Epstein aurait forcé une femme à avoir des relations sexuelles avec Ehud Barak
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Epstein aurait forcé une femme à avoir des relations sexuelles avec Ehud Barak

Cette accusation a été révélée par l'avocat Alan Dershowitz, également mis en cause, dans un document judiciaire ; les deux hommes nient tout acte répréhensible

Ehud Barak, membre du Camp démocratique, s'exprime lors d'un événement culturel dans la ville du centre du pays de Shoham, le 24 août 2019. (Tomer Neuberg/Flash90)
Ehud Barak, membre du Camp démocratique, s'exprime lors d'un événement culturel dans la ville du centre du pays de Shoham, le 24 août 2019. (Tomer Neuberg/Flash90)

Des documents judiciaires fournis par l’avocat américain Alan Dershowitz ont révélé, mardi, qu’une femme avait déclaré qu’Ehud Barak faisait partie des importantes personnalités avec lesquelles elle avait été contrainte d’avoir des relations sexuelles par Jeffrey Epstein.

Les avocats de Virginia Roberts Giuffre avaient demandé à un tribunal de Floride de ne pas autoriser l’accès à des registres placés sous scellés à l’équipe de Dershowitz, dans le cadre d’une plainte pour diffamation de Dershowitz à son encontre.

Elle avait affirmé avoir été obligée d’avoir des relations sexuelles avec lui alors qu’elle était adolescente, a indiqué le Miami Herald et l’équipe d’avocats s’était dit inquiète de ce que certaines informations figurant dans les registres puissent être dénaturées ou utilisées hors contexte.

Toutefois, pendant l’audience, Howard Cooper, avocat de Dershowitz, a déclaré au tribunal que l’équipe avait finalement déjà obtenu certaines dépositions et que Dershowitz avait identifié Barak – ainsi que le propriétaire de L Brands et de Victoria’s Secret, Leslie Wexner – comme deux des hommes auxquels Epstein, riche financier condamné pour crimes sexuels et soupçonné d’en avoir commis bien davantage, aurait livré la jeune fille dans des actes de prostitution, a noté le Herald.

« Giuffre a également prétendu qu’elle avait été obligée d’avoir des relations sexuelles avec l’ex-Premier ministre israélien Ehud Barack [sic], » dit le document lu en réponse aux accusations contre Dershowitz. « Giuffre n’a apporté aucune autre preuve que sa parole non-corroborée ».

L’avocat Alan Dershowitz quitte la cour fédérale à New York, le 2 décembre 2019 (Crédit : Richard Drew/AP)

Giuffre avait poursuivi Dershowitz pour diffamation l’année dernière, et cet avocat des célébrités avait contre-attaqué en réponse en déposant plainte pour le même motif.

Des conseillers de Barak ont déclaré devant les caméras de la Douzième chaîne que le nom du Premier ministre était « jeté en pâture afin de repousser les accusations lancées à l’encontre de Dershowitz. La déposition de Dershowitz établit que la déclaration sous serment qui a été faite par la femme est mensongère ».

Dershowitz, un proche du Premier ministre Benjamin Netanyahu et du président américain Donald Trump, qui a fait partie de l’équipe de défense de ce dernier dans son dossier d’impeachment, a entraîné cette semaine une tempête médiatique contre une série récente, diffusée sur Netflix, portant sur le dossier Epstein, en disant qu’il n’était allé sur l’île appartenant au financier condamné pour crime sexuel qu’à une occasion, avant que ce dernier ne soit soupçonné d’acte répréhensible, et qu’il avait fait ce voyage en compagnie de son épouse et de sa fille.

Giuffre avait également affirmé qu’Epstein l’avait livrée au prince Andrew de Grande-Bretagne, l’obligeant à avoir des relations sexuelles avec lui à trois occasions – à Londres, à la demeure de New York d’Epstein lorsqu’elle avait 17 ans et dans les îles Vierges américaines quand elle en avait environ 18.

Les procureurs de New York ont voulu s’entretenir avec Andrew pendant plusieurs mois dans le cadre de leur enquête sur les accusations, lancées par plusieurs femmes, selon lesquelles des employés d’Epstein, ainsi que sa petite amie, avaient aidé l’homme d’affaires à recruter de jeunes mineures comme partenaires sexuelles.

Barak a été poursuivi pour ses liens avec Epstein, qui remontent à plus de 15 ans. Le sujet était devenu le point sensible de sa campagne électorale de 2019 en Israël, après l’arrestation du financier. Ce dernier est ultérieurement mort en prison, au cours d’un présumé suicide.

Barak, qui avait souscrit un accord d’affaires avec Epstein en 2015, des années après la condamnation du financier américain pour racolage, avait qualifié les accusations de prostitution – la rumeur courait depuis longtemps – « d’immondes » et il avait annoncé qu’il avait officiellement coupé toutes les relations commerciales avec lui.

Barak, qui aurait rendu fréquemment visite à Epstein dans ses diverses habitations, dit depuis longtemps que les insinuations à son encontre en lien avec Epstein ont résulté de « l’atmosphère empoisonnée » créée par Netanyahu au cours des deux dernières décennies.

Virginia Roberts Giuffre pendant une interview dans l’émission BBC Panorama, le 2 décembre 2019 (Capture d’écran : BBC Panorama via AP)

Les voisins de l’immeuble résidentiel appartenant au frère d’Epstein avaient déclaré que Barak était « fréquemment présent » dans le bâtiment, avait fait savoir le Daily Beast l’année dernière.

Les habitants de l’immeuble avaient ajouté qu’ils savaient quand le politicien était là parce que des « voitures tape-à-l’oeil » étaient garées à l’extérieur et que ses gardes du corps restaient dans le couloir.

Une habitante avait aussi raconté au journal qu’il s’était trouvé dans l’ascenseur en présence de gardiens de sécurité qui parlaient hébreu, et qu’elle apercevait régulièrement l’un d’entre eux à l’entrée d’un appartement du 11e étage. Un autre avait déclaré qu’il avait vu des gardes du corps dans le couloir à au moins une douzaine d’occasions.

Le journal n’avait pas clairement établi comment les résidents avaient su que ces gardes du corps étaient bien ceux de Barak.

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