Grèce: prison avec sursis pour les agresseurs du maire de Thessalonique
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Grèce: prison avec sursis pour les agresseurs du maire de Thessalonique

Très investi dans la restitution de la mémoire juive et turque à sa ville, Yiannis Boutaris a imputé l'incident à une démonstration de force "fasciste"

Yiannis Boutaris, maire de Thessalonique, le 23 mai 2018. (Crédit : AFP / Sakis MITROLIDIS)
Yiannis Boutaris, maire de Thessalonique, le 23 mai 2018. (Crédit : AFP / Sakis MITROLIDIS)

Trois Grecs, qualifiés de « voyous d’extrême droite » par le gouvernement, ont été condamnés mercredi à des peines de prison avec sursis pour avoir agressé et frappé samedi lors d’un rassemblement l’iconoclaste maire de Thessalonique.

Suivant le réquisitoire du procureur, le tribunal a infligé 21 mois avec sursis à un homme de 20 ans, notamment pour « lésions corporelles dangereuses ».

Accusés pour leur part de « dommages matériels » et « trouble », ses comparses de 20 et 36 ans – ce dernier arrêté entretemps pour un cambriolage de boucherie – s’en sont tirés avec 14 mois avec sursis.

Le trio, ainsi qu’un quatrième agresseur arrêté, qui, mineur, sera jugé à part, s’en était violemment pris au maire, Yannis Boutaris, 75 ans, en marge d’un rassemblement commémorant à Thessalonique (nord) les massacres de Grecs de la mer Noire en Turquie pendant et après la Première Guerre mondiale.

Grand pourfendeur de l’ultranationalisme grec, et œuvrant pour rendre à sa ville sa mémoire juive et turque, M. Boutaris a imputé l’incident à une démonstration de force « fasciste ».

Il a raconté devant le tribunal avoir fait l’objet, avant l’agression physique, d’une pluie d’injures le traitant de « sale pédé, turcophile et sale Juif ».

L’agression contre cette figure emblématique de la deuxième ville grecque a suscité une vive émotion, mais en ordre dispersé. Le gouvernement de gauche a affiché sa détermination à faire rempart aux dérives d’extrême droite, son opposition centriste et de droite l’accusant de tolérer sinon encourager la violence politique.

La fille du dirigeant du parti néonazi Aube dorée, Ourania Michaloliakou, a pour sa part félicité les agresseurs sur twitter.

Les trois jugés mercredi ont nié toute intention de nuire, affirmant avoir été « entraînés » par les protestations d’une partie de la foule.

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