Funérailles d’une Israélienne qui aurait été tuée par sa famille en Turquie
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Funérailles d’une Israélienne qui aurait été tuée par sa famille en Turquie

A Umm al-Fahm, les personnes endeuillées se sont souvenues de Siwar Keblawi comme d'une femme "tranquille, agréable et modeste", sans évoquer les accusations visant la famille

Le cercueil de Siwar Keblawi est transporté au cours de ses funérailles dans la ville d'Umm al-Fahm, dans le nord du pays, le 9 février 2018 (Capture d'écran : Twitter)
Le cercueil de Siwar Keblawi est transporté au cours de ses funérailles dans la ville d'Umm al-Fahm, dans le nord du pays, le 9 février 2018 (Capture d'écran : Twitter)

Ce sont des centaines de personnes qui ont assisté samedi aux funérailles d’une étudiante israélienne, qui aurait été tuée par sa famille en Turquie.

L’inhumation a eu lieu à Umm al-Fahm, dans le nord du pays, après le rapatriement en Israël, dans la nuit, de la dépouille de Siwar Keblawi.

Keblawi, 20 ans, vivait à Izmir avec son père lorsqu’elle a été assassinée. Son père et son frère ont été placés en détention pour meurtre par les autorités turques.

« Siwar était une jeune femme tranquille, agréable et modeste. Elle n’a jamais fait de mal à qui que ce soit. J’ai entendu des choses choquantes et depuis l’incident, je n’arrive plus à dormir. Je ne fais que penser à ce qui lui est arrivé », a dit une amie de Keblawi dans un éloge funèbre, des propos repris par le site d’information Ynet.

Un proche de Keblawi a remercié les personnes présentes pour leur soutien, sans commenter les soupçons pesant sur le frère et le père de la victime.

« J’appelle chacun d’entre vous à attendre la fin de l’enquête et à ne pas publier des rumeurs. Tout ce que nous savons, c’est que Siwar est tombée du quatrième étage et il n’y a pas d’autres informations. Tout commentaire déplacé blessera la famille toute entière », aurait dit le proche, selon Ynet.

Avant les funérailles, la municipalité d’Umm al-Fahm avait demandé aux commerces de la ville de baisser le rideau pendant deux heures en signe de deuil, a fait savoir la chaîne publique Kan.

Siwar Keblawi. (Autorisation)

Selon des informations parues sur le site d’information Walla, Keblawi avait fui vers la Turquie où elle vivait aux côtés de son père après avoir été la cible de menaces à l’occasion d’une « dispute familiale ». Son frère aîné était parvenu à la localiser et l’avait rejointe dans le pays.

Après avoir initialement affirmé aux autorités que la jeune femme était tombée du balcon du troisième étage lors d’un suicide présumé, la police turque a découvert des éléments probants lui permettant de soupçonner le frère de Keblawi de l’avoir étranglée.

Le jeune homme serait arrivé à Izmir depuis Israël en début de semaine et se serait disputé avec sa sœur mercredi soir. Keblawi se serait alors enfermée dans une pièce dotée un balcon, avant que son frère ne parvienne à en casser la porte. La jeune femme se serait ensuite jetée dans le vide, un geste qui l’aurait laissée grièvement blessée.

La police pense qu’elle aurait sauté du balcon pour échapper aux deux hommes et qu’elle aurait été tuée peu après.

Selon les médias turcs, le frère et le père auraient alors ramené le corps dans l’habitation, où l’un d’entre eux – ou les deux – l’auraient étranglée et tuée. Des hématomes ont en effet été découverts sur le cou de la victime.

Une vidéo diffusée jeudi par les médias turcs montre les deux hommes transporter la jeune femme hors de la cour – qui, selon la police, était encore vivante à ce moment-là. Le père et le frère de Keblawi ont été arrêtés.

Keblawi s’était inscrite dans une université locale après avoir rejoint son père à Izmir, il y a quelques mois. La police israélienne a déclaré connaître les détails du dossier et coopérer avec les autorités turques, a fait savoir Walla.

Le frère interpellé aurait également été récemment impliqué dans une fusillade contre des agents de police israéliens.

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