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Frappes israélo-américaines sur l’Iran : La diaspora attentive et pleine d’espoir

"Les Iraniens comptaient les minutes jusqu'à ce que les Américains viennent abattre le régime. Et maintenant, c'est ce que les États-Unis et Israël sont en train de faire !", dit un iranien installé à Istanbul

Alors que les États-Unis et Israël annoncent le début des frappes, un panache de fumée s'élève à la suite d'une explosion, à Téhéran, le 28 février 2026. (Credit : AP)
Alors que les États-Unis et Israël annoncent le début des frappes, un panache de fumée s'élève à la suite d'une explosion, à Téhéran, le 28 février 2026. (Credit : AP)

Au cœur de la nuit, ils guettent les informations en provenance de leur pays, l’Iran. Attentifs et pleins d’espoir, les Iraniens de Turquie sont prêts à célébrer la fin du régime en place à Téhéran.

« Tout le monde espère et se réjouit », assure Ali, un réalisateur iranien quadragénaire installé à Istanbul, qui, comme tous ses compatriotes contactés par l’AFP samedi, a souhaité garder l’anonymat.

La Turquie, pays majoritairement sunnite, partage 550 km de frontière et trois points de passage avec son grand voisin chiite, et accueille officiellement plus de 74 200 citoyens détenteurs d’un permis de séjour et 5 000 réfugiés.

« Les Iraniens comptaient les minutes jusqu’à ce que les Américains viennent abattre le régime », reprend Ali.

« Et maintenant, c’est ce que les États-Unis et Israël sont en train de faire ! », dit-il en célébrant une « opération humanitaire ».

« Ne pas agir, c’est n’accorder aucun prix à la vie humaine et préférer soutenir un gouvernement terroriste », assène-t-il.

Les automobilistes affluant vers les autoroutes de Téhéran alors que les États-Unis et Israël frappent l’Iran, le 28 février 2026. (Crédit : Atta Kenare/AFP)

Comme son amie Sepideh, Ali est un fervent soutien de Reza Pahlavi, le fils du shah d’Iran déchu, et espère qu’il pourra mener la transition.

« Je suis heureuse et inquiète », confie Sepideh, une ancienne enseignante qui a obtenu le statut de réfugiée en Turquie.

« J’ai réussi à joindre des amis ce matin, mais depuis, Internet a été coupé en Iran. »

« Chaque Iranien est prêt ! Dès que Reza Pahlavi en donnera l’ordre, nous rentrerons ; nous ne resterons pas une minute de plus à l’étranger », affirme encore Amir Hossein.

« Nous rentrerons pour construire un Iran grandiose », ajoute le chanteur originaire de Téhéran.

« Redescendre dans les rues »

Mehdi, jeune ingénieur de Tabriz (ouest de l’Iran), en exil avec son épouse et d’origine azérie, a pu joindre sa famille la nuit dernière : « Ils s’attendaient à une guerre et ont stocké des vivres et de l’essence pour gagner la campagne. »

« Nous n’avons pas voulu la guerre, c’est le régime brutal des mollahs qui nous a mis dans cette situation », dit-il, en soulignant qu’il ne soutient « ni Israël ni Trump », le président américain, ni le retour de Reza Pahlavi. « Des jours difficiles s’annoncent », prédit-il, « mais nous survivrons ».

Des habitants observant la fumée s’élever dans le ciel après une explosion à Téhéran, en Iran, le 28 février 2026. (Crédit : AP)

Pour tous, cette guerre qui s’engage est l’occasion de venger la mort et l’arrestation de dizaines de milliers de manifestants, principalement des jeunes, lors de la grande vague de contestation de janvier, réprimée dans le sang.

Pour Nina, une trentenaire de Tabriz qui vit en Turquie depuis quatre ans, « si nous n’arrivons pas à renverser le régime maintenant, il y aura encore une fois des massacres ».

Cependant, si les puissances étrangères peuvent déstabiliser et affaiblir le régime, elles ne peuvent pas le renverser : « C’est au peuple iranien d’en avoir le pouvoir », souligne-t-elle en espérant que les frappes encourageront les Iraniens. Ensuite, le peuple devra retourner dans les rues. »

Reza, 39 ans, n’approuve pas non plus la guerre. « Mais nous préférons ça plutôt qu’ils [le pouvoir, ndlr] tuent nos enfants. » Il espère également que les frappes engagées samedi inciteront les Iraniens à redescendre dans les rues, contrairement à la guerre de douze jours en juin dernier.

« C’est tellement différent, le régime va changer. La dernière fois, les gens ne s’en préoccupaient pas vraiment, ils étaient passifs. Mais cette fois, ils attendaient Trump et Israël pour les aider. Ils sont terriblement en colère. 40 000 personnes sont mortes et attendent, comme un loup, une occasion de se venger », insiste-t-il, se disant convaincu que cette fois, « les Américains et Israël vont terminer le travail ».

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