France: des parents enjoints de changer leurs enfants d’une école « salafiste »
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France: des parents enjoints de changer leurs enfants d’une école « salafiste »

Basée à Echirolle, l'école privée hors-contrat Philippe Grenier - du nom du premier député musulman de France - conteste les accusations du ministre de l'Education

Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education quitte l'Elysée après une réunion, le 30 mai 2018 on May 30 (Crédit AFP PHOTO / Ludovic MARIN)
Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education quitte l'Elysée après une réunion, le 30 mai 2018 on May 30 (Crédit AFP PHOTO / Ludovic MARIN)

Les parents d’une école près de Grenoble accusée d’être « d’inspiration salafiste » ont été enjoints par le rectorat de changer leurs enfants d’établissement, a-t-on appris de sources concordantes vendredi.

Jeudi soir, dans l’émission Le Téléphone Sonne sur France Inter, le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, annonçait: « Je viens de prendre la décision, sur les bases juridiques et concrètes que j’avais, de fermer une école d’inspiration salafiste dans l’académie de Grenoble ».

« Nous réaffecterons les 40 élèves concernés au retour des vacances », a ajouté le ministre.

Basée à Echirolle (Isère), l’école privée hors-contrat Philippe Grenier – du nom du premier député musulman de France – conteste les accusations du ministre.

Le rectorat a confirmé à l’AFP avoir envoyé un courrier aux parents les « enjoignant (de) changer d’école suite à une décision judiciaire ». Mais l’école ne devrait pas cesser son activité avant la fin de l’année scolaire.

L’école Philippe Grenier est certes passée devant le tribunal correctionnel de Grenoble en janvier, à la suite d’un signalement de l’Education nationale qui estime que « les connaissances des élèves ne permettent pas d’atteindre le minimum attendu ».

Le tribunal l’a condamnée en février à fermer mais elle a fait appel et cet appel est suspensif. L’audience en appel est fixée le 1er juillet, a indiqué à l’AFP le parquet de Grenoble.

D’ici là, l’école devrait rester ouverte. « L’école fermera quand il y aura une décision de justice. On ne va pas fermer une école sur une simple déclaration d’un ministre à la radio », a réagi auprès de l’AFP l’avocat de l’établissement, Me Michaël Bendavid.

Et si son client reconnaît que le niveau des enseignants doit s’améliorer dans cette structure, il nie en revanche les accusations de salafisme.

« Elles reposent sur une phrase totalement inadaptée prononcée à ses débuts par un des porteurs du projet qui disait en substance ‘il faut préserver nos enfants des vices de l’enseignement public' », rapporte l’avocat.

Cette école, portée par l’association Union d’initiatives citoyennes et éthiques (Unicite), propose huit heures d’enseignement par semaine du coran et de l’arabe, précise encore l’avocat.

A l’audience en janvier, le procureur avait dans ses réquisitions estimé que cette école était « nocive ». « Les connaissances sont rabâchées. Il n’y a pas de production orale et écrite, pas d’enseignement artistique, pas de travail de groupe, pas d’ouverture sur le monde, pas d’encouragement à développer l’esprit critique. C’est de l’obscurantisme, du lavage de cerveau », affirmait-il selon le compte-rendu fait par le quotidien régional Le Dauphiné Libéré.

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