France: un Tunisien condamné pour un salut nazi dans un mémorial de la Shoah
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France: un Tunisien condamné pour un salut nazi dans un mémorial de la Shoah

Le prévenu avait été filmé en 2014 par le système de vidéo-surveillance de l'ancien camp d'internement de Drancy

Le camp de Drancy, qui a été dirigé par Aloïs Brunner, était le plus grand camp de concentration français, où 100 000 juifs ont été emprisonnés et envoyés à Auschwitz entre 1941 et 1945. Photographie de juin 2010. (Crédit : Serge Attal/Flash90)
Le camp de Drancy, qui a été dirigé par Aloïs Brunner, était le plus grand camp de concentration français, où 100 000 juifs ont été emprisonnés et envoyés à Auschwitz entre 1941 et 1945. Photographie de juin 2010. (Crédit : Serge Attal/Flash90)

Un Tunisien de 19 ans a été condamné jeudi à trois mois de prison ferme par un tribunal français pour avoir mimé le salut nazi devant le wagon-mémorial d’un ancien camp d’internement de la seconde guerre mondiale, près de Paris.

Entre 1941 et 1944, 63 000 juifs français et étrangers ont été enfermés dans le camp de Drancy avant d’être déportés vers les camps d’extermination nazis. Moins de 2 000 en sont revenus.

Le prévenu, qui n’était pas présent à l’audience, a aussi été condamné à payer 500 euros de dommages et intérêts au Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA), qui le poursuivait pour incitation à la haine raciale.

Le 30 août 2014, cet homme avait été filmé par le système de vidéo-surveillance de cette ville située au nord-est de Paris alors qu’il se faisait photographier en train de faire le salut nazi en présence d’une femme et de deux enfants.

Le suspect avait été identifié grâce à la voiture de son beau-frère qu’il avait empruntée pour se rendre sur les lieux

Le jeune homme, qui réside en Tunisie, s’était rendu en France pour assister au mariage d’une de ses sœurs. Hébergé par son beau-frère dans le département, il avait enrôlé sa sœur et ses neveux dans son expédition à Drancy.

Le soir des faits, il avait repris un avion pour la Tunisie.

« Il n’y aucun doute sur l’intention de son geste, qui n’est pas fait n’importe où mais devant le wagon de ce lieu dont on connaît la triste histoire », a déclaré l’avocate du BNVCA, Me Sabine Tourjman.

Elle a souligné que le prévenu avait pris « la peine de se déplacer » jusqu’à Drancy et n’avait pas eu de scrupules à demander à son neveu de 9 ans d’immortaliser son geste.

Le procureur a enjoint la cour à faire preuve de « sévérité », dénonçant un « événement qu’on ne peut tolérer au moment où les actes antisémites et racistes vont grandissant ».

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