Gaza : en cas de guerre US-Iran, le Jihad islamique pourrait frapper Israël
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Gaza : en cas de guerre US-Iran, le Jihad islamique pourrait frapper Israël

Un membre du groupe terroriste a juré de ne pas "abandonner" Téhéran en cas de conflit. Le Hamas, pour sa part, a fait savoir qu'il ne se laissera pas entraîner dans une guerre

Membres du Jihad islamique palestinien - 6 mars 2015 (Crédit : afp)
Membres du Jihad islamique palestinien - 6 mars 2015 (Crédit : afp)

Le groupe du Jihad islamique, soutenu par l’Iran, a fait savoir vendredi qu’il pourrait s’en prendre à l’Etat juif si une guerre devait éclater entre les Etats-Unis et l’Iran.

Les tensions ont connu une forte hausse récemment entre les Etats-Unis et l’Iran dans un contexte d’impact profond des sanctions liées au retrait du président américain Donald Trump de l’accord international qui avait été signé en 2015 pour réduire le programme nucléaire de la république islamique.

Depuis le déploiement dans le Golfe persique, le mois dernier, d’un groupe d’intervention sous forme de porte-avions américain, les Etats-Unis accusent l’Iran d’orchestrer des attaques contre les pétroliers qui naviguent dans la zone, ce qui a fait naître des inquiétudes sur un éventuel conflit militaire dans la région.

L’Iran a également abattu, la semaine dernière, un drone militaire qui, selon Téhéran, se trouvait dans son espace aérien. Une affirmation démentie par les Etats-Unis qui ont affirmé que l’engin volait dans l’espace aérien international, Trump décidant à la dernière minute d’annuler des frappes de représailles qui avaient été envisagées.

« Notre action contre Israël devrait rester limitée à la restitution des droits aux Palestiniens, comme le retour des réfugiés Palestiniens, la restitution de Jérusalem, la libération des détenus et celle des territoires palestiniens occupés », aurait déclaré un « important responsable » du Jihad islamique palestinien de Gaza, des propos repris par Al-Monitor.

« Mais si Israël décide de s’allier avec les Etats-Unis pour s’engager dans une confrontation militaire contre l’Iran, alors nous adopterons un comportement différent que nous révélerons le moment venu », a-t-il ajouté.

Le membre du groupe terroriste – le deuxième groupe le plus large à Gaza – a expliqué que son organisation « n’abandonnera pas le pays qui l’a soutenu [l’Iran] dans son combat contre Israël si l’Iran doit faire face à une attaque ».

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif (à droite) rencontre de hauts responsables du Hamas à Téhéran le 7 août 2017. (Capture d’écran : YouTube)

Le Hamas, pour sa part, a dit qu’il était improbable qu’il intervienne en cas de conflit entre l’Iran et les Etats-Unis.

« L’Iran et le Hamas ont une alliance politique ancienne sur la base des droits des Palestiniens mais cette alliance n’oblige pas le Hamas à se laisser entraîner dans une guerre pour l’Iran », a commenté Yahya Moussa, membre du groupe terroriste à la tête de Gaza, à Al-Monitor.

« Aucune confrontation militaire entre Israël et la résistance n’a jamais eu d’objectifs étrangers », a-t-il ajouté. « Nous n’avons pas à nous laisser entraîner dans une guerre contre Israël si l’Iran doit faire face à une attaque militaire ».

Depuis le début du mouvement de protestation lancé sur la frontière de Gaza, l’année dernière, Israël a connu une série d’affrontements avec le Hamas et le Jihad islamique qui ont compris des tirs lourds de roquette et des frappes israéliennes en représailles.

Le mois dernier, le leader du Hamas à Gaza a remercié l’Iran qui lui aurait livré les roquettes utilisées par le groupe terroriste pour frapper le territoire israélien en profondeur.

« S’il n’y avait pas eu l’Iran, la résistance en Palestine n’aurait pas possédé ses capacités actuelles », avait dit Yahya Sinwar à ce moment-là.

Cela fait longtemps qu’Israël accuse la république islamique de tenter d’armer les groupes terroristes palestiniens à Gaza. L’Etat juif impose un blocus à l’enclave côtière pour essayer de mettre un terme à l’importation de systèmes d’armement sophistiqués.

Une des armes transportées à bord du KLOS-C, en 2014, inspectée par l’armée israélienne (Crédit : Armée de Défense israélienne)

Au début du mois, le chef des services de renseignement militaire a évoqué la perspective d’une guerre dans la bande de Gaza, disant que le Hamas ne souhaitait pas l’apparition d’un conflit à grande échelle.

Mais il a ajouté que le Jihad islamique endossait des responsabilités moindres envers les habitants de Gaza et que le groupe avait donc moins à perdre dans une guerre – faisant de l’organisation un instigateur plus probable de violences.

« Le Hamas est dissuadé d’entrer en guerre et il s’intéresse vraiment à l’option de rester dans le cadre d’un cessez-le-feu qui, présume-t-il, lui permettra d’obtenir certaines concessions – et il ne veut donc pas qu’une guerre survienne », a-t-il dit.

« Le Jihad islamique a un fort potentiel de volatilité. Ce groupe n’a pas les devoirs du souverain et il a donc le potentiel d’initier un conflit », a continué le général de division Tamir Hayman.

Le Hezbollah, groupe terroriste soutenu par l’Iran et dont la base est au Liban, a fait savoir pour sa part qu’il pourrait s’impliquer dans une guerre entre les Etats-Unis et l’Iran.

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