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En campagne, un Biden requinqué dénonce le « semi-fascisme » dans le camp républicain

Si les enquêtes d'opinion sont toujours à prendre avec des pincettes, la tendance depuis un mois en faveur des Démocrates semble franche pour les élections de mi-mandat

Le président Joe Biden devant la foule réunie à un rassemblement accueilli par le Democratic National Committee au lycée Richard Montgomery High School, de Rockville, dans le Maryland, le 25 août 2022. (Crédit : AP Photo/Evan Vucci)
Le président Joe Biden devant la foule réunie à un rassemblement accueilli par le Democratic National Committee au lycée Richard Montgomery High School, de Rockville, dans le Maryland, le 25 août 2022. (Crédit : AP Photo/Evan Vucci)

« Sauver la démocratie » et faire barrage au « semi-fascisme » des Républicains les plus radicaux : c’est un Joe Biden requinqué, fort de sondages en hausse, qui a appelé jeudi les Américains à voter en masse pour le Parti démocrate aux législatives de novembre.

Lors d’un événement dans une résidence privée cossue, destiné à lever des fonds, le Démocrate de 79 ans a durement critiqué la frange la plus extrême du camp conservateur et sa « philosophie MAGA extrême ».

L’acronyme MAGA fait référence au slogan emblématique de l’ancien président Donald Trump, « Make America Great Again ».

« Ce à quoi nous assistons aujourd’hui, c’est soit à la naissance, soit au glas d’une philosophie MAGA extrême. Ce n’est pas seulement Trump, c’est toute une philosophie (…). C’est comme du semi-fascisme », a-t-il déclaré lors de cet événement, en proche banlieue de Washington.

Plus tard, s’adressant à un rassemblement de campagne du Parti démocrate non loin de là, il a lancé : « Vous devez voter pour littéralement sauver à nouveau la démocratie. »

Si les enquêtes d’opinion sont toujours à prendre avec des pincettes, la tendance qui se dégage depuis un mois environ en faveur du camp démocrate semble franche.

L’ancien président Donald Trump quitte la scène après un discours lors d’une conférence de Road to Majority à Nashville, dans le Tennessee, le 17 juin 2022. (Crédit : AP Photo/Mark Humphrey)

Sondages favorables

Selon le site FiveThirtyEight, qui agrège des sondages, les électeurs souhaitant une victoire démocrate aux élections de mi-mandat étaient même le 24 août un peu plus nombreux (44 %) que ceux espérant un succès des républicains (43,6 %).

On est loin de la « vague rouge » (la couleur du parti conservateur) envisagée encore au début de l’été, quand la forte inflation semblait réduire à néant les chances du président et de son parti.

La victoire mardi d’un Démocrate dans un district très disputé de l’État de New York a été vue comme un indice supplémentaire du retournement de tendance.

Et certains commentateurs se demandent désormais si Joe Biden – dont la cote de popularité remonte elle aussi depuis un plus bas début juillet – ne va pas faire mentir l’histoire électorale.

Traditionnellement en effet, le parti du président perd ces élections qui renouvellent tous les sièges de la Chambre des représentants et 35 des 100 sièges du Sénat.

Le plus important facteur dans ce nouvel élan ne doit rien à Joe Biden, bien au contraire : il s’agit de la fin du droit constitutionnel à l’avortement, décidée fin juin par une Cour suprême très conservatrice façonnée par Donald Trump.

Alors qu’une majorité des Américains est favorable au droit à l’IVG, les Démocrates sont décidés à faire de cette question un enjeu central du scrutin.

Joe Biden a une nouvelle fois promis qu’en cas de victoire en novembre, les Démocrates inscriraient le droit à l’avortement dans une loi fédérale, qui s’imposerait aux États conservateurs ayant déjà interdit ou fortement limité l’IVG.

Le parti peut aussi se reposer sur des avancées du programme présidentiel, notamment le vote de gigantesques dépenses en faveur de la lutte contre le changement climatique et pour l’innovation technologique.

« Il est indéniable que les gains législatifs s’accumulent pour le président Biden et que cela ranime le Parti démocrate », a commenté le lobbyiste Jonathan McCollum, qui a travaillé sur nombre de campagnes.

Des émeutiers partisans du président de l’époque, Donald Trump, envahissent le Capitole, à Washington, le 6 janvier 2021. (Crédit : Manuel Balce Ceneta/AP)

Fébrilité

Sans compter d’autres annonces fortes, qu’il s’agisse de la mort du leader d’Al Qaïda suite à une frappe américaine ou de l’effacement partiel de la dette étudiante.

Sur le front de l’économie, l’inflation montre des signes de ralentissement, tandis que l’emploi reste florissant.

Un récent sondage très commenté, révélé par la chaîne NBC, indique même que la première préoccupation des électeurs serait désormais « les dangers pesant sur la démocratie », devant le coût de la vie – de quoi alimenter encore les espoirs des Démocrates, alors que les partisans de l’ancien président continuent à prétendre que Joe Biden a « volé » son élection.

Les Républicains, eux, montrent des signes de fébrilité. Leur chef de file au Sénat, Mitch McConnell, estime que le parti conservateur a seulement une chance sur deux de ravir la majorité à la chambre haute du Congrès.

Est-ce cette tendance défavorable ? Ou l’accumulation de procédures et enquêtes le visant ? Toujours est-il que Donald Trump, qui ne porte pas Mitch McConnell dans son cœur, s’est fendu mercredi d’un communiqué particulièrement virulent, le traitant de « pion » au service des Démocrates.

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