France : prison contre des « revenants » de Syrie, dont le beau-frère de Merah
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France : prison contre des « revenants » de Syrie, dont le beau-frère de Merah

Ces "revenants" nient avoir combattu pour le compte de l'organisation Etat islamique en Syrie et disent être rentrés, car la réalité sur place ne correspondait pas à leurs aspirations

"Les lionceaux du Califat.",  des enfants recevant une formation militaire des militants de l'Etat islamique dans un camp près de Damas, en Syrie, le 6 décembre 2014 (Crédit : SITE Intel Group)
"Les lionceaux du Califat.", des enfants recevant une formation militaire des militants de l'Etat islamique dans un camp près de Damas, en Syrie, le 6 décembre 2014 (Crédit : SITE Intel Group)

Six hommes, parmi lesquels le beau-frère de Mohamed Merah, ont été condamnés vendredi à Paris à des peines allant de 2 ans ferme à 15 ans d’emprisonnement pour être partis en Syrie en 2014.

Les prévenus, jugés pour association de malfaiteurs terroriste, faisaient partie d’un groupe du sud-ouest de la France, notamment de Toulouse, parti début 2014 en Syrie.

Le tribunal correctionnel a notamment condamné à neuf années d’emprisonnement Abdelouahed El-Baghdadi, époux de Souad Merah, la soeur radicalisée de Mohamed Merah, le jihadiste qui avait tué en mars 2012 sept personnes dans le Sud-Ouest.

Le procès de son frère et d’un autre homme accusé de complicité est actuellement en cours à Paris.

Le tribunal a également condamné à 15 ans de prison Imad Djebali, soupçonné d’être l’un des leaders des Toulousains et en récidive.

Le parquet avait demandé des peines allant de 5 à 15 ans.

Ces « revenants » nient avoir combattu pour le compte de l’organisation Etat islamique en Syrie. La plupart ont expliqué être rentrés, car la réalité sur place ne correspondait pas à leurs aspirations.

Djebali, El-Baghdadi et un converti, Gaël Maurize, ont connu un retour mouvementé : ils s’étaient retrouvés dans la nature après leur expulsion de Turquie vers la France, sans personne pour les interpeller, à la faveur d’un retentissant « cafouillage » franco-turc. Ils s’étaient rendus dans la foulée.

Gaël Maurize, qui a concédé avoir monté la garde pour l’EI, a été condamné à huit ans d’emprisonnement, peine assortie d’une période de sûreté des deux tiers comme pour ses deux comparses.

Noureddine Othmani, qui assure avoir fait de l’humanitaire en Turquie, a été condamné à neuf années d’emprisonnement. Et deux jeunes hommes, qui comparaissaient libres et ont dit avoir été traumatisés par la vue d’exactions en Syrie, ont été condamnés à cinq ans dont trois avec sursis, une peine aménageable.

Selon le procureur, les prévenus ne pouvaient « bénéficier de l’excuse de naïveté » et invoquer un « séjour mystico-humanitaire », au vu des cercles dans lesquels ils gravitaient dans le Sud-Ouest.

Djebali et El-Baghdadi appartenaient au groupe de Toulouse, une émanation selon l’accusation d’une précédente filière jihadiste dite d’Artigat (un village également dans le Sud-Ouest) vers l’Irak pendant la guerre, dossier dans lequel le même Djebali a été condamné en 2009.

On retrouvait dans ce groupe de Toulouse le demi-frère par alliance de Mohamed Merah, Sabri Essid, lui aussi condamné dans le dossier Artigat. Quentin Lebrun, qui brûlera son passeport dans une vidéo de l’EI fin 2014. Ou Jean-Michel Clain, qui revendiquera, avec son frère Fabien, les tueries du 13 novembre 2015 en France.

Lebrun, Clain et Essid seraient toujours en Syrie, vivants ou morts.

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