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Gantz propose une équipe plus large pour l’enquête sur l’affaire des sous-marins

Le ministre de la Défense dit avoir pris cette décision après des discussions avec de hauts-responsables juridiques ; la commission passerait de trois membres à cinq

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des Israéliens protestent contre le Premier ministre de l'époque, Benjamin Netanyahu, devant une audience sur l'affaire des sous-marins, devant la Cour suprême à Jérusalem, le 25 janvier 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Des Israéliens protestent contre le Premier ministre de l'époque, Benjamin Netanyahu, devant une audience sur l'affaire des sous-marins, devant la Cour suprême à Jérusalem, le 25 janvier 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Le ministre de la Défense Benny Gantz a proposé d’élargir la commission qui sera chargée d’enquêter sur la dite « affaire des sous-marins » – qui porte sur un accord opaque qui avait été conclu entre Israël et un chantier naval allemand concernant l’acquisition de divers vaisseaux. Et un membre de la commission deviendra ainsi « un représentant du public » désigné, a fait savoir son bureau avant le vote sur la question qui aura lieu dimanche.

Initialement, cette commission d’enquête devait être formée de trois responsables, dont un magistrat à la retraite. Elle est chargée d’examiner les manières douteuses dont l’accord a été conclu entre l’État juif et le fabricant naval allemand Thyssenkrupp. Cette commission, a noté le bureau de Gantz, sera finalement constituée de cinq personnes.

Le scandale de l’affaire des sous-marins a d’ores et déjà entraîné les mises en examen de plusieurs proches de l’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui avait réclamé ces acquisitions, mais l’ex-chef de gouvernement n’a pas été lui-même inculpé. Les soupçons de corruption et les inculpations qui ont suivi ont été pris en charge par la police dans le cadre d’un dossier dorénavant officiellement connu sous le nom « d’Affaire 4000 ».

Gantz avait prôné une enquête de l’État dans cette affaire, tout comme le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid. D’autres ministres du gouvernement se sont montrés plus ambivalents ou complètement opposés à une telle initiative.

Juste avant de prendre sa décision, Gantz a eu des entretiens de dernière minute avec le ministre de la Justice Gideon Saar, qui avait lui-même parlé avec la présidente de la Cour suprême israélienne, Esther Hayut – qui avait recommandé l’élargissement de la commission à cinq membres.

Le ministre de la Défense Benny Gantz lors du vote sur le projet de loi de recrutement dans l’armée des ultra-orthodoxes à la Knesset, le 17 janvier 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Le ministre de la Défense s’intéresse à la possibilité d’augmenter le nombre de membres dans cette commission au regard des expertises nécessaires dans un grand nombre de domaines – qu’il s’agisse des questions d’ordre juridique, des questions liées à la Défense et aux acquisitions et des questions relatives à la politique et à la conduite du gouvernement », a précisé le bureau de Gantz.

Cette initiative a aussi semblé être une réponse aux critiques venant de l’intérieur même du gouvernement et, de façon plus significative, de l’opposition qui affirme que l’enquête est purement politique et qu’elle vise, in fine, Netanyahu.

Le bureau du ministre de la Défense a annoncé que l’un des cinq membres servirait de « représentant du public » afin « de renforcer la confiance des Israéliens dans le travail de la commission ».

La proposition de Gantz portant sur l’ouverture de l’enquête devrait être adoptée dimanche au cabinet, malgré quelques abstentions notables et des votes en défaveur des investigations. Ainsi, le Premier ministre Naftali Bennett devrait s’abstenir ainsi que la ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked – issue du même parti, Yamina – et le ministre du Logement Zeev Elkin, de la formation Tikva Hadasha, devrait voter contre l’établissement de ce panel.

Si de son côté Gideon Saar, numéro un de Tikva Hadasha, votera pour la mise en place de la commission, les ministres de son mouvement ont obtenu la permission de voter selon leur sensibilité « au vu de la nature du dossier », a indiqué son bureau dans un communiqué.

Pendant une rencontre virtuelle avec les membres du Mouvement pour un gouvernement de qualité, un groupe de veille israélien, qui a eu lieu samedi, Gantz a dit que son initiative en faveur de l’ouverture d’une enquête n’était pas politique, mais qu’elle était « une nécessité nationale ».

« Ce n’est absolument pas politique… Nous devons conserver la sécurité à l’écart du champ politique et c’est très certainement nécessaire concernant les questions stratégiques de ce type », a-t-il commenté.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’une cérémonie d’inauguration d’un nouveau sous-marin, le Rahav, à la base navale israélienne de Haïfa, le 12 janvier 2016. (Kobi Gideon/GPO)

Le scandale implique aussi la vente de deux sous-marins de classe Dolphin par l’Allemagne à l’Égypte, une vente qui aurait été approuvée par Netanyahu sans consultation préalable avec le ministre de la Défense de l’époque, Moshe Yaalon, et avec Gantz, qui était chef d’État-major à ce moment-là. Cela fait longtemps qu’Israël détient un droit de veto officieux face à de telles ventes de la part de l’Allemagne. Jeudi, Israël a conclu un accord portant sur l’acquisition de trois sous-marins allemands.

L’année dernière, les procureurs de l’État avaient fait savoir à la Haute cour de justice que l’ouverture d’une enquête pénale sur Netanyahu, dans le cadre de ce dossier, n’était pas justifiée.

Le chef actuel de l’opposition est traduit actuellement en justice dans trois dossiers pour corruption sans lien avec l’Affaire 4000, et il serait actuellement en train de négocier un arrangement judiciaire.

A LIRE – Etat d’Israël vs. Netanyahu : détails de l’acte d’accusation du Premier ministre

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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