Rechercher

Football : Les monarchies du Golfe condamnent les propos d’une ministre allemande

Les autorités ont convoqué l'ambassadeur d'Allemagne à Doha pour "protester" contre les propos de Nancy Faeser qui a critiqué le bilan du Qatar en matière de droits humains

Une vue de la clôture autour du Centre d'exposition et de convention de Doha où le tirage au sort de la Coupe du monde de football a eu lieu le 1er avril 2022. (Crédit : Darko Bandic/AP)
Une vue de la clôture autour du Centre d'exposition et de convention de Doha où le tirage au sort de la Coupe du monde de football a eu lieu le 1er avril 2022. (Crédit : Darko Bandic/AP)

Les monarchies arabes du Golfe ont dénoncé samedi les commentaires d’une ministre allemande qui a déclaré que le Qatar ne devrait pas accueillir la Coupe du monde de football fin novembre.

Vendredi, les autorités qataries ont convoqué l’ambassadeur d’Allemagne à Doha pour « protester » contre les propos « inacceptables et provocateurs » de la ministre de l’Intérieur Nancy Faeser, qui a critiqué le bilan du petit émirat du Golfe en matière de droits humains.

« Le Conseil de coopération du Golfe (CCG) soutient le Qatar face à toute ingérence dans ses affaires intérieures à travers des allégations qui ne favorisent pas les relations diplomatiques », a déclaré samedi Nayef al-Hajraf, le secrétaire général de cette alliance politico-économique dominée par l’Arabie saoudite, et comprenant Bahreïn, les Émirats arabes unis, le Koweït, le Qatar et Oman.

Dans une interview avec le réseau ARD diffusée jeudi, la ministre allemande a affirmé que « l’accueil de cette compétition par le Qatar était très délicat ».

« Il y a des critères qui doivent être respectés et il vaut mieux que les compétitions (de cette ampleur) ne soient pas attribuées à de tels États », a ajouté la ministre qui devait se rendre lundi avec le président de la Fédération allemande de football au Qatar.

Le pays musulman conservateur a fait l’objet de nombreuses critiques concernant son traitement des travailleurs migrants, ainsi que des droits des femmes et de la communauté LGBTQ. Mais c’est la première fois qu’un ambassadeur étranger est convoqué pour de tels commentaires.

Une maquette du stade Ras Abu Aboud Stadium, pour la Coupe du monde de football 2022 qui se déroulera à Doha, au Qatar, le 25 septembre 2019. (Crédit : GIUSEPPE CACACE / AFP)

Le riche État du Golfe, qui a dépensé des dizaines de milliards de dollars pour accueillir le tournoi du 20 novembre au 18 décembre, a exprimé une colère croissante face aux attaques auxquelles il a été confronté.

L’émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al Thani, a fustigé mardi une campagne « sans précédent » contre l’organisation de la Coupe du monde de football, dénonçant des « calomnies » à moins d’un mois du coup d’envoi de cet événement planétaire.

« Depuis que nous avons eu l’honneur d’accueillir la Coupe du monde, le Qatar a été la cible d’une campagne sans précédent qu’aucun autre pays hôte n’a subie », a-t-il déclaré lors d’un discours devant le conseil législatif à Doha.

Pour le ministère qatari des Affaires étrangères, l’organisation d’une première Coupe du monde dans un pays arabe est « une justice rendue à une région souffrant d’un stéréotype injuste depuis des décennies ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...