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« #FakeImages », une exposition de dessins antisémites au siège de l’ONU

L’évènement à New York vise à dénoncer les discours de haine et prévenir le racisme et l’antisémitisme

Enfant caché pendant la Shoah, Arthur Langerman est, après une carrière de diamantaire à Anvers, devenu collectionneur. Un collectionneur quelque peu particulier : il détient l’une des plus grandes collections privées d’objets et images antisémites au monde, 9 000 articles qui constituent le fonds des « Archives Arthur Langerman pour la recherche sur l’iconographie antisémite », fondation créée en 2019 à l’Université technique de Berlin, en Allemagne.

Des affiches dessinées issues de sa collection sont présentées, depuis le 16 janvier et jusqu’au 20 février, au siège des Nations unies, à New York. L’évènement vise à dénoncer les discours de haine et prévenir le racisme et l’antisémitisme.

L’exposition, intitulée « #FakeImages », avait auparavant été présentée à la Kazerne Dossin à Malines (Anvers), en Belgique. Une version modifiée avait ensuite été présentée au siège de la Commission européenne à Bruxelles en novembre dernier.

« L’exposition présente des images antisémites à travers les âges et révèle les mécanismes qui impactent la pensée et la société contemporaines », indique le communiqué de l’évènement. « À l’aide d’exemples contemporains, des installations interactives encouragent les visiteurs à démasquer ces mécanismes intemporels tels que les stéréotypes, les théories du complot, la propagande, etc. »

La collection d’Arthur Langerman a également auparavant été partiellement présentée au Mémorial de Caen, au Centre communautaire laïc juif de Bruxelles et au Musée juif de Belgique et a fait l’objet d’un ouvrage, Dessins assassins ou la corrosion antisémite (Fayard) et d’un documentaire intitulé « Le Collectionneur ».

Par ces objets, artefacts et images nazis, Arthur Langerman, qui a perdu son père pendant la Shoah, dit étudier l’histoire et la géographie de l’antisémitisme. « La plupart des gens, dont mes parents, ne mesuraient pas l’ampleur de ce qui se passait », dit-il. « On a commencé à tuer des Juifs dès 1933, mais ils ont cru qu’il ne leur arriverait rien, ils ont même eu un enfant pendant la guerre. S’ils avaient vu toutes ces images que j’ai devant moi, ils auraient compris. Ils auraient peut-être fui. »

« J’ai entamé cette collection pour comprendre le regard qui est posé sur les Juifs », ajoute-t-il. « En filigrane, il y a cette question qui me hante depuis toujours : qu’ont fait ces 16 millions de Juifs pour qu’on en vienne à les exterminer ? Or, en 1939, 16 millions de Juifs sur une population de 2 milliards, c’est marginal. Qu’ils soient riches ou pauvres, grands ou petits, laids ou beaux, bêtes ou intelligents, la haine dont ils font l’objet est la même. »

Sa collection et l’exposition actuelle à New York donnent ainsi un aperçu de la folie haineuse et sanguinaire des hommes. Elles rendent compte de la force des images et de la propagande, et retracent l’historique de l’antisémitisme, notamment en Belgique.

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