailliste, Peretz, avait annoncé son plan d’union avec le Meretz lors d’une rencontre des responsables de sa formation, dimanche soir.

« Nous n’avons pas d’autre choix que l’union », avait-il dit à ses délégués.

Peretz aurait subi d’intenses pressions de la part des autres députés de son parti pour procéder à l’alliance, au vu des résultats des derniers sondages.

Itzik Shmuli, éminent député travailliste, avait fait savoir dimanche matin qu’il appuyait une telle fusion mais sous la forme exclusive d’un « bloc technique » qui serait susceptible de se dissoudre rapidement après le scrutin.

Peretz avait, dans le passé, exprimé ses hésitations concernant une fusion entre les travaillistes et le Camp démocratique, craignant que cette initiative n’écarte les électeurs de gauche de sa formation à vocation socio-économique.

Il avait, à la place, proposé la semaine dernière une union de tous les partis sionistes issus du centre et du centre-gauche de l’échiquier politique israélien – Kakhol lavan, Parti travailliste et Camp démocratique – avec pour objectif de renforcer le bloc et de s’assurer que les deux dernières formations franchiraient le seuil d’éligibilité.

Amir Peretz, le président des Travaillistes-Gesher s’exprime lors d’une réunion du parti à la Knesset à Jérusalem le 28 octobre 2019. (Hadas Parush/Flash90)

Mais le leader de Kakhol lavan, Benny Gantz, avait rejeté la perspective d’une telle alliance, disant lors d’une réunion de faction qu’il ne s’unirait « pas avec des partis supplémentaires – ni à gauche, ni à droite ».

Avant les dernières élections de septembre, Peretz avait résisté aux intenses pressions en faveur d’une alliance avec le Camp démocratique, affirmant qu’une faction conjointe donnerait au final moins de votes en totalité pour la gauche que dans le cas d’une présentation indépendante.

Le Camp démocratique avait expliqué, la semaine dernière, soutenir l’idée de Peretz d’une large union de centre-gauche, précisant que la première étape devait être celle d’une union entre sa propre formation et le Parti travailliste-Gesher.

« Nous soutiendrons toute union au centre-gauche », avait clamé Horowitz dans un communiqué. « Mais l’union la plus stratégique, vitale, immédiate et nécessaire est une union entre le Parti travailliste-Gesher et le Camp démocratique pour forger une alliance de gauche forte ! ».

« C’est l’espoir que les électeurs recherchent, c’est l’acte politique et moral indispensable aujourd’hui, c’est le type d’initiative qui pourrait parvenir à nous débarrasser de Netanyahu », a-t-il ajouté.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...