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Gantz refuse que les militaires aient à attendre plus de 3 ans pour entrer en politique

HaTzionout HaDatit et Otzma Yehudit réclament une période de 10 ans après que le chef de Tsahal a récemment parlé avec Benjamin Netanyahu

Le ministre sortant de la Défense, Benny Gantz, à la Knesset, le 6 décembre 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre sortant de la Défense, Benny Gantz, à la Knesset, le 6 décembre 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministre de la Défense sortant, Benny Gantz, a rejeté mardi une proposition d’Otzma Yehudit de prolonger la période d’attente pour les hauts responsables de Tsahal qui prennent leur retraite avant d’entrer en politique, les députés d’extrême droite du nouveau gouvernement se montrant de plus en plus ouvertement en désaccord avec les militaires.

Almog Cohen, député d’Otzma Yehudit, a proposé de porter à cinq ans la période dite de réflexion. À l’heure actuelle, les hauts responsables de Tsahal sont tenus d’attendre trois ans après la fin de leur service pour entrer en politique.

Mardi, le leader du HaTzionout HaDatit a suggéré de prolonger la période de réflexion à 10 ans « afin de laisser Tsahal en dehors de la politique ». Le chef d’Otzma Yehudit, Itamar Ben Gvir, a ensuite exprimé son soutien à cette proposition.

Gantz, lui-même ancien chef d’état-major de Tsahal, a critiqué la proposition de prolonger la période de réflexion dans une interview accordée mardi à la Douzième chaîne d’information.

« La loi concernant la période de réflexion n’a pas besoin d’être prolongée. Moi-même j’y ai adhéré, Gadi Eisenkot y a adhéré, d’autres y ont adhéré », a déclaré Gantz, faisant référence à un autre ancien chef militaire, membre de son parti, HaMahane HaMamlahti.

« Les anciens chefs d’état-major de Tsahal, tout comme les généraux, sont des personnalités importantes dans la sphère publique qui peuvent contribuer au système politique, et cela ne porte pas préjudice », a ajouté Gantz. « Ils ne sont pas moins capables que n’importe qui d’autre ».

Il a averti que le gouvernement entrant était extrême et dangereux pour « la société, dangereux pour la sécurité et il y aura des conséquences internationales. »

Le chef du parti d’extrême-droite Otzma Yehudit Itamar Ben Gvir lors d’une réunion d’une commission spéciale de la Knesset pour débattre des changements apportés dans les régulations de la police, des changements qu’il a lui-même soumis, le 18 décembre 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Ce bras de fer s’inscrit dans un contexte de frictions croissantes entre l’extrême droite du nouveau gouvernement et les responsables de la Défense. La coalition du Premier ministre désigné Benjamin Netanyahu est formée de son parti, le Likud, de ses alliés haredis de longue date, Yahadout HaTorah et Shas, ainsi que d’Otzma Yehudit, de HaTzionout HaDatit et de la faction d’extrême droite Noam.

Les anciens chefs d’état-major de Tsahal se lancent souvent dans la politique. Au cours des 30 dernières années, tous les chefs militaires, sauf un, se sont ensuite présentés à la Knesset : Gantz, Eisenkot, Gabi Ashkenazi, Moshe Yaalon, Ehud Barak, Amnon Lipkin-Shahak et Shaul Mofaz l’ont tous fait avec plus ou moins de succès. La plupart d’entre eux appartenaient à des partis centristes ou de centre-gauche, bien que Yaalon et Mofaz aient tous deux été membres du Likud pendant un certain temps.

Les mesures prévues par le nouveau gouvernement, dont le remaniement de la structure de commandement du ministère de la Défense pour donner à Smotrich l’autorité sur les implantations en Cisjordanie et le transfert de la Police des frontières de Cisjordanie à Ben Gvir, ont sonné l’alarme dans certains milieux de la sécurité.

Au moins trois hauts diplomates occidentaux ont indiqué à l’AFP s’inquiéter de l’arrivée de Ben Gvir à la tête de la police, qui compte des unités de la force paramilitaire des gardes-frontières déployées en Cisjordanie, après une année déjà tendue.

La presse israélienne s’est fait l’écho ces dernières semaines du risque d’avoir « deux » armées en Cisjordanie avec d’un côté l’armée et de l’autre les garde-frontières.

Pour Amir Avivi, brigadier général de réserve et directeur d’un réseau réunissant des ex-responsables de la sécurité, « c’est bien l’armée qui commande » en Cisjordanie. « Je ne vois aucun scénario dans lequel Ben Gvir pourrait y diriger les opérations de gardes-frontières », dit-il à l’AFP.

Ben Gvir n’a pas fait son service militaire et Smotrich a effectué un service écourté à une fonction de moindre importance.

Plus tôt mardi, Smotrich avait attaqué le chef d’état-major de Tsahal Aviv Kohavi, l’accusant de tenter de politiser l’armée, un jour après la révélation d’un récent appel téléphonique entre Kohavi et Netanyahu, au cours duquel le commandant militaire a exprimé ses préoccupations concernant la législation de la coalition qui altère l’autorité militaire. Selon Tsahal, Netanyahu et Kohavi ont convenu « que les décisions liées à Tsahal ne seront prises qu’après la présentation par Tsahal des conséquences et de la signification de ces décisions ».

Smotrich a cité le journaliste de Ynet, Yossi Yehoshua, qui a déclaré que Kohavi envisageait probablement une carrière politique à l’avenir, et qu’il cherchait à ajouter à son CV la preuve de sa capacité à tenir tête à Netanyahu.

« Yossi Yehoshua dit la vérité sur la politisation flagrante que Kohavi introduit dans Tsahal », a tweeté Smotrich.

Le député radical a ajouté que « quiconque souhaite préserver l’unité de Tsahal en tant qu’armée du peuple, dans le cadre du consensus et en dehors de la politique, devrait adopter une loi imposant une période de réflexion d’au moins 10 ans pour les chefs d’état-major ».

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