Heurts à Naplouse après que la police palestinienne ait tué un suspect en détention
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Heurts à Naplouse après que la police palestinienne ait tué un suspect en détention

Des centaines de protestataires ont appelé à la démission des officiels palestiniens après qu’un homme de la région ait été battu à mort dans une prison de Cisjordanie

Les membres des forces de sécurité palestiniennes montent la garde alors qu'ils patrouillent la ville de Naplouse en Cisjordanie le 23 août, 2016. (Crédit : AFP/ JAAFAR ASHTIYEH)
Les membres des forces de sécurité palestiniennes montent la garde alors qu'ils patrouillent la ville de Naplouse en Cisjordanie le 23 août, 2016. (Crédit : AFP/ JAAFAR ASHTIYEH)

Les forces de sécurité Palestinienne se sont confrontées à des centaines de Palestiniens en Cisjordanie dans la ville de Naplouse ce mardi qui étaient là pour protester contre l’assassinat d’un habitant, battu à mort lors de sa détention par la police palestinienne.

D’après les rapports des médias Palestiniens, les protestataires ont été dispersés à l’aide de gaz lacrymogène et poursuivis dans des ruelles par les forces Palestiniennes alors qu’ils se rendaient depuis une université locale vers le centre-ville de Naplouse.

Les manifestants ont appelé à la démission du Premier ministre palestinien, Rami Hamdalah, du Gouverneur de Naplouse, Akram Rajoub et du chef de la sécurité Palestinienne Nidal Abu Dukhan, rapporte le site d’informations Palestinien Safa Saïd.

Plus tôt ce mardi, Rajoub confirmait que Ahmed Alawa, le chef de bande responsable de la tuerie de deux policiers Palestiniens à Naplouse la semaine dernière, a été sévèrement battu par le personnel de l’Autorité Palestinienne, qu’il a perdu connaissance et qu’il a fini par décéder à Jneid, la prison de la ville.

Nous examinerons l’incident et en tirerons les leçons, dit-il à WAFA, l’agence officielle d’information Palestinienne.

Amnesty International a accusé les forces de sécurité Palestiniennes de régulièrement maltraiter ses prisonniers, d’utiliser la torture et d’agir impunément.

Le nord de la Cisjordanie a vu un certain nombre de raids de la Police Palestiniens au cours des derniers mois.
La région a pu assister à des luttes entre factions à l’intérieur du mouvement du Fatah au pouvoir du président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.

Le Hamas, le groupe islamiste terroriste contrôlant la bande de Gaza, le rival de l’Autorité Palestinienne de Cisjordanie gouvernée par le Fatah, a condamné l’exécution de Halawa, disant que cela démontrait « la nature sanguinaire des services de sécurité de l’Autorité Palestinienne ».

Le Hamas et le Fatah doivent s’affronter aux élections municipales en octobre dans les territoires palestiniens.
Halawa, membre officiel du Fatah rattaché aux brigades des martyrs Al aqsa, était le cinquième Palestinien à mourir dans la chasse aux membres d’un gang criminel recherché par les autorités à Ramallah.

Sous les accords d’Oslo de 1993 avec Israël, la police palestinienne opérait dans la plupart des grandes villes palestiniennes, y compris Naplouse.

Dans la nuit de mardi, un échange de tirs a eu lieu entre les membres d’un gang et la police palestinienne après que des officiers soient entrés dans la Vieille Ville de Naplouse, un labyrinthe de ruelles surpeuplées et qui était l’un des points chauds de la seconde Intifada entre 2000 et 2005.

Deux policiers et deux hommes armés-tous deux, dit-il, étant sur une liste de recherchés par la police- ont été tués dans l’opération, confirmait alors Rajoub.

La violence armée est rampante en Cisjordanie, dit Loaie izrekat, le porte-parole de la police palestinienne, en Juin dernier.

Tout récemment, la maison du maire de Naplouse, Ghassan Shakeh a été incendiée. L’ancien gouverneur de Jenin, Qadura Mussa a tenté de réprimer le traffic d’armes et est mort d’une crise cardiaque après que des assaillants aient mis le feu à sa maison en 2012.

Le 30 juin, cinq Palestiniens, y compris deux officiers de la sécurité Palestinienne, ont été abattus, séparément, en Cisjordanie alors que 16 personnes ont été blessées.

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