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Gantz dément être en pourparlers avec le Likud

Selon le chef de Kakhol lavan, les fuites d'entretiens présumés avec Netanyahu pourraient venir du Likud comme de la coalition, pour l'incriminer en cas de chute du gouvernement

Le ministre de la Défense Benny Gantz et le Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu au plénum de la Knesset, le 13 juin 2021. (Crédit : Noam Moskowitz/Knesset)
Le ministre de la Défense Benny Gantz et le Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu au plénum de la Knesset, le 13 juin 2021. (Crédit : Noam Moskowitz/Knesset)

Le ministre de la Défense Benny Gantz a indiqué vendredi qu’il n’était pas en pourparlers avec le parti du Likud en vue de la formation d’un nouveau potentiel gouvernement, tentant d’étouffer les rumeurs laissant entendre que lui et son parti Kakhol lavan se prépareraient à quitter le navire alors que la coalition lutte actuellement pour se maintenir au pouvoir.

Il a déclaré dans l’enregistrement d’un appel en visioconférence avec des partisans – un enregistrement qui a fuité auprès des médias – que les personnalités qui étaient venues le sonder au nom du Likud sur un nouveau gouvernement possible avaient reçu « une tape sur le nez ».

L’opposition et le président du Likud, Benjamin Netanyahu, « ont apporté une forte contribution, dans le passé, à l’État d’Israël mais ces dernières années, ils ont abîmé l’État tout en mettant en danger l’état de droit et la démocratie. Nous ne nous joindrons pas à eux », a déclaré Gantz.

Il a affirmé que les informations laissant entendre qu’un accord l’unissant au Likud serait en préparation pouvaient venir de tout le spectre politique – du cercle de Netanyahu, où la perspective de renforcer le positionnement du chef du Likud en faisant la démonstration qu’il est capable de travailler avec Gantz est intéressante, ou de personnalités de la coalition, pour qui il serait ensuite facile d’attribuer l’éventuel renversement du gouvernement aux manigances du ministre de la Défense.

Mais Gantz avait déjà donné de telles garanties auparavant. Au cours de trois campagnes électorales consécutives, en 2019 et en 2020, le leader de Kakhol lavan avait juré de ne jamais rejoindre un gouvernement placé sous l’autorité de Netanyahu. Mais avec une impasse politique qui semblait sans solution, Gantz avait changé d’avis au début de l’année 2020 et il avait signé un accord de coalition avec Netanyahu – un accord qui prévoyait alors que le chef de Kakhol lavan succède au dirigeant du Likud, après 18 mois de fonction, au poste de Premier ministre. Netanyahu avait trouvé une faille dans l’accord qui exigeait la dissolution de la coalition en cas d’incapacité à adopter un budget, l’exploitant à son avantage jusqu’à la chute du gouvernement, à la fin de l’année 2020.

Kakhol lavan s’était à nouveau présenté lors du scrutin de 2021, après avoir perdu la plus grande partie de ses partisans, mais le parti était parvenu à gagner huit sièges à la Knesset et il avait rejoint le gouvernement actuel. Néanmoins, Gantz est considéré comme passablement aigri alors que son ancien partenaire politique, Yair Lapid, doit remplacer Naftali Bennett au poste de Premier ministre l’année prochaine. Le président de Kakhol lavan, pour sa part, restera ministre de la Défense et un partenaire de moindre importance (même si peu d’analystes envisagent un maintien de la coalition pendant encore plusieurs mois, sans parler d’une année entière). Lapid était le numéro deux de Gantz au sein de Kakhol lavan mais il avait quitté le mouvement après le ralliement de l’ex-chef d’État-major à Netanyahu, en 2020.

Le ministre de la Défense Benny Gantz lors d’une séance plénière à la Knesset, le 23 mai 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les rumeurs laissant entendre que Gantz se rapprocherait du Likud avaient émergé au début de la semaine dernière, quand le ministre de la Défense avait fait un compromis sur une loi portant sur l’allocation de bourses d’études aux anciens soldats de Tsahal, un compromis qui avait finalement convaincu le Likud de voter en sa faveur.

Le projet de loi original de la coalition proposait de prendre en charge les deux-tiers des frais induits par les études des anciens militaires et le Likud avait demandé que le gouvernement assume 100% de la facture. Quelques instants avant le vote, alors que la coalition manquait du soutien suffisant, Gantz avait annoncé être prêt à modifier le texte en prenant en charge 75% des frais universitaires ou de formation des vétérans et le Likud était ensuite revenu sur son opposition, permettant à la loi d’être adoptée.

Les députés des partis ultra-orthodoxes Shas et Yahadout HaTorah ont particulièrement fait l’éloge de Gantz, au cours de ces dernières semaines, estimant que ce dernier était le seul membre « responsable » de la coalition.

La formation de Gantz représente la faction la plus centriste de l’alliance au pouvoir et si les récentes crises qui ont manqué de mettre le bloc à terre ont été entraînées par ses flancs droit et gauche, le dernier législateur ayant menacé d’entraver le travail du gouvernement est un député élu sous l’étiquette Kakhol lavan, Michael Biton.

Biton a annoncé, mercredi, qu’il ne voterait plus en faveur des projets de loi de la coalition pour protester contre des réformes proposées dans les secteurs des transports publics et de l’agriculture. Il a néanmoins précisé qu’il apporterait son soutien à l’alliance au pouvoir face à d’éventuelles motions de censure visant à la renverser.

Le député Kakhol lavan Michael Biton préside une réunion de la commission des Affaires économiques de la Knesset le 25 mai 2022. (Crédit : Noam Moskowitz/Porte-parole de la Knesset)

Biton a accusé la ministre des Transports, Merav Michaeli, et le ministre de l’Agriculture, Oded Forer, de « léser les plus faibles », citant la proposition de hausse du prix des billets des transports publics qui a été faite par Michaeli. Il a aussi appelé à la mise en suspens de toutes les réformes envisagées par le ministère de l’Agriculture jusqu’à ce qu’un accord soit conclu avec les agriculteurs.

Une source de Kakhol lavan a expliqué que les demandes de Biton étaient soutenues par la formation. « Nous demandons à Michaeli de se comporter correctement au sein de la coalition et de la Knesset », a déclaré la source anonyme citée par la presse israélienne.

Mais d’autres, au sein de la coalition, mettent Gantz en cause. Le Premier ministre Naftali Bennett s’est récemment inquiété de ce que « l’amertume » de Gantz sapait le gouvernement, selon un article de Haaretz qui n’a pas cité ses sources.

Le quotidien a aussi fait savoir que les conseillers de Gantz pensaient que c’était Michaeli qui avait laissé fuiter la fausse information portant sur des pourparlers engagés entre le ministre de la Défense et le Likud.

Gantz a expliqué à ses partisans de Kakhol lavan, vendredi, qu’il y avait des progrès dans les négociations entre Biton et Forer et il a fait part de son espoir que des discussions avec Michaeli pourraient aussi rapidement avoir lieu.

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