Entraîneur de l’équipe de foot d’Israël: violente diatribe de Regev à Berkovic
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Entraîneur de l’équipe de foot d’Israël: violente diatribe de Regev à Berkovic

Chili Tropper répond à la ministre des Transports qui a déclaré que l'ex-star du ballon rond n'aurait jamais le poste, après avoir qualifié le Likud "d'organisation criminelle"

Eyal Berkovic, à gauche, durant une interview avec le ministre des Transports Miri Regev, à droite, le 9 octobre 2020. (Capture d'écran/Douzième chaîne)
Eyal Berkovic, à gauche, durant une interview avec le ministre des Transports Miri Regev, à droite, le 9 octobre 2020. (Capture d'écran/Douzième chaîne)

Le ministre de la Culture et des Sports, Chili Tropper, a indiqué samedi que la politique n’entrerait pas en ligne de compte lors de la sélection du prochain entraîneur de l’équipe nationale de football après les propos controversés tenus par la ministre des Transports Miri Regev lors d’un très populaire talk-show hebdomadaire. Elle avait alors déclaré au présentateur de l’émission et ancienne star du football, Eyal Berkovic, qu’il ne serait « jamais » chargé de superviser l’équipe nationale après avoir qualifié le parti du Likud de Benjamin Netanyahu « d’organisation criminelle ».

« Nous allons nous conduire avec l’étoffe requise par le statut d’homme d’Etat et de manière objective. Nous allons laisser à la marge la politique et les politiciens. Un coach n’a pas besoin de répondre à une vision politique spécifique », a commenté Tropper, membre du parti Kakhol lavan.

« Je suggère que tout le monde s’abstienne de toute tentative d’intervention dans le processus de sélection de ce qui relève d’une fonction professionnelle dans le domaine du sport », a ajouté Tropper.

Dimanche matin, Regev a nié que ses propos aient été une menace, mais elle a déclaré que Berkovic ne méritait pas de devenir entraîneur national.

L’élu de Kakhol lavan Chili Tropper à la Knesset le 29 avril 2019 (Noam Revkin Fenton/Flash90)

« Je ne menace personne. Un tel individu ne mérite pas de devenir entraîneur national, toutes les frontières et toutes les limites ont été ici franchies. Si un journaliste de droite se comportait ainsi envers quelqu’un de gauche, il aurait d’ores et déjà été crucifié », a-t-elle estimé devant les caméras de la chaîne Kan.

Regev, fervente alliée de Netanyahu au sein du Likud, a été, dans le passé, ministre de la Culture et des Sports.

Vendredi, elle avait déclaré à Berkovic qu’elle ferait tout pour qu’il ne soit « jamais entraîneur de l’équipe nationale israélienne » s’il ne présentait pas ses excuses à sa formation du Likud qu’il avait qualifié « d’organisation criminelle » – des paroles prononcées pendant un débat consacré à la pandémie de coronavirus diffusé par la Douzième chaîne.

La défense avancée par Regev de la réponse gouvernementale apportée à la crise entraînée par l’épidémie avait rapidement suscité de vives réactions, avec notamment le soutien de la ministre du Likud Gila Gamliel et de l’épouse du Premier ministre Sara Netanyahu, toutes les deux accusées d’avoir violé les restrictions entraînées par le confinement.

La ministre de la Culture et des sports Miri Regev, à gauche, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son épouse Sara au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 30 août 2016 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Après des propos tenus par Berkovic – qui avait estimé que « les gens souffrent » en raison de la pandémie de coronavirus et de ses répercussions économiques – le débat avait dégénéré en un festival de récriminations consacré au qualificatif employé par Berkovic pour évoquer le Likud lorsqu’il s’était adressé au député Miki Zohar, appartenant au parti de Netanyahu. Il avait décrit la formation comme étant « une organisation criminelle ».

Lors de l’émission, Regev, hurlant, avait harangué Berkovic, disant que « tant que vous ne présenterez pas vos excuses aux membres du Likud, jamais vous ne deviendrez l’entraîneur de l’équipe nationale israélienne ».

Elle avait exigé que Berkovic présente ses excuses « au million et demi de membres du Likud, que vous avez désignés comme étant des ‘adhérents à une organisation criminelle’. »

Berkovic, en réponse, avait dit à Regev que ses propos n’avaient concerné que « vous et toute votre équipe ».

« C’est vous et votre équipe. Rien à voir avec tous vos électeurs », avait-il affirmé.

Evoquant Netanyahu par son surnom, il avait expliqué avoir parlé de « Bibi, et environ cinq de ses soldats d’infanterie. » Le Premier ministre est actuellement traduit devant les juges pour corruption.

Ofira Assayag, à gauche, et Eyal Berkovic, à droite, pendant une interview de la ministre des Transports Miri Regev, le 9 octobre 2020. (Capture d’écran/Douzième chaîne)

Regev avait poursuivi sa violente diatribe en affirmant que « vous devriez avoir honte. Je vous souhaite d’avoir ne serait-ce qu’un quart de notre moralité. Nous sommes fiers de celui qui est à la tête de ce pays, et c’est le Premier ministre Benjamin Netanyahu. »

Elle avait accusé Berkovic de pratiquer un favoritisme politique.

« Vous n’avez eu de cesse de faire et de défaire de nouveaux rois. A un moment, ça a été l’ancien ministre des Finances Moshe Kahlon, à un autre, le chef du parti Kakhol lavan Benny Gantz. Vous avez transformé Gantz en messie. Et où en est aujourd’hui votre messie ? », avait-elle interrogé.

Regev avait ensuite réalisé une vidéo alors qu’elle rentrait chez elle, revenant de l’émission. Elle l’avait téléchargée sur sa page Facebook.

« Je rentre chez moi après une interview très difficile dans l’émission ‘Ofira et Berkovic.’ Le moment n’est pas venu d’abandonner le terrain, mais bien de leur répondre. Il est impossible de tolérer que ces gens qualifient un million et demi de Likudniks de ‘membres d’une organisation criminelle’, » dit-elle dans le clip.

« Le moment est venu de tout mettre sur la table, de répondre à ces gens et de ne pas avoir peur. Alors faites-vous entendre parce qu’on ne peut pas tolérer d’être transformés en punching ball. J’espère vraiment qu’il n’y aura pas de montage et que l’interview sera diffusée telle qu’elle a été faite au public israélien », continuait-elle.

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פורסם על ידי ‏Miri Regev מירי רגב‏ ב- יום שישי, 9 באוקטובר 2020

Cette vidéo a été regardée plus de 500 000 fois et elle a entraîné des dizaines de milliers de réactions.

Berkovic est l’un des joueurs de football les plus légendaires au sein de l’Etat juif. Il a participé à 79 matchs de l’équipe nationale dans les années 1990 et 2000, et il a joué dans des clubs de Premier league au cours d’une carrière passée en Grande-Bretagne pendant une décennie.

Le joueur de foot israélien Eyal Berkovic, à droite, en 1986. (Crédit : Moshe Shai/Flash90)

Il a entraîné dans le passé, le club du Hapoel Tel Aviv. Il a aussi été propriétaire du club de Rishon Lezion.

Suite aux propos de Regev, Berkovic a déclaré à Sport One qu’il espérait devenir le prochain coach de l’équipe nationale. L’entraîneur actuel, Willibald Ruttensteiner, devrait se retirer au mois de décembre.

Un haut-membre de l’Association nationale de football a confié au radiodiffuseur Kan que Berkovic était candidat à cette fonction si Ruttensteiner devait quitter son poste.

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