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Gantz : Israël crée une alliance de défense aérienne au Moyen-Orient contre l’Iran

Le ministre de la Défense mentionne les pourparlers menés par entre Israël et les pays arabes pour contrer Téhéran ; il souligne son opposition à un "mauvais accord nucléaire"

Judah Ari Gross est le correspondant du Times of Israël pour les sujets religieux et les affaires de la Diaspora.

Le ministre de la Défense Benny Gantz lors d'une conférence de presse à Tel Aviv, le 21 juin 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/ Flash90)
Le ministre de la Défense Benny Gantz lors d'une conférence de presse à Tel Aviv, le 21 juin 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/ Flash90)

Israël est en train de constituer une alliance régionale de défense aérienne pour protéger ses membres face à l’Iran, a déclaré lundi le ministre de la Défense Benny Gantz, semblant confirmer, du moins en partie, une information selon laquelle l’armée israélienne était en pourparlers avec ses homologues saoudiens et qataris à ce sujet.

« Nous sommes en train de consolider notre alliance avec d’autres pays de la région afin de garantir un Moyen-Orient sûr, stable et prospère. Ceci inclut, entre autres, la défense aérienne », a déclaré Gantz, s’exprimant au début de la réunion de faction de son parti Kakhol lavan à la Knesset.

« Nous voulons la renforcer, car un Moyen-Orient stable représente un intérêt international, régional et israélien de premier ordre », a-t-il ajouté.

M. Gantz faisait apparemment allusion à un article paru dimanche dans le Wall Street Journal, selon lequel les États-Unis auraient organisé au début de l’année des discussions sur la lutte contre la menace que représentent les missiles et les drones iraniens au Moyen-Orient avec des représentants d’Israël, d’Arabie saoudite, du Qatar, d’Égypte, des Émirats arabes unis, de Bahreïn et de Jordanie. Israël n’a pas de liens officiels avec l’Arabie saoudite ou le Qatar.

Bien que Gantz ait confirmé les efforts visant à former une alliance régionale de défense aérienne, il n’a pas fait de commentaires spécifiques sur la coordination directe avec l’Arabie saoudite et le Qatar. L’article a été publié juste avant la visite du président américain Joe Biden dans la région, notamment en Israël et en Arabie saoudite.

« Bien sûr, nous nous préparons tous à la visite de Biden au Moyen-Orient et en Israël, qui, je l’espère, aura une influence positive et peut-être même apportera une percée dans notre capacité à agir contre l’agression iranienne dans la région », a déclaré Gantz.

Le président Joe Biden dans le bureau ovale de la Maison Blanche, le 31 mai 2022 à Washington. (Crédit : AP Photo/Evan Vucci, File)

Selon l’article du Wall Street Journal, le sommet s’est tenu à Charm el-Cheikh, dans la péninsule égyptienne du Sinaï. Le chef d’état-major des forces de défense israéliennes, Aviv Kohavi, a assisté à l’événement aux côtés du général Fayyadh bin Hamed Al Ruwaili, chef d’état-major des forces armées saoudiennes. Les États-Unis étaient représentés par le général Frank McKenzie, qui dirigeait alors le US Command.

Selon l’article, c’était la première fois que des officiers supérieurs venant d’Israël et des pays arabes se rencontraient sous les auspices de l’armée américaine.

Dans ses remarques lundi, Gantz a souligné les préoccupations d’Israël concernant un nouvel accord nucléaire entre les puissances mondiales et l’Iran, suite à la reprise attendue des négociations indirectes entre Washington et Téhéran sur ce sujet.

« Israël ne s’oppose pas nécessairement à un accord nucléaire, il s’oppose à un mauvais accord nucléaire. C’est la position officielle d’Israël, qui a été exprimée ouvertement et franchement à tous nos alliés dans le monde », a-t-il déclaré.

« Avec la reprise attendue des négociations nucléaires, nous continuerons à travailler avec les États-Unis et d’autres pays afin de clarifier notre position et d’influencer la formulation de l’accord, s’il y en a un. En tout état de cause, nous continuerons à nous défendre avec nos propres forces, à renforcer ces dernières, à agir contre l’Iran et ses procédés, et à nous préparer à l’éventualité d’un passage à l’arme nucléaire », a-t-il déclaré.

Depuis près de deux ans, Tsahal prépare des plans et organise des exercices pour une éventuelle frappe militaire sur les installations nucléaires de l’Iran. Bien que les responsables américains aient souligné la nécessité d’une solution diplomatique à la menace posée par le programme nucléaire iranien, l’armée américaine participe régulièrement ou observe les préparatifs d’Israël.

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