Glick a été sollicité pour aller voter après avoir enterré sa femme
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Glick a été sollicité pour aller voter après avoir enterré sa femme

Le chef du Shas admet avoir demandé à un rabbin si le député endeuillé pouvait soutenir la coalition au vote sur l'ouverture des commerces à Shabbat, en dépit des rites du deuil

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Le député Yehudah Glick prononce un éloge funèbre pour sa femme Yaffa Glick, au cimetière Har HaMenou'hot, à Jérusalem, le 1 janvier2018. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Le député Yehudah Glick prononce un éloge funèbre pour sa femme Yaffa Glick, au cimetière Har HaMenou'hot, à Jérusalem, le 1 janvier2018. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Le député Yehuda Glick (Likud) aurait subi des pressions de la part des dirigeants politiques, pour qu’il se rende à la Knesset directement après l’enterrement de sa femme, pour permettre à la coalition d’obtenir la majorité sur un vote controversé, a déclaré son porte-parole, dont les propos ont été confirmés par le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri.

Sa’adia Grodzinski a déclaré à la radio israélienne (Galey Israël) mardi matin que Glick avait été appelé pour participer au vote sur l’ouverture des supermarchés durant Shabbat, malgré la mort de sa femme, survenue quelques heures auparavant.

« Oui, certains ont tenté », a-t-il dit. « Je ne vais pas rentrer dans les détails de qui et quoi et pourquoi, mais je vous le confirme, et cela me peine profondément », a-t-il dit.

Après que les médias ont insinué que Deri aurait été impliqué, le chef du parti ultra-orthodoxe Shas a présenté ses excuses indiquant qu’il était désolé « si j’ai blessé mon ami Yehuda ».

Aryeh Deri, ministre de l’Intérieur, pendant une cérémonie de commémoration du rabbin Ovadia Yossef, à Jérusalem, le 22 octobre 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Deri, le parrain principal de ce projet de loi, a confirmé qu’il avait contacté le chef du conseil régional de Har Hevron, pour qu’il vérifie auprès du rabbin d’Otniel, l’implantation dans laquelle Glick vit, « si la loi juive lui permettait de quitter la shiva afin de voter ». La shiva est une période de 7 jours qui suit l’enterrement. Les parents proches du défunt passent la semaine à la maison, où des visiteurs viennent présenter leurs condoléances.

Ce n’est qu’une fois que le rabbin a déclaré que Glick ne pourrait pas être présent au vote que Deri a accepté de reporter le vote à la semaine suivante, selon Hadashot.

Le timing de l’enterrement de lundi a déclenché une mini-crise gouvernementale. La coalition a d’abord refusé de reporter le vote, et l’opposition a fait savoir qu’aucun de ses députés ne se retirera pour compenser l’absence de Glick, bien que ce geste de courtoisie soit généralement appliqué dans ces circonstances. Étant donné que le parti Yisrael Beytenu, membre de la coalition, s’est opposé au projet de loi, le vote de Glick était nécessaire pour garantir la majorité.

Yaffa Glick, qui est décédée lundi, était dans le coma depuis six mois, après avoir subi une grave attaque cérébrale. Elle avait 51 ans.

Quelques heures avant l’enterrement, Glick a imploré les députés sur Twitter de ne pas transformer son deuil en une bataille politique.

« Je vous en supplie : que l’enterrement de ma femme ne soit pas l’objet d’une bataille. Faites preuve d’amour et d’énergie positive », a-t-il écrit.

Yehudah Glick et sa femme durant une conférence de presse au centre médical Shaaré Tzedek, à Jérusalem, le 24 novembre 2014. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Grodzinski, le porte-parole de Glick a déclaré au Times of Israel qu’il a été « perturbé par la pression que Glick a subi pour qu’il se rende au vote, et par les tentatives de politiser une situation pour un gain à court terme ».

Mais David Amsalem, président de la coalition, a répliqué et a accusé Grodzinski de faire de la politicaillerie excessive.

« Pourquoi est-ce qu’il parle de cela ? Même si cela s’est produit, ce n’est pas le rôle d’un porte-parole d’en parler », a déclaré Nimrod Sebah, conseiller stratégique, au Times of Israel. « Et pourquoi est-ce qu’il en parle pendant la shiva ? L’heure n’est pas à la politique. S’il était un bon porte-parole, il se tairait. »

Sebah n’a pourtant pas démenti que l’initiative de faire venir Glick a la Knesset avait été abordée.

« Même si l’éventualité a été évoquée, ça n’a jamais été une suggestion sérieuse. Aucune demande officielle n’a été faite », a-t-il dit. « Personne ne peut imaginer dire à Yehudah Glick qu’il doit venir. Respecter sa perte est bien plus important que n’importe quel vote. »

Le parlementaire du Likud Oren Hazan réagissant lors d’une session plénière à la Knesset, le 27 novembre 2017 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Le bureau du Premier ministre a refusé de dire si Benjamin Netanyahu a été impliqué dans les efforts visant à faire voter Glick.

Le député du Likud Oren Hazan a écrit sur Twitter qu’il saboterait toutes les tentatives de votes cette semaine, en présence de Glick, promettant de renvoyer Glick chez lui, « pour qu’il console sa famille », si Glick était convoqué au vote.

« Sommes-nous devenus fous ? Je ne laisserais jamais cela se produire. »

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