France : Une promo d’étudiants de Paris 13 aux forts relents antisémites
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France : Une promo d’étudiants de Paris 13 aux forts relents antisémites

Une étudiante a déposé plainte contre harcèlement à caractère antisémite contre des étudiants qui, sous couverts "d'humour", alternaient saluts hitlériens et blagues sur Auschwitz

Entrée de la faculté de médecine de Créteil en 2012 (Crédit: capture d'écran facdemedecinecreteil/Youtube)
Entrée de la faculté de médecine de Créteil en 2012 (Crédit: capture d'écran facdemedecinecreteil/Youtube)

Une étudiante de deuxième année de médecine a porté plainte pour injures antisémites proférées par d’autres étudiants de son université Paris-13 Villetaneuse – Bobigny – Saint-Denis.

La jeune fille de 20 ans raconte avoir fait l’objet de harcèlement à caractère antisémite de la part d’un groupe d’élèves de l’université, notamment dans le cadre de la préparation du week-end d’intégration de la fac de médecine, selon des informations révélées par Europe 1.

« Dès le début, j’ai expliqué que ça me blessait, j’ai dit qu’on ne pouvait pas rire de la Shoah, mais on est passé des blagues sur la Shoah à des saluts hitlériens, puis on invente un jeu qui s’appelle le ‘freespa’ [contraction de frisbee et kippa], le lancer de kippa qu’on jette par terre ».

Devant ses protestations, la jeune étudiante se retrouve ostracisée, et menacée d’être « trashée » lors du prochain week-end d’intégration.

A propos du thème du week-end justement : « Ils proposent à nouveau de renouveler le thème antisémite en l’appelant ‘bob Auschwitz 2019’ (bob désignant le week-end d’intégration, explique Europe 1), ‘bob-rafle 2019’, ‘bob [nom de famille de Rose] 2019’, ‘beau juif et boboche’, ‘les nazis contre les juifs’, avec une photo d’un étudiant juif brûlant dans les flammes ».

La jeune femme a décidé de porter plainte contre huit de ses camarades. Si elle est aujourd’hui soutenue par « une poignée d’amis » et la direction, elle est vue comme « traître » et « cancer » de la promotion par d’autres.

Elle affirme avoir eu « besoin de dénoncer cette banalisation de l’antisémitisme et cette acceptation sous couvert du second degré et de l’humour noir, comme si c’était normal ».

La plainte a été déposée dans un commissariat du Val-d’Oise le 20 octobre, a indiqué à l’AFP son avocat, Antonin Péchard. Le parquet de Bobigny a décidé d’ouvrir une enquête, confiée à la sûreté départementale de Seine-Saint-Denis.

La présidence de l’université a reçu la jeune femme ainsi que les étudiants mis en cause, a-t-elle indiqué à l’AFP.

« Le Président a (également) saisi la commission disciplinaire ainsi que le procureur de la République », a-t-elle ajouté.

Ces faits « sont profondément inacceptables », a réagi la ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal, dans un communiqué publié lundi matin.

« Au surlendemain de l’attaque antisémite de Pittsburgh aux Etats-Unis, je veux rappeler que les mots aussi peuvent tuer et que les injures et les gestes déplacés ont toujours été les prémices de violences plus grandes encore », a déclaré Frédérique Vidal. Elle « salue le fait que l’université Paris-13 ait pris les décisions qui s’imposaient dès que les faits ont été connus ».

La ministre indique qu’elle recevra « dès aujourd’hui le président de l’université Paris-13 afin de faire le point avec lui sur les dispositifs de prévention mis en place dans son établissement et sur les actions qui peuvent être immédiatement engagées pour mettre fin à ces dérives inacceptables ».

Elle se rendra vendredi à la Convention nationale de l’Union des étudiants juifs de France (UEJF), à Grenoble.

Ces faits de harcèlement présumés viennent allonger la liste des délits similaires commis depuis le début d’année dans des établissements d’enseignements supérieurs, et à propos desquels la ministre de l’Enseignement supérieur Fréderique Vidal a déclaré récemment qu’il « n’y a rien d’anodin sur la question du racisme et de l’antisémitisme ».

Devant la recrudescence des actes racistes et antisémites Frédérique Vidal avait décidé le 23 octobre dernier de faire un bilan d’étape du plan de lutte contre le racisme et l’antisémitisme lancé en mars dernier, aux côtés des principaux acteurs de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme. Et ce, suite « à la multiplication des tags, graffitis, et expressions antisémites ces dernières semaines dans plusieurs établissements d’enseignement supérieur ».

Frédérique Vidal faisait entre autres référence, au local de l’UEJF vandalisé à l’université de Tolbiac, en septembre dernier.

Il y a quelques jours, c’est à la Haute école de commerce (HEC) que des tags antisémites ont été découverts.

La semaine dernière, des croix gammées ont été taguées à la faculté de droit Assas (Paris 2).

Le plan de lutte contre le racisme et l’antisémitisme prévoit le renforcement du réseau des référents racisme antisémitisme dans les établissements d’enseignement supérieur. Selon le ministère de l’Enseignement supérieur, un référent est désormais présent depuis la rentrée dans chaque université.

Frédéric Potier, délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah), a demandé à l’université de « condamner publiquement ce genre de pratiques et d’engager des procédures de sanction exemplaires ». Car « l’université française ne saurait tolérer cet antisémitisme qui imprègne la vie étudiante », a-t-il écrit sur Twitter.

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