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Ghislaine Maxwell, l’ultra-mondaine reconnue coupable d’une série de crimes sexuels

La fille de Robert Maxwell, seul survivant d'une famille juive tchécoslovaque décimée par la Shoah, a été jugée coupable de trafic de mineures qu'elle fournissait à Jeffrey Epstein

Ghislaine Maxwell, fondatrice du projet TerraMar, assiste à une conférence de presse sur la question des océans dans les objectifs de développement durable, au siège des Nations unies, le 25 juin 2013. (Crédit 
: United Nations Photo/Rick Bajornas via AP, File)
Ghislaine Maxwell, fondatrice du projet TerraMar, assiste à une conférence de presse sur la question des océans dans les objectifs de développement durable, au siège des Nations unies, le 25 juin 2013. (Crédit : United Nations Photo/Rick Bajornas via AP, File)

Ghislaine Maxwell, fille préférée du magnat de la presse Robert Maxwell, ultra-mondaine et figure de la jet-set, fut une très proche des puissants avant d’être arrêtée à l’été 2020 puis reconnue coupable mercredi aux Etats-Unis d’une série de crimes sexuels.

Cette femme élégante, brune coiffée court et souriante sur les dernières photos au faîte de sa gloire, a été décrite par le FBI et les procureurs fédéraux à New York comme une « scélérate » cultivant l’art de la « manipulation » et « une prédatrice sophistiquée », clé du système mis en place par son compagnon, le milliardaire Jeffrey Epstein.

Elle encourt des dizaines d’années de prison après qu’un tribunal de New York l’a reconnue coupable de trafic de jeunes filles mineures entre 1994 et 2004 qu’elle fournissait à M. Epstein, qui fut son amant et ami et s’est suicidé dans sa cellule en 2019.

Mère française, père britannique

Ghislaine Maxwell est née à Maisons-Laffitte, près de Paris, le 25 décembre 1961, d’une mère française, l’historienne Elisabeth Meynard, et d’un père britannique, le patron de presse et parlementaire Robert Maxwell, seul survivant d’une famille juive de Tchécoslovaquie décimée par la Shoah.

Élevée dans un milieu hyper-privilégié à Oxford, elle étudie à la prestigieuse université britannique et travaille aux côtés de son père jusqu’à sa mort en 1991, tombé de son yacht dans des circonstances qui n’ont jamais été complètement éclaircies.

Robert Maxwell, à droite, parle avec Henry Kissinger, au centre, et des responsables hollandais au forum économique mondial d’Amsterdam, le 11 avril 1989. (Crédit : Domaine public)

Elle s’envole alors pour les Etats-Unis pour y démarrer une nouvelle vie d’ultra-mondaine de la très bonne société new-yorkaise.

Ghislaine Maxwell a un peu plus de 30 ans quand elle rencontre à New York le financier Jeffrey Epstein, de huit ans son aîné. Selon la presse spécialisée comme Vanity Fair, Maxwell et Epstein furent jusqu’à ses dernières années tour à tour amants, amis, confidents, complices et collaborateurs dans les affaires.

« Rabatteuse »

Au terme de 40 heures de délibérations sur cinq jours, un jury a reconnu à l’unanimité Ghislaine Maxwell coupable d’avoir fourni des mineures à son ancien compagnon pour qu’il en abuse sexuellement.

L’accusation s’est fondée sur quatre plaignantes – dont deux n’avaient alors que 14 et 15 ans – qui ont raconté avoir été approchées par des « rabatteuses », dont Ghislaine Maxwell, près de leur école ou à leur travail. Puis, après des séances de cinéma ou du shopping « entre copines », les jeunes filles étaient persuadées, pour quelques centaines de dollars, de venir faire un massage, présenté comme non sexuel, à un puissant New-Yorkais prêt à faire décoller leur carrière.

Dans ce croquis de salle d’audience, Ghislaine Maxwell entre dans la salle d’audience escortée par des US Marshalls au début de son procès, le 29 novembre 2021, à New York. (Crédit : AP Photo/Elizabeth Williams)

Ghislaine Maxwell est réputée proche du prince Andrew, le deuxième fils de la reine Elizabeth II, lui-même accusé au civil à New York de crimes sexuels commis il y a plus de 20 ans par une Américaine mineure à l’époque.

La sexagénaire a été arrêtée à l’été 2020 dans une petite ville du New Hampshire, dans le nord-est des Etats-Unis. En raison de sa triple nationalité française, britannique et américaine, les autorités américaines avaient systématiquement rejeté ses demandes de libération sous caution par crainte d’une fuite à l’étranger.

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